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Bilan de la saison 2019, version Sixers : des cris, des rires, et à la fin des grosses larmes, non, ce n’est pas du Xavier Dolan

Jimmy Butler Sixers

Pour la lune de miel, on attendra encore un peu.

Source : montage pour TrashTalk par Léonce Barbezieux

Trust the Process. Le célèbre credo des Sixers est-il toujours d’actualité, ou faut-il désormais commencer à exiger davantage de ce groupe de Philly ? Plus ça va, plus les attentes sont hautes, et cette saison, il s’agissait d’un statut de cador de la Conf’ Est pas toujours facile à assumer. Et surtout, avec comme apothéose, une grosse épée en plein cœur…

CE QUE TRASHTALK AVAIT ANNONCÉ 

« Jusqu’où peut aller cette équipe ? », voilà la problématique que l’on présentait en préambule de cette saison. Oui, parce que le talent était là, de base, ça personne n’en doutait. Mais on parlait aussi d’un groupe tout jeune, et la petite fessée reçue face aux Celtics lors des Playoffs 2018 nous faisait nous demander s’il y avait encore la petite dose d’expérience et de vice nécessaire pour passer le cap dès maintenant. Une demi-finale de Conférence, c’est déjà pas mal en soit, mais on sait que la fenêtre pour atteindre les Finales, voir aller chercher un titre, est souvent mince, du coup, c’est plutôt une bonne idée de ne pas perdre trop de temps. Bon, la postseason, c’est une autre affaire, et avant, il allait falloir gérer la régulière, en prévenant d’entrée les Milwaukee, Raptors et compagnie qui, sur le papier, partaient peut-être avec une petite longueur d’avance. Le top 2 semblait un objectif clairement à la portée des hommes de Brett Brown, le tout avec des step-up attendus de Jojo Embiid et de Ben Simmons. 56 victoires pour 26 défaites, c’est le bilan que l’on sentait bien avant la début des hostilités, pour le reste, c’était à eux de jouer.

CE QUI S’EST VRAIMENT PASSÉ 

Et bien, on n’était pas très loin. Enfin, au niveau des chiffres, seulement, puisque pour le reste, on était à mille lieux de de s’attendre à ce qui allait se passer en coulisses. Dès le tout début d’exercice, boom, grosse bombe nucléaire qui s’abat sur la Pennsylvanie. Un petit blockbuster trade des familles qui permet aux Sixers de récupérer Jimmy Butler, qui avait pété sa légendaire durite du côté des Wolves, en envoyant Robert Covington et Dario Saric à Minneapolis. Ok, donc on avait déjà affaire à de possibles épouvantails simplement avec Embiid, Simmons et Redick, mais là, on vient d’ajouter un All-Star confirmé dans l’équation. Ça y est, Philly est sur le chemin du… Quoi ?! Ce n’est pas fini ?! Et non, puisque quelques mois plus tard, c’est Tobias Harris, qui était tranquillement en train de claquer une career-season aux Clippers qui pose ses valises en ville. Vous l’avez compris, on a fait un gros all-in cette année, et l’objectif était clairement assumé : les Finales. Le truc, c’est que malgré ce starpower ajouté, cette escouade connaîtra ses petites phases d’irrégularité ainsi que des problèmes d’alchimie. On se rappelle notamment des rumeurs citant un début de cohabitation un peu tendax entre Jojo et Jimmy Buckets, débouchant sur des décla’ du Camerounais affirmant qu’il ne savait pas trop comment adapter son jeu. Grosse inflation sur les ticket-shoots cette année dans la ville de l’amour fraternel, un embarras du choix dont on ne peut pas vraiment se plaindre, surtout quand on voit toutes les fois où Butler a de nouveau posé ses cojones sur la table pour débloquer des situations compliquées. Reste que, comme déjà dit, l’osmose n’était pas parfaite, ce qui valu tout d’abord un bilan de 51 victoires et 31 défaites un peu en-dessous de ce qu’on avait espéré, avec quelques fragilités entrevues ci et là. Qu’à cela ne tienne, la saison commence véritablement en avril, et c’est lors de la postseason qu’il allait de toute façon falloir se retrousser les manches pour de bon. Avec un effectif pléthorique, et un Embiid XXXL tout au long de la campagne, on pouvait légitimement s’attendre à du lourd. Une fois les Nets giflés au premier tour, les choses sérieuses commençaient. Alors, step-up ou pas ? Oui et non, et finalement, ça ce sera joué à quatre foutus rebonds après un buzzer-beater d’anthologie de Monsieur Kawhi Leonard. Encore un stop en demi-finale de Conférence, sauf que cette fois, c’est avec la cruauté d’un tir assassin dans les dernières secondes d’un Game 7. La saison se boucle sur de la poésie dramatique, les chaudes larmes de Joel Embiid. Et oui, le Process, c’est d’abord tout apprendre, même à pleurer. La prochaine leçon, ce sera de savoir revenir le torse bombé.

L’IMAGE DE LA SAISON

Joel Embiid

On vient de vous en parler, et c’est une image qui pourrait s’inscrire dans la légende des Playoffs d’ici peu. L’émotion made in NBA à son paroxysme.

