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Jrue Holiday, de l’enfer au paradis : 45 minutes de désastre pour finalement être un des héros de la qualification des Bucks au finish

Jrue Holiday

Le mec ne pouvait pas rentrer un shoot de la soirée.

Source image : NBA League Pass

Anything can happen in a Game 7. Tout peut se produire, absolument tout. Comme, par exemple, un joueur qui est au bord de l’implosion pendant 45 minutes, avant de se relever subitement pour rayonner au finish. Jrue Holiday était à deux doigts d’être fusillé pour la défaite des Bucks, il a finalement enfilé sa cape de héros pour les aider à vaincre les Nets au finish. 

Il y a beaucoup de gens, du côté de Milwaukee, qui vont très bien dormir ce soir. Il y a beaucoup de joueurs, du côté des Bucks, qui vont très bien dormir ce soir. Mais s’il fallait prendre un garçon parmi tous, et affirmer que ce garçon en question allait nous taper le meilleur dodo du siècle, on prendrait certainement Monsieur Vacances. Sacré Jrue, passé de la guillotine à la standing ovation en quelques actions, passé du lancer de tomates à la gueule au don de trésor à ses pieds. Sur cette série, le meneur vétéran n’avait pas véritablement réussi à imposer son empreinte. Plus de matchup mano-a-mano avec Kyrie blessé ou avec Harden diminué, donc pas d’utilité défensive prépondérante, et pas de missions régulières sur KD en la présence de PJ Tucker. Offensivement, les choix réalisés par Holiday étaient jugés douteux, et à raison, puisque l’ancien nous gratifiait de quelques rares moments positifs avant de les enchaîner avec… de la daube. Le finish du Game 3 ? C’est pour lui, avec ce double-pas plein de culot qui donne la victoire à ses Bucks. Mais le finish du Game 5 ? C’était aussi en partie pour lui, avec un manque de concentration flagrant dans le money time. Pour chaque bon shoot que Jrue prenait, il en rendait bien deux flingués par la suite. Et forcément, cela posait problème en amont de ce Game 7. Comment allait-il tirer son épingle du jeu ?

La seule chose que JH (tiens tiens) va tirer sur 90% de la partie, ce sera une balle dans son pied. Abominable sur la majeure section de la rencontre, Holiday va enchaîner les boulettes et les shoots ratés, parfois en rythme et souvent non. Comme un lay-up en contre-attaque, compliqué alors qu’il y avait possibilité de finir ça en douceur. Comme des tirs à mi-distance qui, boink, tapent tout le temps le fond d’arceau. Comme des tirs à trois-points qui tapent la tranche, en hommage à un certain Paul dont on ne citera pas le nom de famille. Plus le match avançait, et plus la taille de l’affront grandissait. Deux sur combien ? Deux sur dix-sept au tir, le genre de contre-performance qui ne pardonne pas. Clairement pas, quand tu vas à Brooklyn et que le match est serré. Aucun moyen d’en vouloir à Giannis et ses lancers, ou Budenholzer et ses temps-mort, ou ne sait-on quel autre élément de critique notable. Non, plus l’issue s’approchait, et plus un homme sortait du lot pour aller au bûcher, et cet homme était clairement Jrue Holiday. Tout ce qu’on voulait savoir, c’est si le garçon allait nous gratifier de quelques actions intelligentes au finish, et surtout, si ses coéquipiers allaient le sauver de la panade en l’emportant à l’extérieur sans véritablement compter sur lui.

Quand soudain…

Eric Bledsoe laissa sa place à Jrue Holiday, une bonne fois pour toutes. On se demandait si c’était pas l’ancien meneur des Bucks sur le terrain, tant sa production était cheum, mais les doutes furent dissipés au finish. Un premier trois-points en sortie de temps-mort, rempli de culot, dessiné par Mike Budenholzer et son staff pour jouer avec le feu. Décalage de Middleton, Jrue les pieds dans le plancher, catch and shoot, pas d’hésitation, filoche. Pendant que Pat Connaughton serre le poing, Holiday check Khris et le remercie pour le caviar. Le début du déclic. Car même à 3/18, le meneur ne va pas désespérer. Mieux, il va rayonner. Un caviar pour Middleton à trois-points, ficelle. Un pick and roll avec Giannis, passe parfaite pour le and-one du Freak. Puis vient cet énormissime shoot à trois points en fin de possession alors que l’horloge s’écoule, qui donne trois points d’avance aux Bucks à 2:30 de la fin (104-101) et permet au banc d’exploser d’un seul homme. He’s back ! Et au meilleur moment, qui plus est. Jrue va y ajouter un jumper plein de finesse ligne de fond, un lancer, offrir un coup de jus plus que nécessaire aux siens, et va enfin apporter ce pour quoi il avait été chèrement recruté à l’automne dernier. Une fois l’attaque gérée, vive la défense. Pour une des dernières possessions du match, avec un Kevin Durant sur les rotules mais sacrément chaud, Holiday va défendre comme un roi et forcer un airball de KD, ce qui relève de l’exploit à ce moment de nos vies. Le poing serré, conscient qu’il a parfaitement défendu, Jrue regarde son banc et sait qu’il a apporté les actions nécessaires à sa franchise pour écarter l’ogre new-yorkais. Oui, à peu de choses près c’était la salle de torture pour JH, au final la fin de soirée s’est transformée en célébration pour lui.

Un affreux 5/23 au tir, normalement ça aurait été gravé sur sa pierre tombale, et les fans des Bucks seraient pointés du doigt pour leur piètre recrutement. Mais le sport, c’est aussi des surprises, et beaucoup d’abnégation. Alors qu’il aurait pu craquer mentalement, Jrue Holiday a gardé confiance en lui et a donné ses meilleures minutes quand il le fallait, et des deux côtés du terrain. Pas de vacances pour Monsieur Vacances, on repassera une prochaine fois pour cette punchline.

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