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Nicolas Batum nous a confié ses attentes pour les Playoffs : « Pas là pour faire de la figuration »

Nicolas Batum

Conservé bien au chaud par son entraîneur pour le match contre Toronto, Nicolas Batum nous a quand même accordé une longue interview après le match pour revenir sur l’état de son genou et nous donner son avis sur les Playoffs qui s’annoncent.

Gardé au chaud par Steve Clifford à l’occasion du match des Hornets à Toronto ce mardi (défaite 96-90), Nicolas Batum a gentiment accepté de répondre à nos questions après la rencontre. Une longue interview qui nous a permis de prendre la température à quelques jours du début des Playoffs sans oublier de demander des nouvelles de son genou un petit peu capricieux.

TrashTalk : Salut Nicolas, merci de nous répondre. Pour commencer comment va ton genou ?

Nicolas Batum : Le genou ça va, c’est pas grave. C’est une blessure que je m’étais faite le match avant Cleveland, contre Philadelphie. Je l’ai ressentie un peu à l’entraînement donc j’ai quand même essayé contre Cleveland mais je ne pouvais pas forcément jouer parce que j’avais quand même assez mal [il est sorti à la mi-temps du match contre les Cavaliers, ndlr]. Donc j’ai eu toute la journée de Cleveland. Hier [lundi] je n’ai rien fait, aujourd’hui non plus et je vais quand même essayer de revenir demain (hier) sur le terrain [à New York].

TT : En janvier, tu avais avoué être revenu un peu trop tôt, est-ce que c’était aussi pour éviter cela que Steve Clifford a préféré te garder sur le banc ce soir ?

NB : Non, ce n’est pas aussi grave que c’était pour mon pied. A l’époque c’était vraiment très gênant et l’IRM avait révélé quelque chose. Après c’est moi qui ai peut-être voulu revenir trop vite parce qu’on était dans une période difficile collectivement donc c’est différent. Là il faut être plus intelligent. On est à une semaine des Playoffs, on est quasiment sûr d’être dans le Top 6 quoi qu’il arrive même si on joue encore pour avoir l’avantage du terrain. Donc j’ai voulu jouer ce soir mais le coach m’a dit que ça ne servait à rien de refaire l’erreur que j’avais fait en janvier justement en essayant de revenir trop vite. J’aurais peut-être pu apporter un peu ce soir mais je n’aurais pas pu être à 100% donc c’était plus judicieux d’attendre encore 24 heures.

TT : Justement, vous avez atteint votre premier objectif en vous qualifiant pour les Playoffs, quel est le prochain sur votre liste ?

NB : C’est de faire quelque chose de bien en Playoffs justement. Pas seulement d’y être parce que c’est un premier objectif mais si on va juste en Playoffs pour faire un petit tour et s’en va, ça ne sert à rien. Se faire sweeper ou se prendre 4-1 et faire de la figuration, non. On a pour but avec cette équipe que le staff technique a mis en place de construire quelque chose. Et c’est pas parce que c’est la première année qu’on va se satisfaire de ça. Non. On va essayer de passer le premier tour. Ça peut-être jouable parce que la Conférence Est est très ouverte. On connaît tous le niveau de Cleveland avec LeBron James c’est vrai, mais après de 2 à 8 ça reste très ouvert même si les Raptors font une énorme saison. Donc on sait qu’on a nos chances contre n’importe qui.

TT : Quel serait le meilleur tirage pour Charlotte au premier tour selon toi ?

NB : J’y pense mais on a battu et on a perdu contre toutes ces équipes là. Donc il n’y a pas forcément de match-up qu’on a vraiment envie d’avoir. Chaque équipe a un bon côté et un mauvais côté pour nous donc on prendra l’équipe qui se présentera.

TT : On se rappelle que Steve Clifford t’avais comparé à Hedo Turkoglu en début de saison, est-ce que tu te sens capable d’emmener cette équipe jusqu’en Finale NBA comme il l’avait fait avec Orlando en 2009 ? À l’époque, Courtney Lee faisait déjà partie de l’équipe alors qu’il n’était que rookie.

NB : Oui pourquoi pas. De toute façon à chaque fois qu’on rentre sur le terrain on vient pour gagner. Il faut d’abord jouer le premier tour et ça ne va pas être une mince affaire de jouer Boston, Atlanta ou Miami – parce que de toute façon ça sera une de équipes là. Et ça ne va pas être hyper simple donc je parle même pas de Finale NBA parce que ça paraît tellement loin et tellement haut qu’on va d’abord se concentrer sur le premier tour. On connaît nos forces, on est une équipe nouvelle on n’a pas beaucoup d’expérience donc je ne vais pas commencer à parler de Finale NBA alors qu’on n’a aucune expérience de ça. On va déjà parler du premier tour et après on verra.

TT : La saison régulière est en train de se terminer, quel a été ton meilleur match sur le plan individuel ? Il y a eu quelques triple-doubles…

NB : Oui il y a eu des triple-doubles. J’ai fait beaucoup de matchs à 25-8-8. Mais le meilleur match individuel, je crois que c’est un match contre Washington à la mi-février où là je me suis un peu révélé, parce que je me suis un peu affirmé dans cette équipe. On était à -17 dans le deuxième quart-temps donc là j’ai pris le ballon et j’ai commencé à remettre de la vie dans le jeu. Et du coup on est revenu complètement et on gagne à la fin. Je crois que j’ai fait un truc comme 26 points, 11 passes, 8 rebonds quelque chose comme ça [26 points, 11 rebonds, 9 passes] mais c’est plus l’impact que j’avais eu dans la remontée. On me donnait le ballon et j’étais vraiment à la création de tout, en scoring et en passes. Là j’ai commencé à comprendre vraiment que mon statut dans cette équipe s’affirmait de plus en plus. C’était début février et depuis on cartonne collectivement. Depuis février je commence à prendre de plus en plus d’ampleur dans cette équipe là donc ça a peut-être été un déclencheur pour moi. En plus mon coach du centre de formation du Mans était là Philippe Desnos. Il était là à ce match là et il m’a dit justement que ça allait peut-être être un match déclencheur pour moi et il a eu raison.

