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Nikola Mirotic, un rookie titulaire aux Bulls ? L’éléctro-cardiogramme de Thibs s’emballe

Avant que Nikola Mirotic ne rejoigne les Bulls, nous nous posions la question de l’impact sur le long terme de l’Espagnol en NBA : plutôt Andrea Bargnani ou Dirk Nowitzki ? Après 3 mois dans la ligue, même si on se gardera de toute conclusion hâtive, force est de constater qu’il fera mieux que l’Italien et que son talent, en plus d’être indéniable, s’accorde très bien au jeu US. Élu rookie du mois de décembre à l’Est, il offre aujourd’hui encore plus de profondeur et de solutions à un effectif chicagoan déjà chargé en talent. Peut-il devenir titulaire ?

À l’arrivée de l’Espagnol à Chicago, Toni Kukoc était le premier nom qui est venait à l’esprit des fans du United Center. Eux qui avaient vibré grâce à leur 6ème homme croate lors du dernier threepeat espèrent sans se cacher que Nikola Mirotic pourra leur offrir autant. Peut-être pas en terme de titres, mais au moins au niveau de son apport et de son impact dans l’équipe. Pas tout de suite par contre. Entre un frontcourt bien fourni (Joakim Noah, Pau Gasol, Taj Gibson) et le faible temps de jeu accordé généralement aux rookies par Tom Thibodeau, sa saison (et probablement encore la prochaine) devaient être celle de l’apprentissage et de l’intégration. Dans un rôle de doublure, à l’instar donc de son prédécesseur.

Mais à Chicago, il y a un facteur à ne pas négliger : la force d’attraction de l’infirmerie sur de nombreux joueurs. Ainsi, Taj Gibson, Pau Gasol et Joakim Noah sont déjà allés y faire un tour. Et dernièrement, ce sont les ailiers Doug McDermott et Mike Dunleavy qui ont également connu des blessures. Par conséquent, Nikola Mirotic a vu son rôle accru dans la rotation de coach Thibs et en a profité pour montrer ses qualités. Poste 4 la plupart du temps, mais aussi à l’aile, comme lors de la victoire face aux Rockets, ce qui en a surpris plus d’un, dont le technicien des Bulls lui-même.

Nikola Mirotic et Joakim Noah discutent sélection nationale

Nikola Mirotic et Joakim Noah discutent sélection nationale
Source : dailyherald.com

Selon Thibodeau, les rôles de meneur, arrière et ailier sont interchangeables dans les systèmes des Bulls. Idem pour le secteur intérieur. Mais le passage de l’un à l’autre n’est pas aisé. C’est pour cela qu’il hésitait à confier cette position à Nikola Mirotic. Considéré comme un ailier fort (voire un pivot) en Europe, son manque de qualités athlétiques devaient être de vrais handicaps pour glisser poste 3 en NBA. Et comme le joueur d’origine monténégrine doit déjà s’habituer à une nouvelle langue, un nouveau style de jeu, un nouveau pays et de nouveaux coéquipiers, pas besoin de lui rajouter une nouvelle position. Mais les circonstances évoquées ci-dessus ont poussé Chicago à lui faire confiance.

D’abord contre les Celtics, puis donc contre les Rockets, avec 17 points, 8 rebonds et 2 contres. Ce qui n’était qu’une solution d’appoint est en train de devenir une force potentielle pour les Bulls et permet à Thibodeau de solutionner deux problèmes. Premièrement en pouvant offrir des minutes à son rookie sans perturber l’équilibre du trio Gasol, Noah et Gibson dans la raquette. Sans les blessures, Nikola Mirotic ne peut que se contenter de miettes derrière ces trois joueurs, bien plus expérimentés que lui. Deuxièmement, il apporte une possibilité sur l’aile, un poste qui reste le point faible de l’équipe : Mike Dunleavy titulaire et Tony Snell ou Doug McDermott en doublure. Si le vétéran reste un solide joueur d’équipe, le sophomore ne confirme pas son excellente Summer League et le rookie est blessé.

