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Pourquoi les Bulls et Jimmer Fredette vont s’entendre

Après avoir trouvé un accord pour un buy out avec les Sacramento Kings, Jimmer Fredette a signé avec les Bulls pour la fin de la saison 2013-14. Sans réellement opportunité de briller en Californie, en trouvera-t-il à Chicago? Les deux parties semblent faites pour s’entendre puisque chacune peut apporter ses points forts à l’autre. Tom Thibodeau arrivera-t-il à lancer la carrière de Fredette? Le shooteur réussira-t-il à booster l’attaque des Bulls? Pour Chicago comme Jimmer, il vaudrait mieux. D’une part pour que l’équipe ait une chance en playoffs, d’autre part pour que le joueur prouve qu’il a un avenir en NBA.

En regardant de plus près, cette acquisition est peut être bien la meilleure de toutes celles liées aux buy out en cette période de l’année si on se concentre sur ce que chaque partie peut apporter à l’autre. Cette signature semble couler de source. Bien sûr, de meilleurs joueurs ont rejoint de meilleures franchises, à l’instar de Danny Granger aux Clippers ou Caron Butler au Thunder. Mais ces arrivées ne remplissent pas le plus grand vide de leurs nouvelles équipes. Ce qui fait que la signature de Fredette aux Bulls est un si bon coup, c’est la correspondance entre les deux parties.

« Nous sommes très excités d’ajouter un joueur comme Jimmer à notre effectif. Nous le suivons attentivement tout au long de sa carrière NCAA et NBA, et nous pensons qu’il est le type de joueur qui va être en adéquation avec notre groupe et apporter de la valeur à l’équipe. » – Gar Forman.

Il n’a pas tort. Jimmer Fredette est un type de joueur particulier avec ses défauts mais c’est de ce genre de joueurs dont Chicago a besoin. Surtout que les Bulls peuvent compenser les imperfections et faiblesses de leur nouveau membre. Car la NBA actuelle repose beaucoup sur le jeu sur les ailes et les pénétrations. Comment écarter les adversaires pour ouvrir des lignes de drive à l’aide de shooteurs extérieurs pour éviter les aides défensives. C’est sur ce point que les Bulls ont besoin de Fredette.

Source: JEFF HAYNES - THE ASSOCIATED PRESS

Source: JEFF HAYNES – THE ASSOCIATED PRESS

Fredette, une menace extérieure nécessaire pour les Bulls

Avec ou sans Derrick Rose, les Bulls ont besoin de créer des espaces pour permettre à Jimmy Butler de pénétrer dans la raquette et pour laisser le champ libre aux intérieurs dans la raquette. Mais pour cela, il faut des joueurs adroits de loin, ce qui n’est pas le cas dans l’Illinois. Seules trois franchises ont tenté moins de tirs à 3 points que Chicago (Bobcats, Pelicans et Grizzlies), et les Bulls sont 25ème au niveau de l’adresse longue distance. Pas besoin de chercher bien plus loin leur point faible. Mike Dunleavy et DJ Augustin sont les deux seuls menaces extérieures à évoluer sous les ordres de coach Thibodeau, avec respectivement 42 et 38,4% de réussite from downtown. C’est peu. D’ailleurs, il suffit de regarder les shots charts des Bulls et de Jimmer Fredette (49,3% à 3 points cette saison) pour comprendre en quoi l’ancien King est complémentaire de ses nouveaux coéquipiers.

Short chart des jumpers des Chicago Bulls. Source: NBA.com via Bleacher Report

Short chart des jumpers des Chicago Bulls.
Source: NBA.com via Bleacher Report

Short chart des jumpers de Jimmer Fredette. Source NBA.com via Bleacher Report

Short chart des jumpers de Jimmer Fredette. Source NBA.com via Bleacher Report

Jimmer Fredette sait shooter (contrairement aux Bulls serait-on tenté d’ajouter). Il est aussi un bon manieur de ballon sur pick and roll également. Dans ce cas, il score 0,9 point par possession (stats relayées par Bleacher Report), soit quasiment le même niveau que Kyrie Irving (0,91 point/possession). Il est le 26ème meilleur joueur de la ligue à ce niveau.

En tant que spot-up shooteur, les statistiques de Jimmer Fredette sont encore meilleures puisqu’il marque 1,41 point par possession. Personne ne fait mieux que lui. S’il parvient à gagner du temps de jeu, il risque fort de devenir une cible de choix pour Joakim Noah le passeur fou. Avec 50% de réussite en catch and shoot à 3 points, cela peut faire des dégâts.

Alors bien entendu, il faut relativiser car ces chiffres sont réalisés à partir d’un échantillon réduit de tirs puisque Jimmer Fredette n’a pas eu un énorme temps de jeu avec les Kings cette saison. Mais ils donnent une indication sur ce qu’il sait faire sur un terrain d’un point de vue offensif.

Son autre point fort, c’est qu’il est capable de se créer ses shoots, de tirer en sortie de dribble. Ceci est une nouveauté et un vrai plus pour les Bulls. Car si leur attaque repose en grande partie sur le jeu collectif (64,6% de leurs paniers dans le jeu viennent d’une passe décisive, 2ème de la ligue), aucun joueur ne peut vraiment faire la différence tout seul comme Nate Robinson l’an dernier, ou alors un certain Derrick Rose. Ils scorent seulement 12,2 paniers par match sans passe décisive, étant bons derniers de la NBA à ce jeu. Pas brillant.

