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Mikal Bridges, le rookie qui peut tout surmonter : focus sur le nouveau joyau des Suns, déjà comme chez lui à Phoenix

mikal bridges

Rien ne peut m’atteindre.

Source image : Youtube

Rien n’est jamais acquis. Cette phrase, si évidente en surface mais si piégeuse, Mikal Bridges a dû en faire son mantra. Une petite phrase qu’il se lit chaque soir avant de dormir pour se donner la force de surmonter la prochaine épreuve. Retour sur le parcours atypique d’un joueur, fait de très hauts et de très bas.

Mikal Bridges voit le jour le 30 août 1996 à Philadelphie, il grandit dans la capitale de la Pennsylvanie en développant sa passion pour son sport préféré, le basket, et pour son équipe de cœur : les Sixers. Son rêve est assimilable à celui de milliers de gamins du coin : de fan à joueur il n’y a qu’un pas et son talent de basketteur peut lui permettre de franchir ce fossé. C’est ainsi qu’après son lycée, il choisit Villanova, de par la richesse de son cursus et du fait de la proximité avec Philadelphie, sa ville.

Ces quatre saisons chez les Wildcats ont fait de Bridges le joueur qu’il est aujourd’hui et il est important d’en parler longuement. Oui, vous avez bien lu, c’est bien quatre saisons universitaires et non trois comme indiqué dans la plupart des previews de draft. La raison est toute simple : le joueur détient le statut de « redshirt« , c’est-à-dire qu’il a connu une saison avec l’équipe qui n’est pas comptabilisée dans ses stats pour la simple et bonne raison qu’il n’a pas joué un seul match avec Villanova, lors de la saison 2014-15. Il était donc considéré comme un freshman lors de sa deuxième année sur le campus, un peu à la manière d’un Ben Simmons en NBA. A la différence que Bridges n’a connu aucune blessure, il n’était tout simplement pas prêt physiquement pour le légendaire coach des Wildcats, Jay Wright. Il a donc passé une saison entière à s’entraîner, se renforcer, analyser de la vidéo, encourager ses coéquipiers sans jamais mettre un pied sur le parquet en match officiel. Le genre d’épreuve qui est particulièrement dur pour un gamin qui ne demande qu’à jouer.

« Cela a été l’une des années les plus dures de ma vie, j’en ai vraiment souffert toute l’année. »

Parmi ses coéquipiers de l’époque, Josh Hart, le sophomore des Lakers, s’était dit impressionné en 2016 par la ténacité de son coéquipier qui avait dû prendre son mal en patience une année entière avant de pouvoir rejoindre ses coéquipiers sur le terrain.

« Je ne sais pas comment il fait pour rester aussi serein face à cette situation, personnellement je ne suis pas sûr que j’aurais pu le faire. »

Il intègre donc officiellement le roster des Wildcats à l’aube de la saison 2015-16 en tant que joueur du banc. Il participe activement à la conquête du titre de Villanova en se montrant tranchant à chacune de ses apparitions. Son coach loue déjà ses qualités défensives et son shoot fiable mais le meilleur reste à venir. La saison suivante lui permet de gagner en temps de jeu et en responsabilité : il passe de simple remplaçant à titulaire du fait des blessures et de ses bonnes performances avant d’exploser définitivement pour son année junior atteignant les 18 points, 5 rebonds le tout en shootant à 51% dont 43% à 3-points. Le joueur ajoute un nouveau titre universitaire à son palmarès, glanant au passage le titre de meilleur ailier de la saison. C’est ainsi qu’après quatre ans à Villanova, il décide de tenter sa chance dans la Grande Ligue.

Il est sélectionné pour être présent dans la Green Room, la salle des lottery picks, et on s’attend à le voir entre la huitième et la douzième place. Et ça tombe bien puisque Philadelphie, sa ville natale, la franchise de son enfance, doit choisir au dixième rang et cela n’est évidemment pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Il accomplit un superbe workout avec les Sixers, salué par le vice-président de la franchise en personne. Le fit semble parfait pour les deux parties : le joueur est un ailier moderne, un 3 and D, double champion universitaire et il est originaire de Pennsylvanie, de quoi devenir le chouchou du Wells Fargo Center. Comme si cela ne suffisait pas, sa mère travaille aux Ressources Humaines pour la franchise et il semble évident que le joueur rejoindra l’effectif de Brett Brown. Les Mock drafts se suivent et se ressemblent, Bridges ne sort jamais de la dixième place, même Woj annonce le jour J qu’il n’y a aucun doute, l’ailier sera un Sixers. Et boum ! « With the tenth pick of the NBA Draft, the Philadelphia Seventy Sixers select… Mikal Bridges from Villanova University » !

L’histoire était écrite, celle d’un joueur qui accomplit le rêve de sa vie et qui va pouvoir être l’un des rares à jouer pour son équipe natale dès sa draft à la manière d’un LeBron James ou d’un Derrick Rose. Sa mère, émue, parle presque plus que le joueur lui-même durant l’interview qui suit la poignée de mains avec Adam Silver. Il est ensuite interrogé longuement par les différents médias sur sa fierté d’être un Sixer, et on se dit alors qu’il s’agira de l’une des belles histoires de cette saison. Ce serait mal connaître la règle d’or de la NBA, business is business, et Philadelphie n’a pas pu résister à l’offre des Suns : le seizième choix de la draft est pour eux ainsi qu’un premier tour non protégé du Heat pour 2021 et Mikal Bridges part en Arizona. Le temps de changer de casquette et voilà le joueur qui doit adapter son discours et préparer une saison bien loin de chez lui, pour la première fois de sa vie.

Il débarque donc aux Suns, dans un effectif jeune où il découvre pour la première fois les défaites, après quatre années de succès chez les Wildcats. Sa pré-saison a été gâchée par une vilaine blessure au coude mais le joueur ne s’en fait pas, les contrariétés il connaît. Il présente à l’heure actuelle le meilleur différentiel plus/moins parmi les rookies au bout de 20 matchs et son coach est déjà conquis.

« J’adore son sang-froid, on le considère comme un vétéran-rookie ».

Passé du rêve de succès sur ses terres aux dernières places à l’autre bout du pays, Mikal Bridges sait que la chance ne lui a pas souri mais il ne s’en fait pas, entre Philly et Phoenix, « il n’y a que le temps qui est différent ». Son talent, lui, est immuable.

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