Pacers

Victor Oladipo est revenu, il a vu et il a perdu : sortie de virage attendue, à dans un an pour d’autres rimes en u

Victor Oladipo 4 avril 2020

En essayant d’éviter « perdu » et « à la rue ».

Source image : YouTube

Nul ne sait aujourd’hui si les prochains matchs en NBA compteront pour… la saison en cours ou pour la prochaine, mais dans l’Indiana un homme a probablement encore plus faim que les autres. Cet homme c’est Victor Oladipo, combo guard et crooner à ses heures perdues, MIP 2017-18 et malheureusement en chute libre depuis, la faute notamment à une vilaine rupture du tendon du quadriceps qui l’aura tenu éloigné des parquets durant douze très longs mois. A bientôt 28 ans, le crackito des Pacers sort du virage le plus important de sa carrière et doit dès à présent assumer le rôle censé être le sien : être le boss d’une équipe qui gagne.

La carrière de Victor Oladipo ressemble pour l’instant à une partie de Snake, pleine de changements de direction. Rien à voir avec Kevin Durant hein, juste un mec qui a déjà connu deux gros déménagements et les changements de statut qui vont avec, jusqu’à devenir récemment la darling d’un coin reculé des États-Unis. Solide à Orlando, attaquant surtout spécialisé dans l’art de la fulgurance et défenseur très solide, mais peut-être pas assez dominateur pour un n°2 de Draft. C’est en tout cas ce que décrètera Rob Hennigan à l’été 2016 quand il décidera d’envoyer son Totor sûr du côté d’Oklahoma City. Oladipo part donc pour le Thunder en compagnie de Domantas Sabonis et contre le seul Serge Ibaka, on part vomir et on revient, et aux côtés de Russell Westbrook Victor va continuer à grandir mais à son rythme, et de toute façon bon courage pour progresser balle en main avec le Brodie qui tourne cette saison-là à 31/10/10 et qui attire 110% de l’attention de la franchise tonnerreuse. 67 matchs en tant que titulaire aux côtés d’un MVP on a quand même vu pire comme formation, et au bout d’un an d’apprentissage ce sont finalement les Pacers qui récupèreront… l’enfant du pays, Toto ayant évolué quelques années en arrière chez les Hoosiers avant d’être drafté. Paul George est parti jouer le titre avec le Thunder et Oladipo débarque pour souffrir de la comparaison, toujours en compagnie de Sabonis d’ailleurs, et l’on se dit à ce moment-là que personne dans l’Indiana n’est capable de reprendre le flambeau d’un PG adulé avant d’être honni par son peuple.

Troisième franchise en cinq ans pour le combo, le besoin urgent d’être reconnu comme un vrai leader, mais il y a du boulot. Non pas que le boug soit un piètre joueur hein, mais disons simplement qu’il y a alors un delta important entre « bon petit joueur frisson » et « superstar ». Et ce delta sera rapidement comblé, à 200 à l’heure même. Dès son arrivée chez les paysans, Oladipo séduit. Vrai chef d’orchestre, vrai chef de meute aussi, le n°4 enchaine dès son arrivée les perfs énormes et positionne les Pacers comme un sacré poil à gratter à l’Est. Les triples-doubles succèdent aux game winners, les orgies offensives s’ajoutent à un leadership affirmé et très vite c’est du trophée de MIP dont on parle pour Victor. All-Star en février, Toto ira ensuite le chercher ce trophée, mais le dessert de sa magnifique saison interviendra lors d’un héroïque premier tour de Playoffs face aux Cavs d’un LeBron James injouable, série perdue en sept lors de laquelle Vivi tournera à 22,7 points, 8,3 rebonds, 6 passes et 2,4 steals de moyenne. Tombé les armes à la main mais définitivement dans la cour des grands, voilà ce qu’il faut retenir de cette première campagne… à la campagne. A poursuivre se dit-on, quelle originalité dans les propos, mais malheureusement le début de saison timide mais sérieux du nouveau boss d’Indy s’enchainera avec une soirée cauchemardesque. Nuit du 23 janvier, mon frère a 31 ans depuis quelques heures mais ça tout le monde s’en fout, et en rattrapant Pascal Siakam lors d’un banal Pacers – Raptors… le genou de Mr Popo lâche. Images habituelles dont on ne sait pas si on veut les regarder ou non mais la curiosité malsaine l’emporte. On n’aurait pas du, Victor hurle, ça sent pas bon. Update dès le lendemain, à l’année prochaine l’ami, il faudra être fort pour revenir au niveau qui était le tien…

Timing absolument dégueulasse, Victor Oladipo s’est donc explosé le quadriceps au moment même où il tentait de faire des Pacers une place forte en NBA, le tout en devenant l’un des ses joueurs les plus solides et spectaculaires, des deux côtés du terrain pour ne rien gâcher. Un an off à mater ses copains faire le taf plus que sérieusement mais en butant sur une marche qui semble trop haute pour eux, puis le retour, enfin, dans la nuit du 29 janvier, et mon frère a donc désormais… bref. Premier match face aux Bulls, premier… tir ultra-clutch, première victoire. Ça rigole à Indianapolis et on se prend à rêver d’une fin de saison idyllique avec un duo Brogdon/Oladipo sur le backcourt, un T.J. Warren qui fait le taf dans les ailes, le binôme Sabonis/Turner dessous et un supporting cast aussi underground que solide (Holiday Brothers, Lamb, McDermott, McConnell etc etc). Sauf que le retour d’un joueur comme Victor Oladipo ne se fait pas sans ajustements, surtout dans un groupe qui a plutôt pas mal changé depuis sa blessure. Résultat ? Cinq défaites de suite et un Toto pas bien dans ses pompes, tiens, on a peut-être été un peu trop pressé. Chaque chose en son temps et le petit doit déjà apprendre à connaître ses nouveaux copains tout en retrouvant les sensations, et malgré une série de six wins et un vrai retour en forme début mars, cette fin de saison précipitée laissera un goût mi-amer mi-logique aux fans des Pacers.

Voilà donc où on en est aujourd’hui. Un joueur calibré All-Star mais qui aura très vite 30 ans, ça rajeunit pas, un joueur qui doit tout reprendre dès le début ou presque et qui entrera la saison prochaine dans la dernière année de son contrat. Au top de sa forme ? Toto vaut évidemment les 21 millions qu’il touchera l’année prochaine. Encore faut-il remettre le bleu et le jaune de chauffe, et l’été 2021 sera sans doute le plus important de la carrière de notre Oladipal national. Franchise player ? Dans une équipe qui joue autre chose qu’un exploit au premier tour des Playoffs ? Tout est possible vu son talent, mais tout va surtout… tellement vite.

Cliquez pour commenter

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


To Top