One-on-One

Paul Pierce, Can You Handle The Truth ?

Il fête ses 37 balais aujourd’hui, en est à 16 saisons NBA au compteur, et possède un surnom qui restera dans l’histoire comme l’un des plus classes jamais inventés. Paul Pierce, aka « The Truth », aura marqué sa génération de son empreinte, en redonnant à Boston son prestige d’antan. Pour se remémorer sa très belle carrière, TrashTalk a décidé de rendre hommage à ce joueur souvent sous-estimé, et pourtant tellement exceptionnel.

TRUTHQuand vous êtes surnommé « The Truth », c’est que quelque part, vous êtes spécial. Shaquille O’Neal l’avait très vite compris, puis toute la NBA s’était rapidement rendu compte du talent du bonhomme. C’était le 13 mars 2001, en pleine saison régulière, que Paul Pierce avait gagné ce surnom qui le définira durant tout le reste de sa carrière. Ce jour-là, celui qui a grandi du côté d’Inglewood revient à Los Angeles pour y affronter les Lakers, alors champions en titre. Malgré la défaite, Pierce inscrira pas moins de 42 points, dans ce qui sera alors le meilleur match de sa jeune carrière. Après la rencontre, Shaquille O’Neal, impressionné, avait déclaré aux journalistes : « Paul Pierce is the truth because what he is doing is not a lie » (Paul Pierce est la vérité/est réel, parce que ce qu’il fait ne ment pas). Presque quinze années plus tard, on peut dire que Shaq ne s’était pas trompé.

Pourtant, Paul Pierce reste l’un des joueurs les plus sous-estimés de sa génération. Si son talent est reconnu, il ne possède pas l’aura des Shaquille O’Neal, Kobe Bryant, Tim Duncan, Allen Iverson ou Kevin Garnett dans la perception collective. Il n’est pas le genre de mec à faire des dizaines de publicités, et à se prendre pour une star en dehors des parquets. Alors oui, contrairement aux autres joueurs cités plus haut, il ne possède aucun titre de MVP de la saison régulière, ou de titre de meilleur scoreur. Mais Paul Pierce, c’est le genre de mec qui pue le basket à des kilomètres, et qui est prêt à vous donner la leçon peu importe qui vous êtes, que vous vous appeliez Al Harrington, Ron Artest ou LeBron James. Le genre de mec qui revient d’une agression de 11 coups de couteau en sortant de boîte au début du nouveau millénaire, pour finir avec une carrière exemplaire. Plus de 25 000 points au total, 10 fois All-Star, et surtout un titre NBA décroché avec les Boston Celtics en 2008, contre l’équipe qu’il supportait quand il était gamin, les Los Angeles Lakers. Cela faisait depuis plus de deux décennies et l’époque Larry Bird que la Green Army attendait cela. En accrochant cette 17ème bannière de champion au sommet du Garden avec l’aide de ses potes, Paul Pierce est définitivement devenu une légende à Boston. Il restera comme celui qui aura redonné à cette franchise mythique ses lettres de noblesses.

Drafté par les Celtics en 1998, il aura passé quinze saisons dans la maison verte. Durant ces quinze saisons, il aura connu des hauts, mais aussi des bas. Les hauts, c’est par exemple les PlayOffs 2002 où il guidera ses Celtics en Finales de Conférence face aux Nets, avec en prime le plus grand come-back de l’histoire des PlayOffs NBA dans le Game 3 de la série. Mené de 21 points à l’entame du dernier quart-temps, Boston remporte les dernières 12 minutes sur le score de 41-16, sous l’impulsion des 19 points de Pierce dans cette période. Les hauts, c’est évidemment aussi l’époque « Big Three » avec Kevin Garnett et Ray Allen, où il jouera deux Finales NBA, pour un titre en 2008 durant lequel il sera élu MVP des Finales. Ça, c’était la consécration ultime, le sommet de sa carrière. Mais « The Truth » a également touché le fond, comme lors de cette saison 2006-2007 catastrophique, ponctuée par une blessure au pied et un bilan désastreux de 24 victoires pour 58 défaites. Cependant, malgré ces moments difficiles, Paul Pierce est resté fidèle à la franchise qui l’a drafté, à l’image d’un Reggie Miller ou d’un Dirk Nowitzki. Évidemment, avec les résultats mitigés du milieu des années 2000, il a eu quelques envies de départ, mais au final, il a toujours eu le sang vert. Tout simplement parce qu’il savait ce que le basket représente à Boston. Il savait qu’il y avait quelque chose de grand à faire, et il a su être patient pour finalement être récompensé.

