One-on-One

Brian Grant et son combat contre la maladie de Parkinson : « Même si la maladie veut vous éteindre, il faut rester actif »

Une inspiration.

Source image : YouTube

Les plus jeunes ne connaissent peut-être pas très bien Brian Grant, ceux qui l’ont vu jouer se souviennent de sa chevelure et ses qualités de combattant dans les raquettes, un mix faisant de lui le Rasta Monsta de la NBA. Mais aujourd’hui, et depuis une bonne décennie, c’est un tout autre combat qu’il mène, celui contre la maladie de Parkinson.

C’est dans le cadre de la sortie de son bouquin intitulé Rebound: Soaring in the NBA, Battling Parkinson’s, and Finding What Really Matters que Brian Grant s’est exprimé sur le podcast de HoopsHype avec Michael Scotto. Au programme de l’émission, un retour sur certains grands moments de sa carrière, lui qui a notamment côtoyé Rasheed Wallace chez les Portland Jail Blazers, Dwyane Wade au Heat et Kobe Bryant chez les Lakers, tout en faisant partie de cette génération d’intérieurs qui tentaient désespérément de ralentir Shaquille O’Neal dans son prime. Avec plus de 10 points et 7 rebonds de moyenne durant la dizaine d’années passées en NBA entre 1994 et 2006, Brian Grant était un bonhomme solide dans les raquettes. Actif, bosseur, prêt à aller au combat, tous les jours. Des qualités plus que jamais indispensables pour ce qu’il traverse depuis son départ des parquets, lui qui lutte depuis plus d’une décennie contre la maladie de Parkinson. Ce sujet difficile est également abordé avec Michael Scotto, c’est même celui sur lequel l’ancien joueur des Blazers s’exprime le plus.

Après sa retraite, en 2006, Grant est d’abord tombé dans une période de dépression, l’absence de basket représentant alors un énorme vide. Pas le premier et probablement pas le dernier dans ce cas, mais une période évidemment très difficile à vivre et qu’il a seulement pu expliquer plus tard. « J’ai fait vivre l’enfer à ma femme et mes enfants. On m’a diagnostiqué une dépression, qui était très probablement liée au fait que j’avais déjà perdu 80% des cellules produisant de la dopamine » se souvient Grant. Sous traitement et suivi par un psy, Brian a commencé à aller mieux mais c’est alors qu’il a expérimenté des tremblements de plus en plus intenses. Imaginant beaucoup de choses et surtout le pire, Grant voulait absolument savoir de quoi il s’agissait. Et malheureusement, la maladie de Parkinson a été diagnostiquée chez l’ancien joueur NBA de 36 ans.

« Ce n’est qu’en 2008 ou 2009 que j’ai reçu le diagnostic officiel de la OHSU [Oregon Health & Science University, ndlr.]. Devoir affronter ça est difficile pour tout le monde. Je regarde mon parcours et c’est assez dur parce que j’avais l’habitude de me faire opérer pour réparer mon corps quand quelque chose clochait. Désormais, j’ai quelque chose qui ne peut pas être traité via une opération. Je suis dans un combat où je peux me battre, et je vais continuer à me battre mais au final, je vais perdre ce combat contre Parkinson à moins qu’on trouve un remède. La mentalité est différente. Je ne peux pas être le même Brian Grant que celui qui se frottait à Karl Malone et Shaquille O’Neal parce que je vais perdre et ça va me mettre à terre. »

Brian Grant sait qu’il se retrouve face à un adversaire plus fort que lui. Il sait qu’il ne peut que ralentir les effets de la maladie, et non les contrer comme un ballon près du cercle. Mais à l’image du joueur qu’il était, Grant veut cependant lutter, juste dans une forme différente, en acceptant ce qui lui arrive plutôt qu’en résistant comme lorsqu’il se retrouvait face à Malone et Shaq. Avec l’arrivée du COVID, ce n’était pas facile pour Brian de rester actif et il avoue qu’il n’a pas toujours fait tout ce qu’il fallait. Cela lui a rappelé à quel point c’était important de bouger.

« Il faut rester actif. Durant la pandémie, je n’étais pas très actif et la progression s’est accélérée. Mes enfants ont vu ça, ils m’ont dit, ‘Papa, tu trembles plus que d’habitude, tu oublies plus de choses’. C’est parce que j’étais inactif, je ne faisais pas ce qu’il fallait pour garder mon cerveau en bon état et bouger mon corps. Parkinson veut vous éteindre, vous ne faites que l’aider en restant sur le canapé. »

Le conseil de Brian Grant envers tous ceux qui doivent affronter cette maladie est clair : il faut se lever et avancer, coûte que coûte, même si ça représente souvent une montagne à franchir. L’ancien NBAer ne veut pas se laisser aller et se cacher comme lors des premières années après sa retraite de joueur, lorsqu’il était en pleine dépression et au début de son combat contre Parkinson. Soutenu et inspiré par l’acteur Michael J. Fox, également touché par la maladie à un jeune âge, Brian Grant a commencé à accepter sa situation pour ensuite essayer d’avoir un impact positif sur la communauté, comme il l’a si souvent fait durant sa carrière NBA. À travers sa fondation, il a voulu apporter son aide aux familles touchées par la maladie de Parkinson en organisant notamment des levées de fonds. Tout ça en continuant son propre combat, avec ses nombreux challenges, ses traitements, et forcément le regard des autres à affronter. Mais Brian Grant est toujours là, faisant de son mieux jour après jour en tentant de profiter de la vie au maximum.

« Quand ça ne va pas, je me demande, ‘Pourquoi est-ce je suis déprimé alors que je possède de magnifiques enfants et qu’ils ont un toit au-dessus de leur tête ?’. Je me dis, ‘Tu es déprimé parce que tu as la maladie de Parkinson, et ça fait partie de la maladie’. Alors je commence à parler avec moi-même, je me lève et j’y vais. Si je fais ça, si je sors de la maison pour faire quelque chose pour quelqu’un, alors ça va de mieux en mieux. »

– Brian Grant, via Sports Illustrated

La dépression, la maladie de Parkinson, des relations qui s’arrêtent avec notamment deux divorces… Brian Grant imaginait sans doute un autre chemin après avoir raccroché les sneakers. Mais aujourd’hui, il ne veut pas penser à ce que serait sa vie sans la maladie, car il est bien plus que cette dernière. Il fait avec, en mettant un pied devant l’autre, toujours. 

Source texte : HoopsHype podcast, Sports Illustrated

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