Société

Donald Trump fout même le bordel en NBA : joueurs visés, franchises inquiètes, what’s next ?

Donald Trump
Source image : Twitter

L’actualité sportive fût particulièrement chargée ce weekend, mais celle en politique américaine l’était tout autant. Avec un décret controversé signé par Donald Trump et interdisant l’entrée au pays aux ressortissants de sept pays jugés dangereux, la NBA a été affectée et deux de ses joueurs en premier.

Luol Deng d’un côté, Thon Maker de l’autre. Pas le même âge ni la même équipe, mais un point qui les rassemble, leur naissance au Soudan. Ou plutôt, comme le référendum de 2011 l’a souligné, le Soudan du Sud. Après avoir parcouru des chemins tumultueux dans leur carrière et réussi à intégrer la NBA, les deux hommes pensaient avoir fait le plus dur, déjouant les pronostics en devenant des modèles de réussite. Cependant, le nouveau président américain a sérieusement compliqué leur perspective des mois à venir. En effet, même si Maker a un double-passeport (soudanais et australien) tout comme Deng (soudanais et anglais), la mesure anti-immigration de Trump les concerne directement et cela s’est confirmé ce weekend. Avec des Bucks en déplacement à Toronto ce vendredi, les hommes de Jason Kidd devaient techniquement quitter le pays pour jouer un match en terre canadienne. Rien d’anormal jusque là, Bucks et Raptors s’affrontant à quatre reprises sur cette saison régulière. Cependant, le retour a été quelque peu mouvementé pour les joueurs du Wisconsin.

Comme évoqué plus haut, le décret imposé par le nouveau président américain stipule que les ressortissants de sept pays jugés dangereux ne pourront entrer sur son territoire, et vous n’allez pas nous croire, le Soudan en fait partie (Iran, Irak, Somalie, Lybie, Syrie, Yémen et donc Soudan). Par conséquent, l’atmosphère était particulièrement tendue après la défaite à Toronto, le management des Bucks ayant peur que Maker ne puisse.. tout simplement pas rentrer aux Etats-Unis. Heureusement, son cas personnel a été réglé sans trop d’encombres, sauf que ce coup de pression du service des douanes et des frontières américaines annonçant que les visas et green cards des personnes concernées étaient désormais révolus a annoncé une suite plutôt inquiétante. Car si le décret n’est pour le moment acté « que » sur une durée de 90 jours et « que » pour sept pays, ces deux points pourraient rapidement changer, plongeant la NBA dans une situation des plus compliquées. Deng et Maker sont deux des nombreux joueurs à venir de pays du monde entier et la Ligue souhaite rester la plus global possible. Mais que pourra-t-elle faire dans le cas où la liste des sept pays double soudainement, et encore plus contraignant dans le cas où les joueurs de confession musulmane sont directement pointés du doigt ? Rondae Hollis-Jefferson, concerné comme d’autres, s’est exprimé avec émotion sur le sujet.

« C’est vraiment dur. Excusez-moi, c’est un sujet sensible… en étant membre de cette communauté et de cette grande famille. Je pense que cela devrait être géré différemment, et je pense que davantage de personnes devraient s’exprimer sur ce sujet car c’est vraiment n’importe quoi au final. »

Des coachs (Gregg Popovich, Steve Kerr) aux managers en passant par les journalistes et évidemment les joueurs, chacun a donné son avis quand la question a été posée mais le problème reste le même. Comment faire pour la NBA, si les directives deviennent de plus en plus discriminatoires sous Donald Trump ? Face au racisme de Donald Sterling, c’est Adam Silver qui était monté au créneau en bannissant l’ex-proprio des Clippers à vie, sauf que le cadre les unissant était professionnel. Face aux nouvelles législations de Caroline du Nord, c’est encore une fois le patron de la Ligue qui avait bombé le torse en déménageant son All-Star Game à New Orleans, sauf qu’il s’agissait d’une modification spontanée et exceptionnelle. Si la NBA doit affronter des mesures jugées anti-immigrations mais concrètement anti-musulmanes, elle devra serrer la ceinture car plusieurs joueurs pourraient vite se retrouver dans le viseur de la politique de Trump. Al-Farouq Aminu, Omer Asik, Guorgui Dieng, Kenneth Faried, Ersan Ilyasova, Enes Kanter, Salah Mejri, Jusuf Nurkic, Dennis Schröder, Mirza Teletovic et Dion Waiters pour ne citer qu’eux, des pratiquants parfaitement intégrés dans leur pays mais dont la confession poserait… problème. Triste à dire, triste à écrire, mais voilà aussi la situation dans laquelle les Etats-Unis se retrouvent aujourd’hui, politiquement parlant.

Très actif dans le cadre social et sociétal depuis son arrivée au pouvoir, Adam Silver a pris d’importantes positions jusqu’ici mais le challenge qui s’ouvre aujourd’hui est probablement le plus grand. Difficile d’agir avec fermeté dans un cadre aussi tendu, mais le patron de la Ligue n’en est pas à sa première controverse. La NBA a besoin d’un guide, ses joueurs en premier : les prochains mois risquent d’être mouvementés…

1 Comment

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  1. Iverson

    4 février 2017 à 17 h 11 min at 17 h 11 min

    La déclaration de Kerr est douteuse, il assimile la combat de ce qu’il appelle le « terrorisme » à une catégorie de gens. Néanmoins toute cette histoire est une grosse hypocrisie, nouveau président, il se donne le temps pour décider d’aspects de son propre pays… on ne peut pas lui envouloir, il fait ce qu’il veut. Par contre ses prédécesseurs eux, s’interférer dans des affaires d’autres pays… là personne ne parle, pas de bashing… Pourquoi ne pas juste se focaliser sur le jeu, et ne pas utiliser la NBA pour promouvoir l’idéologie des « démocrates ».

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