Pelicans

New Orleans a rappelé à Utah d’où venait le vrai jazz : match superbe, victoire solide, et gloire à Michel Jonasz

Michel Jonasz 2 mars 2021

Le match ? On s’en fout, Rudy Gobert a mis un mi-distance.

source : YouTube

Est-il euphémisme d’affirmer qu’il est compliqué d’affronter un leader ? Non – du moins – on ne pense pas. Affronter celui qui te devance c’est aussi être dans son dos, à l’abri de son attention. Tu peux l’analyser quand bien même lui ne cherche qu’à étudier un simple pion de l’échiquier. « Je ne connais pas la Ligue 1, mais elle me connaît », déclarait Zlatan Ibrahimovic à son arrivée au Paris Saint-Germain. Résultat des courses, il bouffe un deux pieds décollés après 3 minutes de jeu et sort sur civière.

En quête d’un nouveau succès pour parfaire son image de leader dandy au jeu fluide et à l’élégance quasi-européenne, le Jazz se déplace dans la Nouvelle-Orléans. Les deux infirmières des franchises vont pouvoir en profiter pour échanger les cigares puisque hormis l’absence d’Udoka Azubuike – dont nous venons littéralement d’apprendre l’existence – les effectifs affichent complet. Au menu donc, un duel qui pèse environ 240 kilos entre Rudy Gobert et Zion Williamson. Si l’ingénieur qui a pensé les raquettes de basket-ball n’était pas décédé, il le serait sûrement ce soir en constatant ce problème de proportions vers lequel nous fonçons indubitablement. M’enfin, le trio arbitral – qui lui aussi arbore fièrement la bedaine – déclare ouvertes les joutes de la New Orleans Arena. Le premier acte est impressionnant d’adresse : Utah tire à 50% de loin et les Pelicans répondent en s’appliquant dans la peinture. En bon lieutenant, Bojan Bogdanovic enclenche la machine à galettes et pose 3/3 de loin. Le Croate inspire même l’un de ses partenaires, lequel est ? Accrochez-vous, Rudy Gobert reçoit le cuir en tête de raquette et tel un Bedos empli d’une volonté contre-système, se place face au cercle. On y est : l’intérieur français plante ses panards dans le sol, arme sa gestuelle et dégaine… BANG ! Scènes de liesse à Saint-Quentin pendant qu’à Cholet, la mairie transforme sa Place de la République en Place de la Gobererie. L’action est historique et Jean-Michel Blanquer annonce l’apparition d’un nouveau baccalauréat qui consiste uniquement à frotter des micros. M’enfin, Brandon Ingram nous aide à récupérer en plaçant du pull-up avant la pause, mais c’est bel et bien tout chose que nous nous dirigeons vers le frigo pour se changer les idées. Vous entendez ? Ça klaxonne dans les rues (New Orleans 59 – 64 Utah).

La sortie de vestiaire est bien moins tricolore que le premier acte. Le solide Zion Williamson toque à la porte de la raquette du Jazz, et c’est Rudy Gobert qui vient ouvrir. Le coup d’épaule du jouvenceau fait mal au jazzman qui se retrouve instantanément derrière le panier. Cependant, le natif de Saint-Quentin répond de l’autre côté du terrain et mis à part le snobé Jaxson Hayes (DNP), personne n’est en capacité de contenir l’envergure du Français. De son côté, Lonzo Ball entame une mixtape où le meneur est sur tous les fronts : lay-up en contre-attaque, 3-points écrasés et floaters au touché. La NBA en profite pour communiquer la création d’une nouvelle récompense individuelle en fin de saison : le BOTY (Ball Of The Year). Ainsi, les Pelicans prennent une confortable avance et mènent de treize points à deux minutes du terme. La rencontre tourne tellement à l’avantage de ces derniers que les entraîneur hésitent à envoyer le garbage time. Fausse bonne idée, puisque le duo Bojan Bogdanovic – Donovan Mitchell décide d’entamer une énorme remontée, juste avant que Royce O’Neale – à quarante secondes du terme – n’inscrive un 3-points importantissime. Les Pelicans ne commandent plus que d’un misérable point et tout va se jouer sur une action controversée : Rudy Gobert et Zion Williamson sont à la lutte pour le rebond, mais l’arbitre siffle une faute offensive envers le Français. Cruelle et peu évidente, mais c’est ainsi. Le Jazz chute de son trône et Bojan Bogdanovic termine la partie avec 31 points, 7 rebonds et 3 interceptions à 7/11 de loin. Zoom dans la raquette désormais où Rudy Gobert compile 22 points, 9 rebonds et 5 contres, face à un Zion Williamson qui pose 26 points, 10 rebonds et 5 assists. Dire que fut un temps, la Nouvelle-Orléans était française.

Au terme d’un match finalement disputé de bout en bout, les Pelicans se sont imposés devant un Jazz moyen : le banc mormon n’a pas eu son impact habituel et cela s’est directement ressenti sur le score. Le Jazz en est désormais à deux défaites sur les trois dernières rencontres, la machine à gagner s’enraie-t-elle enfin ? 

Stats Jazz - Pelicans

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