ON NE L’ATTENDAIT PAS (ICI) ET IL A CARTONNÉ : JIMMY BUTLER

Pas mal celle là, hein ? Lorsqu’il a annoncé, avec pertes et fracas, son intention de quitter les Wolves, on savait que n’importe quelle équipe qui allait s’octroyer un Butler avec la tête à l’endroit allait décrocher un sacré lot. Ce qu’on avait pas calculé, c’est qu’il allait se retrouver dans une team ayant déjà son franchise player dominant, et un autre jeune All-Star en puissance à la mène. Aucun souci, le chien fou en a vu d’autres, et il apporta à ce collectif exactement ce qu’on était en droit d’attendre de lui. 18,1 points, 5,3 rebonds et 4 passes, le tout à 44% au shoot et pratiquement 40% à trois points, soit un secteur dans lequel les Sixers avaient bien besoin d’un peu de renfort. Sa mixtape habituelle, mais surtout, accompagnée d’une combativité et d’un sens du leadership qui ne se quantifient pas par les stats’, mais qui sont toujours tellement précieux. Ce n’était pas gagné, mais Jimmy Buckets a réussi avec brio à alterner les moments un peu en retrait, type travailleur de l’ombre, et les gros coups de chaud en mode « c’est qui le patron ?! », notamment lors de joutes de postseason. Récemment, l’ailier, free-agent cet été, a déclaré qu’il ne se faisait pas de souci pour son porte-monnaie, et qu’il était confiant au sujet de l’obtention d’un contrat max. Philly est prévenu, il va falloir allonger les gros millions, mais derrière, on peut s’attendre à un retour sur investissement.

ON L’ATTENDAIT AU TAQUET, IL A ABUSÉ : MARKELLE FULTZ

Tiens, vous aussi vous aviez oublié que Markelle avait été un joueur de Philadelphie cette saison ? Après une saison rookie plus que décevante, le jeunot revenait avec des intentions toute autre, et l’objectif de fermer le clapet de ceux le qualifiant déjà de bust intersidéral. A la base, on attendait une association avec Ben Simmons pour animer le backcourt de l’équipe, sauf que finalement, ça ne l’a pas fait, mais alors pas du tout. Faut dire que, déjà, sur le papier, Fultz n’est pas vraiment le complément idéal pour le grand Australien, et si on y ajoute une crispation évidente lors de ses passages sur le paquet, ça donne quinze petites apparitions et puis s’en va, direction Orlando. Diagnostiqué avec un syndrome du défilé thoracobrachial, donc quelque chose de bien sérieux, il faudra d’abord penser à la santé, c’est bien là le plus important. Pour le reste, si aucune date de retour n’a été annoncée, c’est réellement une situation de quitte ou double pour le meneur. Annoncé comme un petit prodige à sa sortie de la fac, il devrait disposer de toute la confiance nécessaire pour le mettre à l’aise au Magic, où il se devra d’accomplir tout ce qu’il a laissé inachevé à Philly. Là, il est question d’accomplir sa destinée, pour éviter de finir comme une vulgaire réponse à la question de Trivial Pursuit « Qui fut le premier choix de la Draft en 2017 ? ».

LA VIDÉO DE LA SAISON

On aurait aussi pu mettre le fameux tir de Kawhi Leonard mais on a eu peur que les fans des Sixers jettent leur écran par la fenêtre. Des fois cela sourit dans un sens, parfois dans l’autre, c’est le basket et il ne faut jamais que ça change.

CE QUI VA BIENTÔT SE PASSER

On n’aura pas attendu pour avoir les premières sueurs du côté des Sixers, puisqu’avant même l’élimination face à Toronto, des rumeurs ont fait surface concernant une éviction à venir de Brett Brown en cas de nouvel échec en demi. Depuis, bien que la déception n’ait pu être évitée, le coach Australien fut confirmé dans sa position, déjà un tracas en moins, même si on n’est jamais à l’abris de rebondissements dans cette Ligue. Niveau effectif, là par contre ça risque bel et bien de swinger, avec donc Jimmy Butler, mais aussi Tobias Harris qui seront agents-libres. Les conserver tout les deux est une éventualité très alléchante, mais reste à savoir à quel prix, et on ne s’avance sans doute pas trop en disant que ça coûtera très, très cher. Pas certain que Philadelphie puisse, et même veuille se le permettre, surtout qu’il faut aussi que les intéressées aient été conquis par le cadre proposé en seulement quelques mois. Vous avez capté, l’un des deux gus pourrait très possiblement aller choper des gros sous ailleurs, à moins que… Le projet est alléchant, avec des jeunes cadres qui vont revenir les crocs qui rayent les planches, et, quoi qu’il arrive, on ne sera pas en crise de talent. Pour ce qui est des résultats, par contre, plus question de passer pour les gamins surdoués mais encore trop tendres… Il  ne reste plus beaucoup de marches à gravir, mais manque de pot, il s’agit des plus hautes.

Le Process, ça va un moment, mais dès l’an prochain, il va falloir sérieusement taper dedans, avec un gros push pour les Finales en prévision. A part deux, trois certitudes, un peu compliqué de savoir exactement par quel chemin ça passera, mais tant que ça mène au gros trophée doré, on s’en fout un peu, non ?

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