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Free Agency 2020 : à la recherche du pivot 3.0, celui qui bastonne mais qui doit savoir courir et tirer du parking

Aron Baynes

On aurait pu appeler ce dossier  » le poste préféré de Troy Weaver », on a beaucoup hésité.

Source : NBA League Pass

Au fur et a mesure des années, le poste de pivot en NBA a fortement évolué, au gré de l’évolution de la NBA tout court. En 2020, le jeu d’une équipe est plus que jamais tourné vers l’extérieur et le poste 5, pilier de la raquette, a donc été obligé de s’adapter. Cette Free Agency 2020 est en tout cas la preuve du désir d’une grande partie des franchises NBA de jouer avec ces « nouveaux 5 ».

Depuis la nuit des temps, enfin au moins depuis que le basket existe, la taille a toujours été un critère nécessaire pour une équipe afin d’être compétitif. N’en déplaise aux amoureux de la balle orange qui s’identifient au petit gars là, ballon en main, qui enchaîne dribbles rapides et tirs de loins, parce qu’il est plus facile de se reconnaître dans un garçon d’une taille a peu près normale, mais un grand dadet à toujours été important dans une équipe et un homme de plus de 2,10m a toujours nourri beaucoup de fantasmes. Plus d’affinités pour défendre son cercle, choper des rebonds, glisser le ballon dans le panier sans trop d’efforts, apporter un impact physique supérieur dans la peinture : dans le sport tel qu’il s’est développé à travers les âges un grand pivot est une arme redoutable dans toute équipe de basket, et ce n’est pas un hasard si dans le lot des meilleurs joueurs de tous les temps, tout postes confondus, le poste 5 est globalement bien représenté avec des noms comme Kareem Abdul-Jabbar, Shaquille O’Neal, Bill Russell ou Hakeem Olajuwon. Mais aujourd’hui, en 2020, le profil du poste 5 idéal a complètement changé, en même temps que le jeu lui-même. C’est donc l’heure de l’analyse avec un grand H : essayons de comprendre vers quel type de poste 5 les franchises désirent se tourner aujourd’hui.

De l’indémodable rim runner

Il y a encore quelques années, le poste 5 idéal était… une poutre. Long, capable de défendre fort, pourquoi pas de courir, mais surtout de choper des rebonds et d’enchaîner les contres à la pelle. Le rim runner parfait, dans la lignée de joueurs comme DeAndre Jordan par exemple. Ce qu’on recherchait, c’était de la domination physique à l’intérieur. Pour ces grandes tiges, marquer des points n’était qu’un simple bonus, ce n’était pas leur rôle et on comptait fort sur les 4 autres joueurs présents sur le parquet pour mettre le ballon dans le panier. L’objectif principal : défendre et dissuader. C’est ainsi qu’au fil des années, on a pu voir émerger des profils comme Hassan Witheside, Roy Hibbert ou encore JaVale McGee, des pivots qui ont pu avoir une belle cote à certains moments de leur carrière et capables d’apporter leur énergie à une équipe, mais dont le profil n’est clairement plus la cible prioritaire du marché des transferts.

Alors attention, ces profils de poste 5 sont encore appréciés par plusieurs franchises et le titre des Lakers en 2020 a pu nous montrer qu’avoir une vraie plus-value athlétique dans la raquette pouvait encore aider à arriver au bout, mais on a pu voir pendant cette Free Agency 2020 que la plupart des équipes ne comptaient pas lâcher un trop gros chèque pour récupérer un joueur de ce style. Pour preuve, un Whiteside a signé au minimum pour 2,3 millions et un an aux Kings, ou un Okafor a signé au minimum pour 4 millions et 2 ans à Detroit. Globalement, pour choper un grand dadais qui court et qui contre, pas besoin de claquer son PEL. Alors évidemment, des exceptions persistent encore, avec des joueurs comme Rudy Gobert ou Andre Drummond qui font partie de la branche des pivots « à l’ancienne » mais qui sont aussi capable d’apporter leur petit 15-20 points à chaque rencontre, et qui sont donc encore candidats à un gros chèque en NBA.

… à l’arme offensive de destruction massive.

Mais aujourd’hui, le profil que l’on s’arrache littéralement en NBA, c’est un grand qui est peut être un peu moins grand mais qui est capable d’apporter plus sur le front de l’attaque. Le jeu a complètement évolué depuis quelques saisons, et le shoot extérieur est devenu une religion a tel point que certaines franchises ont même banni leurs grands gaillards comme lors d’une chasse aux sorcières du Moyen-Age pour pouvoir avoir un cinq majeur de moins de 2 mètres. Un seul mot est à la bouche de tous les GM : spacing. Du coup, avoir un mec qui a les caractéristiques d’un poste 5 (taille, impact physique, rebond, défense) c’est bien, mais si il est capable de s’écarter du cercle et de shooter à 3-points, c’est encore mieux. C’est ainsi que les « intérieurs modernes » sont apparus et sont vite devenus une denrée rare dans la Ligue. Pour illustrer, on voit même des bûcherons comme Kelly Olynyk se retrouver au poste 5 pendant 40 minutes lors de deux matchs de Finales NBA, certes en raison de blessures, mais aussi pour sa capacité à étirer la défense et mettre dedans de loin.

Encore plus loin, en NBA, on voit même des pivots prendre le jeu de leur équipe à leur compte, en montant parfois la balle, en étant capable de scorer, de passer, de shooter extérieur, mais aussi pour certains de continuer à dominer à l’intérieur. On pense évidemment aux meilleurs intérieurs de la Ligue, comme Karl-Anthony Towns, Nikola Jokic, ou Anthony Davis (4 qui peut jouer 5). On peut aussi penser aux profils hybrides comme Bam Adebayo, plus petit et qui ne shoote pas tant à l’extérieur mais tellement dominant à l’intérieur, défensivement comme offensivement, et qui peuvent vraiment rentrer dans la case de ces intérieurs qui participent au jeu offensif de leur équipe de plus en plus tôt dans la construction d’une action, avec des qualités de vison et de passe supérieures à la moyenne. Et globalement, dans cette Free Agency 2020, les intérieurs qui ont travaillé sur leur shoot et qui sont aujourd’hui capable d’apporter ce spacing se sont donc vu offrir des jolis contrats et auront un vrai rôle à jouer dans leurs équipes respectives l’année prochaine. Poke Aron Baynes, qui a signé à 14 Millions sur 2 ans à Toronto ou encore Serge Ibaka à 19 Millions sur 2 ans aux Clippers.

Le poste 5 a évolué à travers les âges et malgré quelques irréductibles grands gaillards mandatés uniquement pour leur protection de cercle, la tendance tend fortement vers les pivots avec du hustle ET du shoot à 3-points. Mais avec l’arrivée de nouveaux pivots longs dans les dernières cuvées de Draft (Deandre Ayton, James Wiseman, Onyeka Okongwu,..), peut-on imaginer un retour en force des rim runners

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