Bulls

Fred Hoiberg ne maîtrisait plus son vestiaire : franchement, on ne l’avait pas vu venir celle-là !

Fred Hoiberg

Quand tu n’as aucun contrôle sur ce qu’il se passe sous tes yeux.

Source image : Youtube

Quelques jours après son licenciement, les langues se délient sur les coulisses des Chicago Bulls sous Fred Hoiberg et… c’était le bordel ! Des joueurs qui ne l’écoutaient, un manque flagrant d’autorité et des airs de mutinerie : l’ancien coach NCAA ne contrôlait plus grand-chose et il était temps de remettre de l’ordre. Mais si, on vous jure, c’est possible !

Quand Fred Hoiberg a pris ses fonctions aux Chicago Bulls, il se ramenait avec une philosophie plus offensive que son prédécesseur Tom Thibodeau mais aussi avec un lot d’inquiétudes sur sa capacité à s’imposer comme un leader d’homme dans un vestiaire NBA. Et ces doutes paraissaient fondés puisqu’au moment de s’en séparer, le front office admettait à demi-mots qu’il fallait retrouver un peu d’autorité au coaching. Mais jusque là, on ne pouvait que s’avancer en supposition et l’on manquait de petites histoires appuyant un ressenti global dans le jeu. Heureusement, comme à chaque fois, un entraîneur se fait virer et toutes les casseroles du vestiaire le suivent au fur et à mesure. Dans un long dossier, Darnell Mayberry de The Athletic fait le tri et nous sort les pépites du vestiaire des Chicago Bulls sous Fred Hoiberg. Mais allons voir du côté de Lauri Markkanen, à qui Rick Tarsitano de WGN demandait si le coach avait le contrôle de ses hommes. Serge, magnéto !

« Je pourrais dire que parfois il ne l’avait pas (rires), non ! Les joueurs s’occupent d’eux-mêmes. Nous parlions de différentes choses dans le vestiaire mais je ne pense pas que nous parlions des décisions du coach. »

Comme nous, Lauri est à deux doigts de se taper une grande barre en public. Difficile alors de ne pas imaginer que les joueurs ne discutaient pas entre eux de leur manque de confiance envers le coach. Ce sourire finlandais cache forcément certains événements, et l’on n’a pas à creuser très longtemps dans le papier de Darnell Mayberry pour y trouver ce que l’on attendait. Et là, c’est festival ! Plusieurs épisodes sont rapportés, notamment avec Antonio Blakeney, Jabari Parker et Zach LaVine. Serge, reviens et balance l’extrait !

« De nombreuses sources de la Ligue disent que Fred Hoiberg avait perdu l’équipe, les joueurs ne croyant plus en son système, devenant de plus en plus enclin à rabaisser son autorité. […] Que pouvait se permettre Zach LaVine ? La réponse est tout ce qu’il voulait. Selon une source proche de l’équipe, LaVine avait carte blanche de la part de Fred Hoiberg. En interne, l’inquiétude était que les joueurs se révoltent plus à mesure que la saison avance. »

De ce que l’on avait pu observer sur le terrain, Zach LaVine semblait effectivement faire un peu ce qu’il voulait, notamment dans les fins de match où les systèmes d’Hoiberg ne paraissaient pas être appliqués. Cela dit, c’est aussi cet état d’esprit qui lui a permis de cartonner en ce début de saison avec 24,5 points, 5,2 rebonds et 4,9 assists de moyenne à d’honnêtes pourcentages. Mais il y a des éléments plus graves, des confrontations plus directes. En tout début de saison, contre Philly, Jabari Parker, relégué dans un rôle en sortie de banc, avait mis à peu près trois-quarts d’heure à rentrer sur le parquet, faisant patienter quelques instants tout le Wells Fargo Center. Et les seconds appels de Fred Hoiberg n’y changeaient rien si ce n’est faire ralentir encore l’ancien des Bucks. Une manière subtile et douce de dire « Je fais ce que je veux ». Pourtant, aucune sanction notable à la suite de cette affaire. Plus folklorique encore, l’accrochage avec Antonio Blakeney. Oui, même Antonio Blakeney pouvait se permettre des choses avec l’ancien coach des Bulls. La légende raconte que sous Fred Hoiberg, même un Danny Green aurait pu devenir une grande gueule… Bref. À l’occasion d’un match à Milwaukee, le meneur est appelé à sortir et, visiblement pas tout à fait d’accord avec la décision, lâche un « Why the fuck are you taking me out? » se passant de traduction avant de retourner s’asseoir sur le banc. Là encore, il est très rapidement réintégré à l’effectif sans trop de problème, si ce n’est celui de se faire passer devant dans la rotation par Cameron Payne. Ce qui, ceci dit, est une des pires insultes que l’on puisse faire à un basketteur.

Maintenant que Fred Hoiberg est (enfin !) parti, on pouvait penser que ce joyeux bordel en interne était définitivement derrière Chicago. Mais depuis quelques années, les Bulls ont élevé le cafouillage au sein de la franchise au rang de tradition. Et la tradition, ça se respecte. Ainsi, Jim Boylen, en arrivant à son poste de head coach, avait demandé à Randy Brown, un assistant coach installé depuis 2005, d’accepter un rôle moins important dans l’organigramme de la franchise. Réponse de l’intéressé ? Bam ! C’était une porte qui claque… On fait avec ce qu’on a niveau effet sonore ! En tout cas, Randy Brown s’est barré, et Jim Boylen s’est dit « déçu qu’il ne soit plus avec [eux] » avant d’insister sur la nécessité d’aller de l’avant : « Le train est en marche alors il faut y aller ». L’image est belle Jim, mais attention de ne pas dérailler au prochain tournant…

La saison des Bulls avec Fred Hoiberg aura été plus animée dans les coulisses que sur les parquets. Et au final, c’est aussi un peu cela qui l’aura fait tomber petit à petit : les joueurs respectent bien plus un coach qui les mène à la victoire. Ajoutez cela à un naturel loin d’être autoritaire et son départ semblait inévitable. Désormais et après un peu de ménage, Jim Boylen doit reprendre le contrôle d’un vestiaire jeune et talentueux, non pas pour gagner des matchs, mais au moins pour pouvoir le développer dans de bonnes conditions. 

Source texte : The Athletic, Real GM, Rick Tarsitano Twitter

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