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Bilan de la saison 2019, version Nets : les Playoffs ont fait leur retour à New York, mais de l’autre côté du pont de Brooklyn

nets d'angelo russell

Empire State of Ice.

Source image : NBA League Pass

Peu de monde s’y attendait, mais les Playoffs ont fait leur retour à Brooklyn quatre ans après la dernière qualification des Nets. Avant la saison, on maudissait encore ce trade kamikaze tenté par Mikhail Prokhorov en 2013 mais, finalement, ça aura été sans gros free-agent et sans tour de Draft que les Nets se sont refaits. Retour sur la plus grosse gifle de la saison.

CE QUE TRASHTALK AVAIT ANNONCÉ : 

Qu’on se le dise, sur le papier, cette équipe de Brooklyn était loin de constituer un candidat sérieux pour les Playoffs, même au sein de la Conférence Est. Certes, Sean Marks et Kenny Atkinson continuaient doucement mais sûrement leur projet de maçons de l’extrême, mais ça semblait encore bien, bien trop juste pour espérer autre chose que les bas fonds. Niveau arrivées, c’était difficile de voir en quoi Kenneth Faried ou Ed Davis pouvaient constituer un vrai saut de qualité permettant de passer un cap dans le rebuild. On se disait que Brooklyn n’attirait pas et qu’il faudrait continuer en mode système D pendant un moment, se contenter des pièces défectueuses et des restes avant de pouvoir retrouver des tours de Draft, enfin. De façon assez logique, nous avions pronostiqué un bilan final de 29 victoires pour 53 défaites, et on n’avait donc pas vu venir les Nets qui giflent toute notion de logique lors de cette saison 2018-19.

CE QU’IL S’EST VRAIMENT PASSÉ : 

Alors là… Donc vous êtes en train de nous dire que les Nets se sont transformés en équipe de postseason avec un roster constitué de jeunes pouces, de tricards et de role-players ? Tiens, juste pour le fun, faisons un petit retour sur le cinq majeur lors du tout premier match de la régulière : D’Angelo Russell – Caris LeVert – Joe Harris – Jared Dudley – Jarrett Allen. Ça ne ressemble pas à du basket champagne, et pourtant ça l’est, donc qu’est-ce qu’on a là ? Un meneur All-Star, un des arrières les plus prometteurs de l’Est, l’une des meilleures gâchettes du pays, le tube du printemps 2019 et un jeune contreur fou. Non non, on ne se trompe pas de franchise, c’est bien des Nets dont on parle, et outre les héros présents sur les planches chaque soir, il faut surtout saluer le travail monstre abattu par le combo head coach/GM depuis presque trois saisons. Marks et Atkinson sont pourtant arrivés dans la situation la plus dégueulasse possible, héritant d’une équipe en perdition sans aucun tour de Draft en vue dans un futur proche. No panic, les first round picks, c’est surcoté visiblement, puisque les deux magiciens n’ont eu besoin que d’une troupe de gus revanchards voulant prouver qu’ils avaient leur place dans la Ligue, et pas n’importe quelle place. C’était bien sympa d’afficher un bel état d’esprit et de développer un jeu léché, mais à Brooklyn, on avait d’autres objectifs en tête que d’être les gentils losers de la NBA. Et boum, six mois et un bilan de 42 – 40 plus tard, les Nets, sixièmes à l’Est, retrouvent la postseason pour la première fois depuis 2015, une petite pige donc, et ont au passage été le gros coup de cœur de à peu près tout le monde. Et bah, Kevin Garnett n’est plus là depuis un bail, mais effectivement, « Anything is possible ». Le taf était déjà largement réalisé, et ce qui venait après n’était que du bonus. Enfin, c’est ce qu’on aurait pu se dire, sauf que ces daleux ont crânement joué leur chance contre les Sixers et ne se sont pas gênés pour aller prendre le Game 1, nous offrant au passage une bien belle série. Si la logique fut finalement respectée, on gardera longtemps en tête cette version des Nets qui a valeureusement représenté Big Apple. Heureusement qu’ils sont là, eux…

L’IMAGE DE LA SAISON :

russell

On a vu pas mal de ça cette année au Barclays Center. Ice, baby, ice.

