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Kyle Korver raconte l’ambiance du vestiaire juste avant la grève des Bucks : entre larmes, frustration, et solidarité

Bucks 27 août 2020

S’il fallait lire qu’une seule chose aujourd’hui, c’est ça.

Source image : YouTube

Ce fut l’un des épisodes marquants de la bulle. Le 26 août dernier, pour le Game 5 du premier tour des Playoffs, les Bucks ont décidé de rester aux vestiaires au lieu d’aller affronter le Magic. Une grève pour protester contre les violences policières après l’affaire Jacob Blake, qui avait pris plusieurs balles dans le dos au cours d’une arrestation à Kenosha, ville située à moins d’une heure de Milwaukee. Kyle Korver raconte.

En avril 2019, Kyle Korver avait sorti un papier sur The Players’ Tribune concernant le privilège blanc aux States. Un papier remarquable de profondeur, dans lequel Korver s’était montré particulièrement vulnérable dans le but d’illustrer les injustices sociales et le racisme qui caractérisent encore l’Amérique. Un peu plus d’un an plus tard, George Floyd a perdu la vie sous le genou d’un policier puis l’affaire Jacob Blake est venue s’ajouter à la longue liste des bavures policières, deux épisodes ayant provoqué de vives réactions notamment au sein des joueurs NBA. Dans une bulle d’Orlando placée sous le slogan « Black Lives Matter », les Bucks ont lancé un mouvement de contestation général suivi par les autres équipes NBA et même d’autres ligues sportives, et Korver était justement dans le vestiaire quand les joueurs de Milwaukee ont décidé de ne pas en sortir. Deux mois après, l’ami Kyle est toujours rempli d’émotion par rapport à ce moment définitivement pas comme les autres, lui qui s’est exprimé sur le sujet lors d’un passage à son ancienne université de Creighton. Korver est revenu sur l’ambiance au sein du groupe à quelques minutes du Game 5 entre les Bucks et le Magic.

« On essaye de se préparer pour un match de Playoffs, mais mentalement on n’y est pas. L’un de nos coachs, Darvin Ham, a deux fils qui ont la vingtaine et qui vivent à Milwaukee. Il pense à eux. C’est un grand gaillard, […] il est en larmes. Il arrive et il crie, ‘Des gamins sont dans la rue’, il est très ému. Les vestiaires étaient un peu étranges, il y avait un petit endroit pour les coachs où des choses étaient installées, et il a tout balancé au sol. Tout le monde a sursauté, tout le monde était déjà à cran et pas très bien mentalement. J’étais assis là dans ma chaise, avec les larmes qui coulaient sur mon visage. Je regardais mon maillot, qui disait ‘Black Lives Matter’, et je me suis demandé, ‘Qu’est-ce qu’on fait ?’

George Hill a décidé de ne pas jouer. Sterling Brown, qui est toujours en procès à Milwaukee pour une affaire dans laquelle il a été arrêté et tasé sans raison, nous dit, ‘Je suis avec George’. Il s’est levé pour nous dire que nous n’étions pas obligés de les suivre si l’envie n’était pas là. On était tous assis là et on a dit, ‘On est avec vous’. Il restait 13 minutes à l’horloge avant le match, tout se passait très vite. On a laissé l’horloge s’écouler. En tant qu’homme blanc, je me demandais quoi faire. Comment je peux aider en tant qu’homme blanc ? Qu’est-ce que je dis en tant qu’homme blanc dans un tel contexte ? Eh bien, vous savez ce que vous devez faire ? Vous ranger aux côtés des personnes marginalisées. »

Les écouter, les soutenir, et essayer d’aider à sa manière. Voilà le message de Kyle Korver. Une fois la décision prise par rapport à la grève, les Bucks sont restés un bon moment dans le vestiaire et ont fini par rentrer en contact avec le lieutenant-gouverneur du Wisconsin et la famille de Jacob Blake.

« Après toutes les protestations à Milwaukee, il (le lieutenant-gouverneur, ndlr.) a dit que les législateurs de l’État ne s’étaient pas réunis une seule fois pour parler d’un quelconque changement. Malgré toutes les manifestations, toutes les discussions, toute la douleur, ils ne s’étaient pas réunis une seule fois. On s’est dit, ‘Mais qu’est-ce qu’il faut faire pour provoquer le changement ?’ On a parlé à la famille de Jacob Blake, ses parents étaient tellement gentils et bienveillants, ils nous envoyaient tellement d’amour. Pendant ce temps-là, on entendait que les autres équipes ne jouaient pas non plus, certaines personnes étaient probablement en colère contre nous. Mais en écoutant ses parents, on s’est mis à pleurer. On était du genre, ‘On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve, on ne sait pas exactement quel est notre plan, mais on sait qu’on est en train de faire ce qui est juste’. C’était la bonne chose à faire. C’était un moment incroyable. »

Si la grève des Bucks a en effet provoqué des moments de tension au sein de l’union des joueurs à cause de son côté imprévisible et non-planifié, le geste en lui-même n’a jamais été remis en question dans la famille NBA. Un geste fort, un geste puissant, qui restera dans les mémoires. 

Source texte : @gocreighton

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