Yves Pons
Star de demain

Star de demain made in France – Yves Pons : étudiant en BEP destruction d’arceaux cherche franchise NBA

On a tous quelque chose en nous de Tennessee.

Source image : YouTube/ESPN

Quelques mois avant la cérémonie fatidique de la Draft, TrashTalk vous propose un tour d’horizon des meilleures chances tricolores. Killian, Théo, Joel, Malcolm et encore Killian, ils ne sont pas le palmarès de Pascal le Grand Frère dans le 93, mais bien ceux qui espèrent serrer la pince d’Adam Silver en juin prochain. Oubliés l’emploi fictif de Batum et les 2 points de Frank Ntilikina en 18 minutes de jeu, la cuvée 2020 s’annonce révolutionnaire pour le basket français. Genre ? Révolutionnaire. 

« This is your captain speaking, Yves Pons, welcome on board Air France 035 to Knoxville. Please, sit down, we’re going to touch the sky. »

Yves Pons (Tennessee Volunteers)

L’histoire commence le 7 mai 1999 sur l’île d’Hispaniola, petit bout de terre des Caraïbes plus communément appelé Haiti. Port-au-Prince, capitale de la perle des Antilles, est une ville surpeuplée où vivre ne rime pas avec gros sous, mais loin des Louboutin, Boss et Rolex, le soleil suffit au bonheur. Au milieu d’une forte odeur de poisson mélangée au vacarme habituel des marchés locaux, le petit Yves ouvre les yeux. À l’âge de 4 ans et demi, il est adopté par Babeth et Jean-Claude Pons qui l’emmèneront avec eux résider en France métropolitaine. Primo, le couple français peut être fier de l’éducation donnée à l’introverti Yves, respectueux, rigoureux et travailleur sans écarts de comportement à son actif. Segundo, on aimerait bien connaître les composants du biberon que faisait Babeth tous les matins, sorcière. En effet, les camarades de classe du Haïtien sont subjugués par la dimension physique de leur collègue et lui conseillent de se mettre au basket, un sport dont l’adolescent ignore pratiquement l’existence. Sur une inspiration digne des plus grandes mamans de ce monde, Babeth paie à Yves sa première licence à l’AIL Fuveau Basket, club de la banlieue marseillaise. Les samedis se suivent et se ressemblent pour Jean-Claude qui observe son fils en contre-attaque avec trois poussins larmoyants accrochés au short. Après quelques cartons avec les minimes France de l’Union Aix en Provence-Venelles, l’INSEP contacte Yves qui s’est pris de passion pour le basket et ne jure que par la balle orange. Boum, le prospect fait ses valises pour la ville lumière où Boris Diaw, Evan Fournier, Nicolas Batum et Tony Parker sont passés avant lui.

Que faisiez vous à 13 ans ? À titre personnel, je retournais mes caleçons pour passer un mois de vacances avec 15 jours de linge, malin. Yves Pons, lui, dunkait d’ores et déjà sur les paniers adultes avant de rentrer à l’INSEP, une prouesse donnée à une trentaine de basketteurs sur la planète, grand max. Intégrer le plus prestigieux établissement sportif de France avec un an d’avance est réservé aux grands, et la pression sur les épaules du jeune Haïtien est sans précédent. Chaque belle histoire a sa part d’ombre et la formation de l’ailier à l’Institut National n’est pas sans embûches : des blessures à répétition et la frustration de rester muet avec un tel talent. En trois saisons, il ne disputera que quatorze rencontres avec le CFBB pour des statistiques anecdotiques, mais à l’ombre de toutes caméras, le travail paie pour Yves. À l’été 2016, le gamin est appelé avec l’Équipe de France U17 pour le Mondial en Espagne, une campagne très productive pour l’ailier qui envoie 10,1 points, 4,1 rebonds et 1 passe à 54% au tir dont 29% du parking. En prime, deux ÉNORMES posters restés gravés dans l’histoire d’un tournoi pourtant réservé aux jeunes… Le monstre est lancé et les offres d’universités ricaines pleuvent au domicile des Pons.

