Jeux Olympiques

Kevin Durant, bientôt le GOAT de Team USA ? Retour sur le parcours de KD sous la bannière étoilée, spoiler c’est épique

À la fin des JO de Tokyo, KD pourrait être le meilleur marqueur de l’histoire de Team USA, le tout avec une troisième médaille d’or.

Source image : YouTube

Double champion olympique, Kevin Durant aurait pu faire l’impasse sur les Jeux de Tokyo cette année et passer un été tranquille. Mais malgré son succès passé, malgré le COVID, malgré une saison NBA usante suite à sa grosse blessure en 2019, KD sera bien là pour défendre les couleurs de Team USA. Et il pourrait bien rentrer aux États-Unis dans deux semaines avec le statut de GOAT de l’équipe nationale. Retour sur son parcours.

2008 : la déception

C’est une histoire qu’on n’entend pas souvent, mais sachez que Kevin Durant n’est pas passé loin d’une participation aux Jeux Olympiques de 2008 à Pékin avec la fameuse Redeem Team, qui a remis l’église au milieu du village en allant chercher l’or olympique après plusieurs échecs embarrassants.

Après sa première saison NBA avec les SuperSonics (RIP), au terme de laquelle il a décroché le titre de Rookie de l’Année, KD fait effectivement partie des candidats présents sur la liste du coach Mike Krzyzewski, avant de se faire cut au moment de la sélection pour le roster final. Michael Redd et Tayshaun Prince sont notamment préférés à Durant. Dur pour le gamin de 19 piges.

« J’étais déçu de ne pas faire partie de l’équipe olympique en 2008. J’avais l’impression d’avoir assez bien joué pour intégrer l’équipe. Personne ne s’attendait vraiment à ce que je joue aussi bien lors des entraînements, mais j’avais 19 ans et j’ai eu l’impression d’être snobé. J’ai eu le sentiment de ne pas être respecté, et j’étais du genre, ‘Non, ça ne peut pas se passer comme ça, ça n’arrivera plus’. J’étais tellement énervé de ne pas faire partie de la Redeem Team. »

L’inexpérience, tu connais. Ainsi, malgré une préparation réussie avec Team USA, il est contraint de regarder Kobe Bryant, LeBron James, Dwyane Wade et les autres depuis son canapé. Une expérience difficile, lui qui aurait tellement voulu goûter à l’expérience olympique et à la médaille d’or.

2010 : Kevin Durant envoie un message au monde entier

Deux années plus tard, autre compétition, autre scénario. Pour les Championnats du Monde 2010 en Turquie, le roster de Team USA est moins impressionnant, mais cela va permettre à Kevin Durant de véritablement se révéler au monde dans le costume de patron de l’équipe nationale, tout ça à même pas 22 piges. KD est alors en pleine ascension, lui qui sort d’une troisième saison NBA exceptionnelle avec le Thunder : All-Star, meilleur marqueur de la Ligue, nomination dans la All-NBA First Team, première participation en Playoffs… bref le gamin est en train d’exploser. Et au Mondial, il va tout simplement survoler la compétition pour porter les States au sommet : 33 points en quarts de finale contre la Russie, 38 en demi face à la Lituanie, 28 lors de la grande finale face au pays hôte dans la chaude ambiance du Sinan Erdem Dome d’Istanbul. Du très très lourd, et clutch quand il faut en plus. Au final, KD termine la compétition avec une moyenne de 22,8 points à plus de 55% de réussite au tir, dont 45% à 3-points et 91% aux lancers-francs. Un véritable cauchemar pour les défenses adverses, tout simplement impuissantes face au talent du bonhomme, clairement sur une autre planète. « Personne dans l’histoire de Team USA n’a fait mieux. Il a utilisé ça comme un tremplin » dira le coach Mike Krzyzewski quelques années plus tard. Sans la moindre surprise, Durant est élu MVP de la compétition (pour info, le deuxième meilleur marqueur de Team USA est en dessous des dix points) après avoir guidé Team USA vers un parcours parfait de neuf victoires en neuf matchs. À ce moment-là, tous les fans de la grosse balle orange pensent la même chose : « Pas de doute, ce gars-là, c’est le présent et le futur du basket ».