NBA Finals Game 6: Los Angeles Lakers v Boston Celtics

Mais après tout, ce qui nous fait le plus kiffer « The Truth » chez TrashTalk, ce n’est même pas sa très belle carrière, c’est sa capacité à botter le cul de n’importe qui, n’importe où. Que ce soit à 20 ans, 30 ans et maintenant 37, Paul Pierce est toujours là pour mettre la misère au défenseur d’en face. Demandez donc aujourd’hui au joueur des Raptors Patrick Patterson ce que ça fait de défendre sur Pierce en PlayOffs, vous aurez sans doute la même réponse que Ron Artest un an plus tôt : « il est vraiment très dur à maitriser ce mec ». Tu m’étonnes ! On parle quand même de l’un des attaquants les plus complets de l’histoire du jeu. Il n’a jamais été le plus athlétique, ni le plus rapide, ni le plus costaud. Pire, parfois il donne l’impression d’être un vrai papy sur le terrain. Mais un papy en mode « Uncle Drew » qui vous met à l’amende, avec son step-back et son pump fake vieux comme le monde, en vous balançant un « tu as encore des choses à apprendre mon petit » à la figure. Voilà, Paul Pierce c’est ça, une usine à basket, des fondamentaux ultra-solides, avec la belle dose de trashtalking qui va avec. Vous ajoutez à cela des couilles énormes dans le clutch time, et vous obtenez « The Truth ». On ne compte même plus les assassinats au buzzer, et les cœurs brisés. En parlant de cœur brisé, LeBron James est sans doute bien placé pour en témoigner. Parce que lui qui est aujourd’hui le meilleur joueur de la planète a eu sa dose de « Vérité » durant sa fantastique carrière. Que ce soit à Cleveland ou à Miami, le « King » a morflé, comme tous les autres. Rappelez-vous ce dimanche 18 mai 2008, jour de Game 7 entre les Celtics et les Cavaliers au Garden, dans lequel Pierce guidera son équipe au tour suivant en inscrivant 41 points sur la tête du « Chosen One », certes pas en reste non plus avec 45 pions au compteur. Rappelez-vous aussi de ce match 5 des Finales de Conférence 2012 entre Miami et Boston en Floride, quand « The Truth » envoie un tir primé assassin dans la Cleveland Cavaliers v Boston Celtics, Game 7tronche de LeBron pour remporter le match. Alors oui les fans du « King », Pierce n’a jamais atteint le niveau de James durant sa carrière, mais la vérité, c’est qu’il est l’un des seuls joueurs à avoir réussi à lui tenir tête dans les confrontations directes, que vous le vouliez ou non. Cette capacité à sortir son meilleur basket face aux meilleurs joueurs et dans les moments les plus importants de sa carrière donne une signification encore plus importante à son surnom, qui est plus que jamais en adéquation avec le joueur qui le porte.

Que vous soyez fan ou pas, que vous supportiez les Lakers ou que vous le considériez avant tout comme un fouteur de merde sur un parquet, cela vous concerne. Mais il faut savoir regarder la vérité en face, Paul Pierce fait définitivement partie de ces joueurs qui poussent le basket au rang d’art. Son jeu offensif est une merveille, sa technique est impeccable, et son côté trash fait de lui un joueur à part dans l’histoire de la ligue. Il fait partie d’une espèce en voie de disparition aujourd’hui, alors profitons-en encore un peu, parce qu’il est typiquement le genre de joueur qui nous manquera une fois qu’il aura raccroché ses sneakers.

Désormais à Washington après un court passage par Brooklyn, il va essayer d’apporter son expérience à la jeune génération, symbolisée par John Wall et Bradley Beal. Ce sera sans doute son dernier challenge, avant une retraite bien méritée. Et puis dans quelques années, il reviendra en costard dans la salle de ses plus grands exploits, pour voir son numéro 34 s’accrocher au plafond du Garden, à côté de ceux de Larry Bird, Bill Russell ou encore Bob Cousy. Il comprendra alors, avec les larmes aux yeux, qu’il n’y a que ça de vrai.

Source couverture : Hollywotion de TrashTalk

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