Quitter l’Hexagone n’est jamais aisé pour un adolescent, mais à 18 ans, Yves est un adulte qui ne laisse pas de grosses saisons derrière lui. Le meilleur est à venir pour les Pons qui parcourent le pays de l’Oncle Sam, visitant les installations des facs prétendantes du prospect. Si Texas Tech et Florida sont citées, c’est vers Tennessee que le choix de la famille va se porter : une université structurée avec un beau palmarès de joueurs NBA (Tobias Harris, Allan Houston, Bernard King…). La saison 2017-18 débute pour les Volunteers et Yves joue 24 rencontres pour seulement 5 minutes de moyenne sur le parquet, une campagne à l’issue de laquelle aucun joueur de Tennessee ne sera drafté en NBA : mauvaise cuvée. L’exercice 2018-19 est meilleur pour le Français qui joue 35 matchs dont 13 en tant que starter et 12 minutes de moyenne. S’il peine encore offensivement (2,2 points), il est considéré comme l’un des meilleurs défenseurs du pays et de sa génération grâce à son envergure de folie (plus de 2m13). De plus, trois joueurs de Tennessee, Admiral Schofield, Jordan Bone et Grant Williams, sont draftés à l’issue de cette saison : Yves Pons se permet de rêver.  Après un Euro U20 décevant, le Frenchie est attendu au tournant pour sa troisième année universitaire et répond présent : 11 points, 5,4 rebonds et 1 passe à 49% au tir dont 35% derrière l’arc, une monstruosité de highlights avec quelques jolis pétards déposés sur les têtes d’étudiants qui ne demandent qu’à passer leur CAP. Si l’atmosphère actuelle empêche le correct déroulement de la fin de saison, rien n’effacera les vidéos YouTube où Yves Pons martyrise les arceaux adverses, sauf un éventuel strike pour scènes violentes. Alors où en sommes-nous aujourd’hui ? Excellente question, l’ailier-fort est dans les papiers des scouts NBA compte tenu de ses qualités athlétiques hors-normes et de sa défense hargneuse, mais nous aurions adoré le voir en action pendant la March Madness. Malgré ça, l’éclosion est tardive et Yves devra encore se battre pour se frayer une place dans la Grande Ligue qui pour l’instant, est compromise.

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It’s Marchmadness anything’s possible 😈

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Jouer cette saison est la meilleure chose qui pouvait arriver au Français : longtemps considéré comme une bête physique « sans plus », Yves a travaillé ses fondamentaux et transformé l’athlète en basketteur. Un freak demande du temps pour évoluer et compléter sa palette offensive, Pons n’échappe pas à la règle. Si la situation actuelle et la suspension de la saison peuvent le décevoir, le joueur de Tennessee n’a jamais rien lâché, comme à l’INSEP où il aurait pu tout arrêter suite à ses blessures répétitives notamment aux ménisques, mais sa rigueur de travail le rattrape toujours. Passé en poste 4 lors de son arrivée aux States, il mesure 1m98 pour plus de 100 kilos et compense sa petite taille par son explosivité. Il est calme, posé, sérieux, appliqué mais ne manque pas de fougue car si rares sont les sourires qui se dessinent sur son visage, ce n’est pas par manque de caractère. Level-up à l’ombre de toute médiatisation est une qualité que trop peu de sportifs possèdent, certains préférant tailler leur entraîneur sur périscope ou siroter un punch à Ibiza en pleine saison. Le parcours habituel d’un Français qui prétend à la NBA est fait d’EuroLeague, de Jordan Brand Classic et de camps Adidas Next-Gen. Pendant trois ans, Yves s’est mué en ermite consacré au travail et à refaire surface quand l’occasion se présentera : rien n’a été précipité et rien n’est laissé au hasard. Le plus dur est fait mais le plus important reste à faire, une chose est sûre : Port-au-Prince a son nouveau roi. 

Mocks Draft 

The Athletic annonce Yves Pons en 74ème position de la cuvée 2020 à 14 places de l’ultime récompense : keep working.

TrashTalk annonce Yves Pons en septième position de la Draft 2020, nique.

Grosse dose de testostérone contrastée avec une rare discrétion, le profil du jeune Français n’est pas commun ! Si ce n’est pas cette année, il pourra toujours tenter d’intégrer la ligue l’an prochain après une saison en tant que senior. TrashTalk lui souhaite bonne route et continue de suivre ses exploits de près, en attendant le « BLOCK BY PONS » en Match 7 des Finals. 

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