All-Star Weekend

All-Star Game 1992 : quand Magic Johnson s’adjugeait le plus beau trophée de MVP de l’histoire

Il avait pourtant pris sa retraite quelques mois auparavant. Le 7 novembre 1991, Magic Johnson convoque une conférence de presse. Il vient d’apprendre qu’il a contracté le virus HIV et l’annonce publiquement, ainsi que sa fin de carrière immédiate. Ce qu’il ne sait pas, c’est que ce n’est pas tout à fait terminé. 

Comme aujourd’hui, les fans avaient la possibilité de voter pour élire leurs All-Stars. Et une petite surprise va bouleverser l’ordre établi : Magic Johnson sera élu titulaire pour la Conférence Ouest avec pas moins de 658 211 voix sans avoir joué un seul match de la saison, reléguant Tim Hardaway, le suivant sur la liste, à plus de 200 000 voix ! C’est plus que Carmelo Anthony cette année alors qu’à l’époque, pas d’internet ou de Twitter. Tout se faisait par pigeon voyageur ou courrier. On trouvera à ses côtés Clyde Drexler, Karl Malone, Chris Mullin et David Robinson.

« Avoir été élu par les fans était la plus grande récompense pour moi. Je voulais non seulement jouer ce match, mais j’en avais besoin pour ma thérapie, juste pour être sûr que je pouvais encore le faire. »

Il le pouvait, et pas qu’un peu. Malgré certaines remarques pas forcément classes de certains joueurs qui n’étaient pas bien informés à l’époque, Magic Johnson enfilera son jersey pour ce qu’il pensait être, à 32 ans, son jubilé. Et ce ne sont pas moins de 25 points et neuf passes décisives qu’il sortira dans l’éclatante victoire 153-113 de l’Ouest face à l’Est. Surtout, le comportement de ses coéquipiers et de ses adversaires exemplaires a permis au joueur de donner une belle image de la lutte contre la maladie. Les un-contre-un face à son frère Isiah Thomas (malgré une relation parfois conflictuelle comme peuvent l’avoir deux membres d’une même fratrie) ou face à Michael Jordan resteront des moments forts de cette rencontre. Cette relation conflictuelle avec le meneur de Detroit est une constante dans la relation entre les deux hommes. Alors que ce dernier remettra en question la sexualité du Laker pendant les mois qui suivront l’annonce de Magic, il sera le premier joueur à supporter son retour pour ce match de gala, à l’embrasser, et lui donnera une accolade plus longue que votre tante lors de vos repas de famille.

« Je crois que c’était la nuit précédente, je gigotais sans cesse dans mon lit, et je priais et espérais qu’ils m’acceptent, et qu’ils veuillent jouer face à moi. Le fait que Rodman défende sur moi a envoyé un message aux gens : ‘Ok, je vais montrer à tout le monde que c’est OK de jouer contre Magic et que rien ne va vous arriver.’

C’était juste un moment auquel je peux repenser, quelque chose qui me fait me sentir bien d’être Magic, le Magic qui vivait en étant séropositif. Et donc, cela a été utile, en montrant à tout le monde que si vous vivez avec une maladie, vous pouvez avoir une vie productive. Et aussi, j’ai pu montrer aux gens que je pouvais jouer en NBA à un très haut niveau. Wow, c’était un sacré moment. »

Depuis cet événement, le protocole de la NBA a su évoluer pour s’adapter aux contraintes liées à l’apparition de la maladie. Sur conseils du Dr. David Rogers, de nouvelles normes prirent forme. Ainsi, les médecins des équipes ont aujourd’hui pour obligation de porter des gants lors de leurs interventions sur le parquet, et sont soumis à des règlements drastiques en ce qui concerne l’hygiène. Certains joueurs eurent du mal à accepter ce retour, comme par exemple Karl Malone. Malgré un été passé avec Magic Johnson au sein de la Dream Team, le retour à la réalité sembla violent. Après un match de pré-saison face à New York, il montra de fines coupures sur ses avants bras, en expliquant que tous les joueurs courraient un risque. D’autres, comme Clyde Drexler, prirent ombrage du regain de popularité de la star de Los Angeles en s’estimant injustement dépossédé du titre de MVP du All-Star Game 1992 et faiblement considéré au sein de l’équipe olympique.

L’histoire ne s’arrêtera pas là. Magic Johnson participera donc aux Jeux Olympiques en 1992. Il jouera plusieurs matches de pré-saison la même année et fera un comeback de 32 rencontres en 1996. Ce retour aura eu pour point de départ ce trophée de MVP qui, symboliquement, est peut être le plus beau de tous : un 9 février 1992 marqué sous le signe de la tolérance dans l’histoire de la NBA.

Source article : ESPN

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