Nikola Mirotic

Malgré de belles promesses, Nikola Mirotic est encore un peu juste pour concurrencer la barbe de James Harden, qui observe tout de même attentivement l’effort du rookie.
Source : Bleacher Report

Bien entendu, il faudra juger sur du plus long terme, une poignée de matches ne suffisant pas à affirmer de manière certaine que l’apport de Mirotic à l’aile peut être conséquent sur une saison, surtout avec son manque de qualité athlétique. Mais face à des ailiers moins vifs comme Josh Smith contre les Rockets, il apporte une solution intéressante. Cette polyvalence doit ravir les Bulls de posséder dans leur effectif un tel joueur, talentueux et travailleur.

Il joue un grand basket. Il y a peu de choses qu’il ne fait pas. Il joue bien défensivement. Il joue bien offensivement. Il shoote. Il crée du jeu. Il prend des rebonds. Il fait beaucoup de bonnes choses. Il joue plus d’une position. Des fois il est le grand, des fois il est le petit. Et il a montré qu’il pouvait gérer cela, ce qui est très impressionnant de fait des différences entre les deux positions. – Tom Thibodeau.

Cette polyvalence nous ramène donc à la comparaison avec Toni Kukoc. Le Croate était capable de tout faire sur un parquet : dribbler et passer comme un meneur, shooter comme un joueur d’aile tout en pénétrant également dans la raquette et poster son adversaire. Il était déjà vu comme le “Magic Johnson Européen” avant d’arriver aux Bulls en 1993. Grâce à cette versatilité, il a pu s’imposer comme l’un des meilleurs role players de l’histoire de la ligue, sans jamais atteindre le statut de star. Nikola Mirotic n’avait pas cette étiquette d’un joueur capable d’offrir des possibilités très variées, même si sa technique et son adresse faisaient saliver les Bulls pour proposer un profil différent aux intérieurs déjà présents à Chicago. En s’adaptant pour jouer 3 ou 4, il devient une arme, loin du cliché du joueur européen trop soft à son arrivée en NBA.

Toni Kukoc, l'exemple à suivre pour Mirotic

Par contre, Nikola Mirotic est déjà bien au dessus de Toni Kukoc dans l’échelle de la barbe.
Source : Bleacher Report

À tel point qu’aujourd’hui, il est légitime de se demander s’il ne peut pas devenir le vrai titulaire à l’aile devant Mike Dunleavy. Tout d’abord parce que Mirotic offre plus de variété dans le jeu offensif. Certes un peu moins adroit que le vétéran de loin (41,7% pour Dunleavy, 36,7 pour Nikola Mirotic, mais lorsqu’il joue plus de 20 minutes dans un match, les statistiques tournent en sa faveur avec 42,6%), il peut également jouer au poste et provoque plus de fautes. De ce point de vue, pas de perte pour les Bulls. Mais les doutes viennent surtout de la capacité de l’Espagnol à défendre contre les ailiers adverses, lui-même le reconnait.

Le plus gros challenge pour moi était de jouer en défense. Je n’étais pas sûr de pouvoir le faire. Je pense que ce n’était pas trop mal les deux derniers matches (NDLR : contre Boston et Houston). Bien sûr, j’ai fait pas mal d’erreurs, mais mes coéquipiers m’ont aidé. – Nikola Mirotic sur son nouveau poste d’ailier.

Ce n’est pas une découverte, Nikola Mirotic n’est pas le joueur le plus rapide de la ligue. Mais Mike Dunleavy n’a pas la carrure d’un sprinter non plus. Le vétéran n’est pas un point fort défensif pour les Bulls et ne sera jamais un stoppeur, et donc Mirotic n’a pas besoin d’en être un non plus. Il faut juste qu’il puisse s’inscrire dans les schémas de Thibodeau et qu’il s’investisse. Avec son QI basket et sa volonté, cela ne parait pas impossible. Comme en plus Thibs peut s’appuyer sur Butler au périmètre ainsi que deux joueurs parmi Gasol, Noah et Butler pour boucler la raquette, une faiblesse relative ne sera pas forcément rédhibitoire.

Les Bulls doivent donc profiter de la saison régulière pour en voir plus avec Nikola Mirotic à l’aile, pour savoir si une telle promotion est viable. Mais les prémisses ont été tentants. Il n’y aurait donc riens e surprenant à voir le rookie détrôné Mike Dunleavy dans le 5 de départ. Avant de s’attaquer à la place de Toni Kukoc comme meilleur Européen de l’histoire des Bulls ?

 Source : Bleacher Report, montage TrashTalk

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