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Kyrie Irving a perdu, mais Kyrie Irving a été sublime : 50 points, record all-time pour des débuts dans une nouvelle team

Signe d’un futur qui s’annonce radieux ou simple coup de chaud dans un contexte unique ? Difficile à dire. Mais on sait déjà ceci. Kyrie Irving a mis tout Brooklyn dans sa poche dès son premier match, en réalisant une partition historique.

Il suffisait de voir sa tête, en toute fin de rencontre, une fois le buzzer final sonné, pour comprendre les émotions qui le traversaient en lui à ce moment précis. Ce mercredi avait rassemblé tellement d’éléments que, tout naturellement, Kyrie aurait pu craquer et on aurait pas dit grand chose. Car avant même que le match face aux Wolves ne commence, Irving prenait le micro au milieu du terrain et ça sentait les oignons à plein nez. Woops, c’est assez inattendu mais le All-Star a la gorge nouée, il faut vite jouer. On se dit alors que Kyrie va faire de son mieux pour mener les siens jusqu’à la victoire, mais qu’il n’y a pas non plus de quoi en faire une tarte au concombre. Et bien tarte au concombre il y aura eu, limite de quoi en faire une boutique dédiée. Dès l’entame de la rencontre, Irving va régaler les fans venus s’amasser au Barclay’s Center, par son aisance balle en main et son bon rythme immédiat. De la distribution pour les copains qui coupent en backdoor, des lay-ups dont lui seul a le secret, le meneur se permet même de charrier Towns, Covington et Teague lorsqu’il termine au-dessus d’eux, en les pointant du doigt un par un. Le parquet des Nets est beau, la lumière parfaite, le maillot de Kyrie avec le 11 floqué et cette douceur balle en main, tout est nickel. Enfin, tout… L’ami Irving est bien seul, dans une première période qui va voir Minnesota dérouler sur les hôtes. Les Wolves, qui proposent un jeu léché, patient, en faisant tourner le ballon et en comptant sur leurs cadres, font le job. Quand Karl-Anthony ne bombarde pas derrière l’arc, c’est Andrew Wiggins qui choisit mieux ses tirs, c’est Robert Covington qui sanctionne à distance, ou bien le duo Layman-Okogie qui apporte toute son énergie en sortie de banc. Les visiteurs sont bien, les visiteurs tiennent bon. Même un shoot miraculeux de Spencer Dinwiddie ne fait pas tomber l’équipe dirigée par Ryan Saunders, proposant des séquences vraiment intéressantes en attaque malgré le cirque médiatique évident imposé par la performance de Irving.

Car c’est bien cela, même dans une défaite au final, qui va marquer les esprits. Kyrie n’a pas prévu de se calmer, et il ne se calmera pas du tout. En aidant les siens à recoller au score puis prendre l’avantage en deuxième période, le All-Star entre dans sa zone préférée, celle où il devient tout simplement intenable et à la fois trop beau à regarder jouer. Les gri-gris sont époustouflants, Graham prend une sauce mémorable en isolation et les commentateurs des Nets ne savent plus quoi dire hormis hurler. Kevin Durant, en costard sur le bord du terrain, apprécie lui aussi le show en étant abasourdi par les moves de son nouveau meneur. On passe de 37 à 40 puis 45 et bientôt 50 points pour Irving, entre la fin du temps réglementaire et la prolongation qui suit. Les regrets ? Ils sont au nombre de trois, en surface. Avoir servi Jarrett Allen pour la gagne, quand le pivot va se vautrer et nous envoyer deux briques aux lancers alors qu’il y a égalité. Dans l’idée pourquoi pas, mais quand t’es l’homme le plus chaud de la région, tu dégaines. Avoir perdu, évidemment, quand on se refait la soirée entière et qu’on se met à la place d’Irving. Et enfin, cette toute dernière action, celle en isolation face à Josh Okogie, qui va nous montrer encore une fois quel pitbull il peut être sur l’homme. Le script est trop beau pour être vrai, 50 pions et la possession de la victoire à domicile au buzzer ? Kyrie va perdre l’équilibre, envoyer une quiche au buzzer, puis s’incliner, allongé sur son parquet. Il y avait un scénario encore plus beau à dispo, il n’a malheureusement pas été validé. Mais entouré par ses coéquipiers et acclamé par son public, Irving a répondu présent pour son premier match à domicile. Eh, 50 points, le plus grand total de points all-time pour un joueur évoluant dans sa nouvelle franchise. C’est peu-être anecdotique, mais ça aura eu le mérite d’envoyer un message aux habitants de Brooklyn et au staff des Nets, pour la saison à venir. En face, les Wolves auront été séduisants de solidité, Wiggins terminant le travail comme un grand pendant que Saunders faisait les rotations nécessaires en fin de match. Et Towns, dans sa discrétion habituelle, aura fait le job attendu chez un des pivots les plus doués au monde (36-14-3-3-3).

Minnesota a fait fort, Minnesota est reparti avec la victoire. Mais Kyrie Irving, étonnamment, est reparti avec la plupart des lauriers. Car en ayant offert un show mémorable, le nouveau meneur des Nets a démarré sa nouvelle campagne, celle qui consiste à nettoyer son image tout en remportant un maximum de matchs avec le sourire et en équipe. Allez, ça va venir.

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