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L’importance de bien commencer ses matchs : le quart-temps le plus important est-il le 1er en NBA ?

On entend souvent que le plus important au basket, c’est de bien terminer ses matchs. Vraiment ? En NBA, il semblerait que le premier soit le plus…décisif. Entre joueurs plus ou moins chauds et arbitres plus ou moins corrompus, coup d’oeil sur cette partie de la rencontre qui parait bien plus clutch qu’on peut parfois penser.

Voir un match de basket en NBA aujourd’hui, c’est un petit peu comme regarder un film qu’on a déjà vu, dont on connait déjà la fin ou du moins certains chapitres. La plupart du temps, deux scénarios s’opposent : une équipe démonte l’autre, ou le match est intense pour finalement se décider dans les dernières secondes de la rencontre. D’autres fois cependant, c’est une chevauchée fantastique qui permet à un groupe de rattraper son retard et finir par l’emporter : avec l’aide des arbitres bien évidemment, mais toujours dans le respect du jeu, et surtout du spectacle que la NBA souhaite conserver. Car oui, s’il y a bien une chose à comprendre quand on se drogue tous les soirs avec ces trois lettres, c’est que la Grande Ligue ne possède pas la même folie manipulatrice que la WWE par exemple, mais que la plupart de ses matchs et de ses saisons sont pourtant imaginés à l’avance. Est-ce là un crime ? Sportivement oui. Mais quand on y regarde de plus près, et qu’on comprend le pouvoir de conserver les fans dans une excitation surnaturelle, pas vraiment. Du coup, certaines oppositions ont des allures de pièces de théâtres prévisibles, comme si les coups de sifflets étaient faciles à anticiper. Tout ça dans un but bien précis : faire perdurer la magie ‘naturelle’ de la NBA.

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Le rapport avec les premiers quart-temps ? Il y en a plus d’un. Premièrement, on peut voir du coup qu’avec cette machine bien huilée qui allie arbitres, joueurs et gourous de la Ligue, les traitements de faveurs seront différents. Des stars chouchoutées, des rookies et des vétérans malmenés, sans parler des européens dénigrés : voudrions-nous dire que la NBA est aujourd’hui le produit d’un complot franc-maçon de masse ? Pas du tout. Il s’agit simplement de remettre les vérités à leur place, et d’affirmer que les arbitres ne sifflent pas entièrement en fonction du jeu mais bien plus en fonction des attentes du public et des téléspectateurs. Ainsi, afin d’éviter ce genre de mécanisme affolant et terriblement évident, il convient donc de commencer ses parties de la meilleure façon, la plus sage : pas de faute débile, de tirs forcés ou de pertes de balles idiotes. Qui n’a pas déjà tapé du poing sur la table ou lâché un gros ‘MERDE’ quand son équipe se ramène motivée sur un terrain mais que sa star écope de deux fautes rapides dans la rencontre ? Le reste, on le sait, c’est une soirée gâchée pour le joueur en question, un impact immense sur le déroulement des possessions suivantes, et un coach en panique puisque ses rotations sont foutues en l’air. Merci les refs.

Le second rapport, c’est qu’avant même d’évoquer ces histoires de complot ou de manipulation perverse, il faut rappeler que le basket professionnel est en premier lieu une affaire de systèmes, d’exécution et de boulot à l’entraînement appliqué en match. Ainsi, sans avoir joué les troisièmes ou quatrièmes quart-temps durant lesquels les entraineurs peuvent s’adapter en fonction des joueurs en forme ou non, il y a ces débuts de matchs qui permettent de donner le ton, l’identité et la direction de la rencontre. Une équipe qui aura dominé son adversaire dans les 12 premières minutes a nettement plus de chances de recevoir des coups de sifflets à son avantage par la suite que celle qui s’est fait marcher dessus et n’a pas arrêté de se plaindre auprès des hommes en pantalon. Et sans avoir même à remettre les arbitres dans le panier (c’est le cas de le dire…), il suffit de voir quel joueur a la main chaude, les jambes au taquet ou la dalle d’un champion pour ajuster totalement son plan de jeu. Forcément : si Melo et LeBron, lors de leurs récentes sorties à plus de 60 points, avaient commencé leur récital en distribuant calmement, pas sûr que ces derniers auraient fini avec un tel total et profité de la rencontre pour écraser leur adversaire. Même constat d’un point de vue collectif, puisqu’il y a nettement plus d’équipes qui disent avoir mal commencé un match que mal terminé le troisième quart-temps, afin d’expliquer une défaite parmi tant d’autres. Ce premier quart, c’est celui qui donne le rythme à suivre : soit l’effort n’est pas assez intense et à ce moment-là l’équipe tâtonne entre stagner et se réveiller, soit le boulot accompli est intéressant et si l’opposition entame une remontée au score, il y a alors suffisamment de matos sur lequel se baser en terme de jeu efficace déjà pratiqué pour se concentrer à nouveau.

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Le troisième rapport, et c’est certainement celui qui définit le mieux l’importance de ces débuts de matchs, c’est de voir à quel point les quart-temps deux, trois et quatre découlent souvent du premier. Encore une fois, il ne s’agit pas de faire de généralités : les Lakers qui ont mangé le Thunder à la maison il y a quelques jours avaient été pathétiques en première mi-temps, avant de lâcher une seconde de malade. Mais ce dossier vise à préparer les lecteurs assidus qui suivront les PlayOffs avec nous. En saison régulière, tout peut arriver ! Une équipe peut revenir de trente points de retard, le champion peut perdre chez un gros mauvais sur une soirée, et des joueurs peuvent prendre feu. Cependant, la vraie saison a bien lieu au printemps, et c’est durant celle-ci que le vrai basket y est pratiqué. Celui bossé toute l’année, celui peaufiné dans les hauts et les bas que chaque campagne propose, celui qui sera délivré et mis en avant en Mai pour tenter d’aller le plus loin possible. Et c’est dans ces séries que les premiers quart-temps sont d’une importance capitale, à domicile comme à l’extérieur. Lors des dernières Finales ? 5 des 7 matchs ont été remportés par l’équipe qui domine les 12 premières minutes. Psychologiquement ? Rien n’est plus primordial pour une star que de bien commencer son boulot, plutôt que de se chercher encore en fin de première mi-temps. Ensuite, le reste du groupe se sent à l’aise et peut développer son jeu : les types du banc, les role-players auxquels on ne s’attend pas forcément, la défense qui peut avoir galéré récemment.

Il n’y a donc pas de vérité unique et indivisible qui marche au basket. Les quatre quart-temps sont tous importants, car ils possèdent leur propre identité et permettent à chacun de trouver son refuge. Seulement, il est rare de voir une équipe dominer chez les grands quand elle démarre systématiquement ses matchs du mauvais pied. Les facteurs rythmiques, psychologiques et même politiques rentrent en jeu en NBA sur ces premiers quarts primordiaux. Un conseil ? Lors des prochaines rencontres, regardez l’attitude et l’énergie d’une équipe dans ses 12 premières minutes. Vous y trouverez certainement le futur vainqueur de la rencontre…

Source image : ESPN

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