Les Bulls ont besoin d’un joueur capable de scorer en sortie de dribble, et de préférence à distance du panier. Et ça Jimmer Fredette sait le faire. Mais pour cela, il faudra qu’il joue et qu’il prouve que son faible apport défensif ne pénalise pas trop l’équipe. L’exemple de Carlos Boozer illustre très bien la position de Thibodeau sur le sujet.

Les Bulls, une équipe pour combler les manques de Jimmer Fredette

Car le gros problème de Jimmer Fredette, c’est qu’il reste un joueur très unidimensionnel. S’il était si fort, pourquoi les Kings, pourtant l’une des pires franchises de la ligue, se seraient séparés de lui? Tout simplement, comme dit juste au dessus, parce qu‘il est un défenseur horrible. Même dans une équipe parmi les plus faibles de la ligue en défense (106,5 points par 100 possessions, 25ème de la ligue), il était un boulet (4,4 points de plus encaissés par 100 possessions quand il est sur le parquet). Par conséquent, il va être intéressant de voir ce qu’il peut apprendre d’un coach comme Tom Thibodeau.

En effet, même si Thibs est un gourou défensif, ses systèmes offensifs sont tels qu’ils font briller les meneurs. C’est aussi pour cela que Derrick Rose a pu être MVP en 2011. C’est pour cela que des joueurs comme John Lucas III, Nate Robinson et DJ Augustin (à un degré moindre CJ Watson) ont (re)lancé leurs carrière sous le maillot des Bulls.

KryptoNate a réussi à gagner du temps de jeu malgré ses prises de risque insensées qui rendaient fou Thibodeau (mais qui ont également porté les Bulls et ravi les fans du United Center). Jimmer Fredette est un shooteur beaucoup plus pur que lui, donc il devrait pouvoir lui aussi remplir cette « niche » du booster offensif longue distance, malgré ses faiblesses défensives. Parce que Chicago a besoin d’un joueur dans ce style pour espérer en playoffs, capable d’apporter des points rapidement derrière l’arc. Mais il lui faudra assimiler les systèmes de Thibs avant de devenir un joueur utilisé régulièrement dans la rotation. Rien d’impossible. En repensant au scepticisme qui entourait l’arrivée de DJ Augustin, force est de constater que ceux qui se trompaient, c’était nous (en tout cas moi, vous pouvez me jeter la première pierre).

À Jimmer Fredette de saisir cette opportunité de mettre en avant ses talents dans des systèmes parfaits pour lui. Et le tout protégé par une défense qui peut masquer ses faiblesses. D’un point de vu défensif, les systèmes de Thibodeau sont construits en grande partie sur l’aide. Les meneurs ne sont pas supposés arrêter la balle au début de l’attaque adverse, mais de guider le porteur du ballon vers un grand comme Joakim Noah ou Taj Gibson (il vaut mieux éviter Boozer dans cette situation), qui eux sont d’excellents défenseurs qui vont gêner les shoots. Les Bulls ont survécu avec des défenseurs aussi médiocres que Belinelli, CJ Watson, Nate Robinson ou John Lucas III aux postes d’arrières. Alors ils devraient pouvoir faire de même avec Jimmer Fredette.

En outre, Thibodeau peut aussi aider son nouveau joueur à progresser dans ce domaine. Comme il l’a fait avec les sus-nommés Belinelli et Watson, mais aussi Kyle Korver. Même Carlos Boozer n’est plus un plot après trois ans de travail avec Thibs. Et de toute façon, ce qu’il ne pourra pas régler sera compenser par les aides défensives mises en place.

Jimmer Fredette ne s’y trompe pas, il sait qu’il a gros à jouer.

« Je vois comme cette équipe joue et ils jouent dur chaque soir et les uns pour les autres. Ils jouent de la bonne façon et c’est quelque chose que je cherchais, de venir dans une équipe où je pourrais être en adéquation et jouer comme je le veux, et jouer dur chaque soir et de faire partie d’une équipe. Je sis excité d’être ici. » – Jimmer Fredette.

Il a maintenant les cartes en main pour prouver qu’il est plus qu’un phénomène universitaire. Avec ses capacités aux shoots, il y aura toujours une équipe qui s’intéressera à lui. Mais les possibilités peuvent finir par se réduire. À Chicago, avec l’aide de Thibodeau, Jimmer Fredette peut remettre sa carrière sur de bons rails, dans un effectif qui va tirer le meilleur du meneur des deux côtés du parquet. Il n’y a probablement pas de meilleur endroit actuellement en NBA pour que l’ancien de BYU se relance et reprenne de la valeur. C’est une opportunité unique, et nous allons voir quel impact le shooteur va avoir avec les Bulls en playoffs. Nate Robinson a su gonfler son contrat suivant grâce à ses performances en post season l’an passé. Si Fredette est capable de faire les sacrifices nécessaires et de se bouger pour l’équipe, il jouera et s’établira comme le facteur-X de l’équipe. Une équipe qui aspirera au titre rapidement. Un bon point de chute.

Source image couverture: NBA.com

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