One-on-One

Le chef d’œuvre inachevé de Jimmy Butler : hommage à Mr. Buckets, pas encore de bague, mais certainement l’âme d’un champion

Jimmy Butler

Une seule saison à Miami et il mérite déjà sa statue au milieu de South Beach.

Source image : Youtube

Cramé dans le Game 6, Jimmy Butler n’a pas pu aller au bout de son objectif malgré quelques perf’ qui vont rester dans l’histoire. Un échec sur la dernière marche qui l’empêche de remporter son premier titre, mais qui n’entache en rien l’immensité de son œuvre dans ces Playoffs.

31 ans, c’est rarement l’âge qui vous fait passer un cap en NBA. En général, le statut de superstar est acquis un peu plus tôt, voire beaucoup plus tôt pour certains. Mais Jimmy Butler n’est pas du genre à faire comme tout le monde. Le mec se lève à 4h du mat’ en plein été pour s’entrainer, travaille son handle en pleine nuit dans sa chambre d’hôtel à Disney, et envoie des paniers à ses coéquipiers en plein confinement pour garder la main. Propulsé en Finales NBA, le nouveau leader du Heat a passé le deuxième tour des Playoffs pour la première fois de sa carrière. Un parcours flamboyant et même surprenant de facilité dans la Conférence Est, résultat d’une progression constante de Miami cette saison et de l’arrivée de quelques pièces intéressantes en cours de saison. Mais pas que. Bam Adebayo a brillé, Goran Dragic a assuré, Tyler Herro a confirmé, mais le boss du Heat s’appelle bien Jimmy Butler. Jimmy Buckets pour les intimes, et il a rarement aussi bien porté son nom. Autant le roster et les progrès de Miami nous faisait bien kiffer, autant il était difficile de prédire la présence du Heat en Finales NBA.

Son duel remporté sans transpirer face à son ennemi de 2020, T.J. Warren, l’upset monstrueux face aux Bucks du MVP Giannis Antetokounmpo, la Finale de Conf’ maitrisée face à la fougue des Celtics : les Floridiens ont écrasé toute concurrence à l’Est. Une seed 5 qui arrive en Finale avec trois petites défaites, le parcours était déjà immense. Et le swingman de Floride avait saupoudré cette campagne de son talent et de sa combativité. Le Game 1 à 40 points face aux Bucks pour annoncer la couleur, ses money-time chirurgicaux face aux Celtics, sa défense infatigable peu importe l’adversaire : à South Beach on attend déjà la statue de Jimmy. Leader dans l’âme à la confiance infinie, il s’est auto-confié la mission de porter cette jeune équipe du Heat le plus haut possible sans jamais accepter le rôle d’outsider et en évoquant le titre très tôt. Des déclas risquées, une défaite au bout et pourtant, le Texan d’origine a fait l’unanimité.

Si on qualifie ses Playoffs d’incroyables, difficile de trouver un superlatif approprié pour décrire ses Finales. Sans lui, le monde de la NBA serait parti hiberner mercredi dernier en attendant 2021. Mais pour prolonger le plaisir, on a eu le droit à deux Jimmy Butler Games. Un chef d’œuvre lors du Game 3, sans Bam Adebayo, ni Goran Dragic, avec comme lieutenant principal… Kelly Olynyk. Ça part mal. Bref, Jimmy lance la partie en niveau ultra-difficile, active le cheat code et nous pond un classique : 40 points, 13 passes, 11 rebonds à 14/20 aux tirs sans prendre le moindre shoot du parking. Une victoire en solo, à l’ancienne. Même délire lors du Game 5. Les Lakers avaient l’air un peu trop sûrs d’eux habillés en noir et Buckets l’a pris personnellement : 35 points, 11 passes, 12 rebonds, 5 interceptions à 11/19 aux tirs. Devenant au passage le sixième joueur de l’histoire à lâcher plusieurs triple-doubles dans une série de Finales après Wilt Chamberlain, Larry Bird, Magic Johnson, LeBron James et Draymond Green. On commençait vaguement à croire à un comeback du Heat, mais la marche était trop haute dans ce Game 6. Jimmy a tout donné, mais Jimmy était cramé : 45 minutes de moyenne sur les cinq derniers matchs, le genre de stat’ qui pourrait donner des sueurs froides à Mike Budenholzer. Déçu mais fier, il a replacé Miami sur la carte. Est-ce que le Heat pourra décrocher le titre avec le roster actuel ? Peut-être. Est-ce que Miami est désormais tout en haut de la short-list des futurs  gros agents-libres  ? C’est certain. Et si la Free Agency de 2020 n’excite personne à part les clubs chinois, l’été 2021 pourrait être très chaud à Miami. Merci Jimmy pour les travaux, et bonnes vacances.

Jimmy a parlé puis Jimmy a assuré. Miami quitte la bulle à deux petites victoires du titre après une campagne extraordinaire. La dernière marche était un peu trop haute et les blessures n’ont pas arrangé les choses. Mais Buckets peut être fier, il a redoré le blason de la culture du Heat, prêt à redevenir the place to be en NBA. Tiens, sinon, comment vont les Sixers et les Wolves ?

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