One-on-One

Chris Paul, le revirement : pire contrat de la Ligue en 2019 et finaliste NBA en 2021, on connaît un Point God qui vit une seconde jeunesse

Quelle story !

Source image : NBA League Pass

C’est l’une des belles histoires de ces Playoffs 2021. Peut-être même la plus belle. Chris Paul, 36 ans et dans sa seizième saison dans la Grande Ligue, va disputer ses toutes premières Finales NBA sous le maillot de Phoenix, qu’il a rejoint il y a quelques mois seulement. Un magnifique tour de force pour celui qui honore plus que jamais son surnom de Point God. Et dire qu’en 2019, CP3 était quasiment considéré comme un fardeau…

« C’est le pire contrat que j’ai jamais vu. » Si l’on en croit le journaliste d’ESPN Tim MacMahon, le propriétaire des Rockets Tilman Fertitta n’était vraiment pas un grand fan du rapport qualité/prix de Chris Paul en 2019. Et il était loin d’être le seul. Dans l’univers de la NBA, CP3 était devenu le symbole du vétéran surpayé qui plombe la marge salariale d’une franchise. En même temps, Cricri sortait peut-être de la pire campagne de sa carrière avec Houston et était payé comme l’un des top players de la NBA. Plus de 35 millions de dollars de salaire annuel en 2018-19, une saison dans laquelle il avait tourné à « seulement » 15,6 points et 8,2 rebonds en 58 matchs (sur 82), avec des pourcentages au tir de 41,9% dont 35,8% du parking et 86,2% aux lancers-francs. Production en baisse, efficacité en chute libre, pépins physiques… le Point God était devenu le Point Bad, alors qu’une année auparavant il avait presque réussi à faire tomber les intouchables Warriors aux côtés de James Harden pour aller disputer ses premières Finales NBA (maudits ischios !). C’est notamment cette belle campagne de Playoffs qui lui avait permis d’obtenir une énorme prolongation de quatre ans pour 160 millions de billets verts à 33 balais. Résultat, en 2019, il lui restait trois saisons de contrat pour une valeur de 123 millions avec une player option Triple XL à 44 millions sur la dernière année. Pas étonnant que Fertitta voulait absolument se débarrasser du bonhomme, d’autant plus que l’ami Chris n’était pas vraiment copain-copain avec la superstar locale James Harden. Alors quand l’opportunité Oklahoma City s’est présentée à l’été 2019, le Thunder décidant de partir dans une nouvelle ère après un nouveau flop en Playoffs et le transfert de Paul George aux Clippers, les Rockets ont décidé de foncer dessus tête baissée : « tenez, prenez Chris Paul, on vous donne même deux choix de premier tour de draft et deux pick swaps de second tour en plus, et nous on prend Russell Westbrook parce que lui au moins c’est un bon pote à Harden ». 

Quand on regarde ce transfert deux années plus tard, ça pique. Non pas que Brodie n’affole plus les compteurs, mais on vous rappelle juste qu’il joue désormais à Washington après seulement une saison à Houston, qui l’a transféré contre John Wall (et un premier tour de draft) en décembre dernier, soit un mois et demi avant celui d’Harden vers Brooklyn. Pour résumer, les Fusées se sont crashées et doivent désormais se reconstruire. Il pique aussi parce que les Rockets ont lâché un gros capital Draft pour se débarrasser du gros contrat de Chris Paul, et que ce dernier vient tout simplement d’emmener… les Phoenix Suns en Finales NBA. Oui oui, en Finales NBA ! Pas de doute, il s’est passé énormément de choses depuis ce fameux transfert à l’été 2019. Pour beaucoup, CP3 était officiellement sur le déclin après sa dernière saison à Houston, et la gueule de son transfert à Oklahoma City montrait à quel point sa cote avait chuté. Paulo l’a dit lui-même après avoir tué les Nuggets en demi-finale de Conférence Ouest cette année, « il y a deux ans, ils disaient que j’étais fini ». En fait, il était très loin d’être fini, il se préparait juste pour sa seconde jeunesse. Passé en mode vegan en 2019, le Point God a retrouvé toutes ses capacités, aidant d’abord le Thunder à participer aux Playoffs à la surprise générale l’an passé avant d’emmener les Suns dans une nouvelle dimension en 2020-21. Tout ça grâce à son QI basket de 200, son talent, son expérience, sa capacité à sublimer un collectif, et donc un physique qui tient parfaitement la route. En pleine santé avec 140 matchs joués sur 144 lors des deux dernières saisons régulières, Chris Paul vit aujourd’hui un rêve éveillé, lui qui a connu tant de déceptions et de petits pépins dans les moments importants de sa carrière. On pensait que le ciel lui était une nouvelle fois tombé sur la tête au début des Playoffs 2021 avec sa blessure à l’épaule, ou plus récemment avec le protocole COVID mais non, il est aujourd’hui bel et bien là pour remporter sa toute première bagouze.

Chris Paul n’a pas besoin de remporter un titre NBA pour faire partie des meilleurs meneurs de jeu de l’histoire. Mais s’il remporte le titre NBA avec les Suns cette année, sa legacy va incontestablement être boostée. Peu importe le contexte de la saison, peu importe les blessures qui ont frappé les adversaires des Suns dans leur conquête de l’Ouest ces dernières semaines, CP3 et les Cactus ne sont pas loin de réaliser quelque chose d’all-time. Encore dans les profondeurs de leur conférence il y a un an et demi, les Suns ont connu une ascension improbable depuis l’épisode de la bulle, une ascension dans laquelle le Point God a évidemment joué un rôle essentiel. D’un bilan de 26 victoires pour 39 défaites au moment de la suspension de la saison 2019-20 pour cause de COVID, synonyme de treizième place à l’Ouest à l’époque, la franchise de Phoenix est passée deuxième avec 51 succès pour 21 revers au terme de la campagne 2020-21, avec un CP3 All-Star et dans le Top 5 du classement MVP. Les Lakers, les Nuggets et les Clippers sont tous tombés face aux Cactus, avec un Paul en mode killer dans les matchs à élimination. 37 points et 7 caviars pour envoyer Denver en vacances dans le Game 4 des demi-finales de conf’ sur le parquet des Nuggets. 41 points, 8 passes déc’ et aucun turnover pour tuer son ancienne équipe des Clippers avant-hier, dans ce qui représente peut-être la plus grande perf’ de toute sa carrière. Clairement, CP3 veut cette bague. Il sait qu’il revient de loin, il sait qu’il a une merveilleuse page à écrire, alors il ne veut pas passer à côté. Débarquer dans une équipe prometteuse mais jeune et sans grande expérience de Playoffs, pour jouer le rôle de mentor à la perfection et emmener Phoenix tout en haut en seulement un an, ça serait clairement l’un des plus beaux accomplissements de l’histoire récente de la NBA, peut-être même de toute l’histoire de la NBA.

Et d’une façon assez ironique, Chris Paul pourrait décider de décliner son option à 44 millions de dollars cet été pour décrocher un nouveau beau contrat sur trois ans à environ 20 ou 30 millions l’année. C’est un dossier qui sera évidemment à surveiller mais en attendant, on va surtout observer le Point God dans ses premières Finales NBA, où il aura l’occasion de mettre un superbe point d’exclamation à sa greatness.

Cliquez pour commenter

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



To Top