2012 : la consécration

Quatre ans après la déception de 2008, Kevin Durant fait bien partie des douze joueurs sélectionnés par Coach K pour participer aux Jeux Olympiques de Londres. En même temps, impossible de l’ignorer désormais, KD étant passé dans la catégorie des joueurs calibre MVP et finaliste NBA en 2012 avec le Thunder. Il retrouve d’ailleurs LeBron James dans le roster, vainqueur du titre suprême à sa place avec le Miami Heat. Pas vraiment idéal pour oublier le traumatisme de la défaite. « Dès le premier jour, on est devenus des coéquipiers. Ce que l’on représente ici dépasse le cadre de nos équipes respectives. Et on comprend ça » dira cependant le King, pas du genre à tirer sur l’ambulance. Et très vite, KD parvient à faire la part des choses pour jouer un superbe basket dans sa première compétition olympique. Huit matchs joués, 19,5 points de moyenne, meilleur marqueur de Team USA sur une compétition olympique avec 156 pions au total, et surtout 30 unités lors de la grande finale face à l’Espagne pour remporter sa première médaille d’or aux JO après un match bien tendax. Responsabilisé par un coach bien décidé à utiliser le talent de son joueur au maximum et de plusieurs manières possibles, KD a step-up au milieu des LeBron, des Kobe, des Carmelo Anthony et des Chris Paul. Et désormais, il peut le dire, il est champion olympique.

2014 : le désistement

Kevin Durant kiffe tellement le basket qu’il ne souhaite rater aucune compétition. Alors en 2014, le tout nouveau MVP de la NBA prévoit de participer à la Coupe du Monde en Espagne. Il fait une partie de la préparation, et se retrouve notamment sur le parquet lors de ce maudit scrimmage à Las Vegas où Paul George se pète la jambe. Une semaine plus tard, KD décide de se retirer de Team USA et de dire non au Mondial espagnol. Une décision liée directement à la blessure terrible de PG ? Peut-être que ça a joué dans la tête de Kevin Durant, mais la raison officielle cite « une fatigue physique et mentale ». Coach K comprend très bien la décision de KD, sur tous les fronts depuis plusieurs saisons, et le soutient à fond. Au final, son absence n’empêchera pas Team USA d’aller chercher l’or une nouvelle fois, le tout sans trembler une seule seconde.

2016 : une deuxième médaille d’or malgré les critiques

Ahhhh, l’été 2016. Un été qui restera à tout jamais spécial pour Kevin Durant. Rappelez-vous, le 4 juillet de cette année-là, KD décide de sortir de sa zone de confort pour rejoindre les Warriors version 73 victoires de Stephen Curry, Klay Thompson et Draymond Green. Une décision qui provoque un véritable tremblement de terre en NBA, et qui fait officiellement passer Durant dans le clan des méchants. L’expérience olympique du côté de Rio de Janeiro permet du coup à Kevin de penser un peu à autre chose face aux innombrables critiques et moqueries à son égard. Et comme souvent, il répond de la meilleure des manières sur le parquet, en guidant une nouvelle fois Team USA sur la plus haute marche du podium.

« Durant a été beaucoup scruté après sa signature aux Warriors. Il était un peu sous pression, et le voir sortir du lot comme il l’a fait, c’est beau. Je pense que ça va vraiment l’aider psychologiquement pour la suite » dira Jerry Colangelo, patron d’USA Basketball.

Aux côtés de ses nouveaux coéquipiers de Golden State Klay Thompson et Draymond Green, Kevin Durant sort quasiment les mêmes stats qu’en 2012, avec 19,4 points de moyenne. Et comme en 2012, il claque 30 pions en finale face à la Serbie, dont… 24 en première mi-temps. Par ici la deuxième médaille d’or.

2021 : bientôt le GOAT de Team USA ?

Faisant partie de la liste interminable d’absents pour le Mondial 2019 après sa rupture du tendon d’Achille, Kevin Durant retrouve cette année Team USA pour tenter d’obtenir une troisième médaille d’or olympique. Dans l’histoire de l’équipe nationale US, seulement un joueur peut se targuer d’en posséder autant, à savoir Carmelo Anthony aka FIBA Melo. Parfois considéré comme le meilleur joueur de Team USA all-time, Anthony devrait voir l’un de ses records les plus prestigieux tomber dans les jours à venir. Avec 311 points marqués au total aux Jeux Olympiques, Kevin Durant n’a en effet que 25 pions de retard sur Carmelo, meilleur scoreur des States aux JO avec 336. Sauf blessure, KD va prendre la première place très vite, peut-être même dès dimanche contre les Bleus. S’il pouvait patienter un peu, ça nous arrangerait, mais on peut compter sur Durant pour être au taquet d’entrée. Cependant, il n’accorde pas plus d’importance que ça à sa place dans l’histoire de Team USA.

« Je n’y pense pas trop. Les records sont faits pour être battus. Les gens peuvent dire que je suis le meilleur, mais c’est juste une opinion. Je ne peux pas me focaliser sur ça. »

Kevin Durant est sur le point de vivre sa troisième olympiade. Une olympiade forcément différente des deux précédentes pour les raisons qu’on connaît, mais avec un objectif similaire pour KD et Team USA : montrer au monde entier qui est le patron de la planète basket. Si cet objectif est rempli, Durant aura sans doute le plus beau CV de l’histoire de l’équipe nationale américaine. Et ça, ce n’est pas rien.

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