TT : Est-ce que c’est pas ce leadership qui a manqué à Charlotte justement pour aller gagner ce soir par exemple ?

NB : C’est facile de dire ça maintenant. Mais avec des si… Peut-être que si j’avais été sur le terrain j’aurais fait un match tout pourri et on aurait pris 15, 20 points. Peut-être que j’aurais cassé le rythme de l’équipe parce que j’aurais joué sur une jambe et ça aurait été pire. Donc je ne peux pas forcément dire ça.

TT : Est-ce que tu es surpris de la belle saison des Blazers que tout le monde annonçait en difficulté après avoir perdu quatre starters pendant l’été ?

NB : J’ai parlé avec un journaliste en début d’année. Ça j’aurais dû le sortir parce que c’était début novembre et j’avais dit qu’ils gagneraient 43 victoires cette année. Ils ne vont pas en être loin. Ça avait surpris quelques personnes j’avais dit ‘tant qu’ils ont Lillard ça ira’. Et le truc c’est que cette salle et ce public là c’est quelque chose de particulier. En 41 matchs au Rose Garden – ou au Moda Center –vous allez voir ils vont en gagner 27 ou 28.

TT : Est-ce que tu leurs donnes une petite chance contre les Clippers en Playoffs, s’ils arrivent à terminer cinquièmes ?

NB : Je pense qu’ils vont prendre la cinquième place à Memphis oui. De toute façon les Clippers ou le Thunder ça reste deux grosses cylindrés mais oui ils peuvent les titiller.

TT : Hier, ton proprio Michael Jordan était à Houston pour assister à la finale NCAA. Est-ce que tu as regardé le match et qu’est-ce que tu en as pensé ?

NB : J’ai regardé et ça m’a fait mal forcément parce que dans l’équipe on a deux anciens de North Carolina [Marvin Williams et Tyler Hansbrough] et en plus maintenant j’habite en Caroline du Nord. Déjà après l’échec des Panthers au Super Bowl c’était dur. Je pense qu’ils se raccrochaient à ça. Ça risque d’être dur quand on va rentrer et les gens vont réagir par rapport à ça parce que le basket universitaire est énorme en Caroline du Nord.

TT : Est-ce que tu as déjà eu l’occasion d’aller les voir jouer ?

NB : Je n’ai pas eu le temps, non. Ils sont à deux heures de route et avec le calendrier ça n’a jamais bien matché. Je n’ai jamais eu le temps mais c’est un truc que j’aimerais bien aller faire. Surtout le derby contre Duke. Mais c’est dommage parce que c’était un énorme match. Ma bracket était pas si mauvaise que ça d’ailleurs. J’avais Oklahoma et Villanova au Final Four, ça je l’avais. Et j’avais North Carolina contre Michigan State [rires]. Et j’avais mis Michigan State gagnant contre Nova en finale. Donc j’ai déjà eu beaucoup de points grâce à Nova. Mais ils font un gros match. Ils étaient à -10 à un moment donné. Ils sont restés dans le match. Ils passent à +10, North Carolina revient. Le tir de Paige à la fin est magnifique et puis après… Il y a une petite erreur défensive quand même parce qu’il y a deux joueurs de North Carolina qui sont sur un un même joueur sous le panier alors qu’il faut match-up. Chacun doit prendre un joueur dans cette situation là mais le dernier tir est costaud. Même si ça reste un tir ouvert, il faut quand même le mettre. Et il l’a mis au moment le plus important de sa vie. C’est un tir qui va rester, dans 50 ans on le regardera encore comme on regarde encore le tir de Jordan en 1982. Un tir au buzzer pour un titre national c’est rêvé.

TT : Tu vas accueillir un heureux événement dans ta vie tout bientôt…

NB : [Il se tourne vers son téléphone] Je check à chaque fois. A chaque fois qu’elle m’écrit je me dis que ça y’est. C’est prévu pour les semaines qui arrivent, ça peut venir à tout moment.

TT : Est-ce que tu as déjà pensé au futur de l’équipe de France avec le petit Batum et les petits Parker ? On sait que Tony attend aussi un deuxième garçon cet été.

NB : Il y a toute une nouvelle génération qui se prépare. Il y a Kim Tillie qui a eu un garçon. Edwige Lawson aussi. Je sais qu’il y a plusieurs personnes du basket français qui attendent des garçons là donc ça pourrait faire une génération 2K16 assez sympa.

TT : Merci d’avoir pris le temps de nous répondre et bonne chance pour les Playoffs.

Serein, Nicolas Batum semble avoir trouvé sa place dans cette équipe des Hornets où il devra utiliser son leadership pour partager son expérience des Playoffs à un groupe encore jeune. À 27 ans, le Normand est prêt à passer un nouveau cap aussi bien sur le plan personnel en devenant chef de famille que sur le terrain où il sera bientôt aussi le capitaine de l’équipe de France nouvelle génération après la retraite internationale de Tony Parker et Boris Diaw.

Source image : MercadoBasket

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