ON NE L’ATTENDAIT PAS ET IL A CARTONNÉ : JOE HARRIS

C’est vrai, D’Angelo Russell a sorti une saison excellente qui lui valut, de façon amplement méritée, sa première sélection au All-Star Game. Le truc, c’est qu’on savait que l’ancien Laker avait un gros potentiel, et qu’il arrivait avec les dents qui raillent le parquet après s’être fait jeter comme le dernier des malpropres de Los Angeles. Les candidats étaient légion dans cette catégorie, mais on s’est finalement tourné vers la meilleure gâchette NBA de la saison. Non non, il ne joue pas aux Warriors ou aux Rockets, mais bien à Brooklyn. A 27 ans, non seulement Joe Harris vient de sortir la meilleure campagne de sa carrière, mais il en a bouclé une tout simplement all-time en termes d’adresse à trois points. 47,4% du parking, ça vous dit quelque chose ? Pour un peu de contexte, il s’agit d’un record dans l’histoire de sa franchise, mais aussi du quatrième meilleur pourcentage parmi tous les joueurs en activité, et le onzième plus élevé de tous les temps. Ah, et petite douceur en plus, il a remporté le concours à trois points lors du All-Star Weekend. Si vous cherchiez le plus gros sniper de la Ligue, ne cherchez pas plus loin. Curry c’est une sauce, c’est tout hein. 

ON L’ATTENDAIT AU TAQUET ET IL A ABUSÉ : DEMARRE CARROLL

Honnêtement, ce n’est pas simple de dégager un flop d’un groupe qui de façon générale a éclaté toutes les attentes placées en lui. Mais quand on cherche, on trouve, et DeMarre Carroll vient de boucler un exercice tristement neutre, décevant pour un joueur qui était censé apporter l’expérience au plus haut niveau qui se fait rare dans ce roster. A l’arrivée, si on le pressentait pour glaner une place de starter au poste 4, il ne débuta que huit petits matchs en régulière, pour à peine plus de 25 minutes de jeu et des pourcentages au tir en assez nette baisse. Mais là ou le bât blesse vraiment, c’est son apport lors des Playoffs. Alors qu’il arrivait en terrain connu, de par ses passages dans des équipes contenders à l’Est comme Toronto ou Atlanta, Carroll a tout simplement bouffé la feuille. 6,6 points, à 23,7% au shoot, dont 29,2% du parking, c’est laid quand même.

LA VIDÉO DE LA SAISON :

Et si on vous avait dit que ce bon vieux Jared Dudley serait l’un des héros des Playoffs, vous auriez dit quoi ce coup-ci ? Pour notre part, on aurait sûrement éclaté de rire ou commencé à bégayer de façon incontrôlable, au choix. Reste que face aux Sixers, le vétéran a encapsulé l’esprit Nets, se battant comme un chien, littéralement, lors de toute la série. Ça nous laisse aussi l’occasion de savourer de nouveau ce Game 4 d’anthologie.

CE QU’IL VA BIENTÔT SE PASSER :

Maintenant, une fois l’euphorie retombée, il sera question de capitaliser sur ce parcours admirable pour concrétiser le processus de reconstruction et mettre derrière une bonne fois pour toutes ce foutu échange avec Boston. On sait que les Nets ont de la marge au niveau de la masse salariale et, New York oblige, peuvent surfer sur un contexte extra-sportif attrayant. Sympa, mais jusqu’ici, ce n’était pas suffisant, tant la franchise paraissait dans un bourbier monstrueux. Sauf que, comme vous vous en doutez, la donne a complètement changé désormais, et Brooklyn sera en mesure de présenter un projet sportif sexy, et on a déjà annoncé la couleur du côté du board : on sera agressif sur le marché des free-agents afin d’attirer des assets qui renforceraient l’équipe. On ne pense pas que Sean Marks et compagnie aient pour projet de tout chambouler, car après tout, il n’y en a pas forcément besoin. Simplement, une ou deux grosses additions à l’intersaison, et derrière, ça peut aller très vite, surtout quand on mate la liste des futurs agents libres…

A n’en pas douter, on va essayer d’attirer du lourd à BKN cet été. Mais, ce qui est encore plus sûr, c’est que les hommes de Kenny Atkinson doivent leur position favorable à leur saison héroïque. Nous, on s’est régalés toute l’année de voir ces Nets jouer, et on sait que l’on n’est pas les seuls. Chapeau bas messieurs.

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