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Isaiah Rider : un no-name pour certains, mais une légende vivante du dunk pour tout le monde

Isaiah Rider

Il existe des joueurs dont les carrières n’ont pas été exemplaires ou exceptionnelles, mais un ou deux événements les ont propulsés au paradis : Isaiah Rider fait partie de ceux-ci.

Il existe de nombreux joueurs qui, sans avoir proposé de palmarès ou statistiques pharaoniques, ont marqué l’histoire de la NBA pour toujours. Un geste exceptionnel ou une soirée historique, Isaiah Rider fait partie de cette catégorie à tout jamais.

T’as vu ce cross ?
Oh cette feinte de ouf à la Rondo !
Nan mais les gars, ‘ball don’t lie’…
Tu crois qu’il va tenter un Rider ?

Telles sont les expressions qu’on peut entendre, et utiliser, lorsqu’on aime le basket comme sa propre dulcinée de nos jours. Des termes américanisés, implantés dans notre vocabulaire, qui se sont transmis de passionnés en passionnés et font de notre sport celui qu’on adore regarder au quotidien. D’où viennent-ils, pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Un mélange difficile à expliquer, encore plus à rationaliser, mais qui contient trois ingrédients majeurs : exception, émotion, célébration. Trois épices dont Isaiah Rider, né le 12 mars 1971 du côté de d’Oakland en Californie, s’est magnifiquement servi en cette froide soirée du 12 février 1994. Car en participant au Slam Dunk Contest de Minneapolis cette nuit-là, le produit explosif concocté à UNLV ne le sait pas encore mais il rentrera dans l’histoire. Fracassant l’arceau sur celui qu’il appellera pourtant le « East Bay Funk Dunk », Rider deviendra Monsieur Rider, du moins sur l’Hexagone.

Pourtant, ce n’est pas le premier à avoir réalisé ce petit chef d’oeuvre technique et athlétique, certains aimant remettre le certificat à Orlando Woolridge en 1984, sans compter les multiples essais qui ont eu lieu dans les ligues mineures ou sur les playgrounds. Cependant, et c’est là qu’on en revient à l’utilisation de nos ingrédients en cuisine, Isaiah composera la salade parfaite afin de tamponner le tout à son nom. Joueur des Wolves, lors d’un All-Star Weekend organisé à Minnesota, avec un public à fond derrière lui et des caméras braquées sur lui, remportant le concours de dunk avec cette pépite qui fera exploser la foule, comment ne pas marquer sa génération ainsi ? Sa carrière ne le fera pas, hélas, malgré des moyennes intéressantes dès ses premières saisons. La faute à un comportement de merde, entre agression d’une manageuse de bar, possession de drogue à plusieurs reprises, crachat sur un membre du public et bastons avec ses propres coéquipiers, le garçon rejoindra 5 équipes en 9 ans avant de définitivement quitter la scène.

Mais la NBA et le sport, c’est aussi ça. Des phénomènes qui débarquent et se font un nom le temps d’un soir, avant de disparaître dans l’anonymat le plus complet. Des légendes vivantes qui obtiennent des statues devant des arènes, sans avoir cimenté leur image à cause de ce manque d’ingrédients dans leur propre cuisine. Que dire de Dee Brown et son no-look dunk ? Que dire de notre Rasheed adoré et son Ball Don’t Lie ? Et n’avons-nous jamais crié Rondo lorsqu’un meneur feinte une passe dans le dos avant de mettre son lay-up ? Qui reprendra le shake and bake de Jamal Crawford ? Quelqu’un peut-il mieux faire tomber les intérieurs au poste que Rick Mahorn avec son pull the chair ? Le in-and-out de Steve Smith ligne de fond, le tir affreux de Shawn Marion, le véritable crossover de Tim Hardaway ou le You Can’t See Me de DeShawn Stevenson… Aujourd’hui, les copains de l’Oncle Sam parlent encore de between the legs, mais en France on a rapidement troqué entre-les-jambes pour Rider.

Nul besoin d’avoir été MVP et remporté des tonnes de trophées pour marquer son sport. Parfois, cela demande quelques ingrédients majeurs. Ceux qui furent utilisés en ce Slam Dunk Contest de 1994 par Isaiah Rider, un type dont peu racontent la carrière, mais dont tout le monde sort le nom de famille lorsqu’on parle de tomars. Et ça, c’est pas donné à n’importe qui.

Source image : The Hoop Doctors

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