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Philadelphie Sixers, la nullité pour retrouver le sommet

Un lecteur peut-il nommer le 5 majeur des Philadelphie Sixers hier soir lors de la défaite contre Orlando ou celui de lundi face à Milwaukee ? Petit indice, seuls trois joueurs sont en commun. Bon ok, ça ne vous aide pas des masses. Alors juste 5 joueurs de l’effectif, en dehors du blessé de longue date Nerlens Noel? On vous offre une place au premier rang pour un de leur match. D’accord, le lot n’est pas très alléchant pour une question aussi difficile.

Il faut dire, en se débarrassant d’Evan Turner et Spencer Hawes avant la deadline, Philly a encore plus affaibli son effectif. Pour ceux qui en doutaient encore (après l’illusion des 5 premiers matchs de la saison), l’opération tanking est en marche et rien ne pourra l’arrêter. La preuve, les Sixers (15-43) viennent d’enchainer 12 défaites consécutives et ont réalisé un mois de février parfait avec 0 victoire pour 11 revers… Avec une telle abnégation et un tel courage, ils devraient pouvoir détrôner les brillants Bucks (11-45) pour le titre de pire équipe de la saison.

Source:  Marc Serota - Getty Images

Source: Marc Serota – Getty Images

Mais cela fait partie du plan. S’écrouler pour mieux reconstruire. Dès le début de la saison, le message était clair. Les Sixers veulent repartir de zéro, et ils le font avec application. Ils possèdent maintenant un effectif proche du néant, avec peu de joueurs au niveau NBA.

Faisons le tour rapidement des forces en présence. Tad Young est encore là, mais il devrait bientôt se retrouver en dépression et Philly ne souhaite pas forcément le garder. Il y a fort à parier qu’il soit échangé cet été contre un jeune joueur ou un tour de draft. Michael Carter-Williams (17,1 points, 5,3 rebonds, 6,2 assists) réussit une excellente saison rookie et a de l’avenir dans la ligue. Il est actuellement la seule raison d’espérer un peu des fans des Sixers. Avec Nerlens Noel aussi, dont on ne connait pas encore le niveau. Bien, ça fait deux joueurs, mais qui n’auront même pas 82 matchs de NBA dans les jambes à eux deux l’an prochain. En plus des deux rookies, on peut ajouter Tony Wroten (13 points, 3 rebonds, 2,9 assists) qui offre une solution intéressante aux deux postes d’arrière, mais aussi James Anderson (9,9 points, 3,9 rebonds, 1,8 assist) qui peut apporter aux postes 2 et 3. Et encore. Ce sont deux bons compléments, des joueurs de rotation tout au plus. Leurs stats sont gonflées par la faiblesse des autres joueurs. À côté de cela, le néant ou presque. Des joueurs de fond de banc, voire des mecs tout juste bons à faire des allers retours en D-League. Médiocre, très médiocre.

Source: Howard Smith-USA TODAY Sports

Source: Howard Smith-USA TODAY Sports

Cela fait donc peu pour reconstruire, et surtout aucun vétéran pour encadrer les jeunes. Comme prévu et annoncé, les Sixers veulent toucher le fond et se servir de la draft pour s’en sortir dans quelques années. Mais il faudra avoir le nez creux, car sinon les seuls joueurs de valeur partiront à leur tour. Et même en collectionnant les tours de draft, il faut actuellement à Philly une demi douzaine de joueurs pour prétendre avoir une équipe de niveau NBA.

Il y a tout de même des motifs d’espoir. En confiant la destinée de l’équipe à Brett Brown, les Sixers ont fait le bon choix. Exigeant mais proche de ses joueurs, l’ancien adjoint de Pop’ à San Antonio va s’affirmer dans les années à venir comme un très bon coach. Il a la culture de la gagne, et à l’image d’un Mike Piétrus il connait le chemin pour arriver en finale. Bon, les fans de Philly se contenteraient des playoffs, la route est moins longue. Avec les mains libres pour faire progresser son équipe et sans pression de résultats, il peut prendre son temps et travailler sereinement. Espérons juste pour lui que cette spirale négative n’ait pas raison de son enthousiasme et qu’il puisse aller au bout de ses idées sans se tirer une balle avant.

Source: Jesse D. Garrabrant - Getty Images

Source: Jesse D. Garrabrant – Getty Images

Des joueurs médiocres impliquent souvent des contrats avantageux pour une franchise. Bien en dessous du salary cap cette saison ($51 millions de masse salariale environ), les Sixers auront encore plus de marge l’été prochain (entre $26 et $27 millions si l’équipe lève l’option d’Elliot Williams) pour attirer des free agents. Là encore, il faudra être malin pour trouver des joueurs capables d’apporter de l’expérience aux jeunes et les encadrer, sans se ruiner en vue des saisons suivantes. Mais ne nous faisons pas d’illusions, 2014-15 sera encore une année difficile pour la cité de l’amour fraternel, et des paris seront faits avec des jeunes qui n’ont pas réussi à s’imposer en NBA jusque là. Des joueurs que Brett Brown pourra façonner à son image et au style qu’il veut donner à son équipe. Mais n’espérez pas voir Melo débarquer.

Enfin, la draft. Les Sixers misent beaucoup dessus. Ils disposent actuellement de 2 choix au premier tour et 5 au second pour la draft 2014. Il y a fort à parier que les first round picks seront gardés et utilisés pour renforcer l’équipe dans une génération qui s’annonce dense et prometteuse. Pour ceux du deuxième tour, des échanges peuvent être envisagés, mais Philly peut aussi compléter son roster et tester des joueurs. Ils ne seront pas pire que ceux de l’effectif actuel.

Les fans peuvent encore rêver d’une progression comparable à celle du Thunder qui est passé en quelques années du statut de cancre à celui de candidat au titre. Mais pour cela il faudra s’armer de patience et espérer que les choix pris seront judicieux. Tout en priant pour que le front office ne décide pas une fois de plus de faire exploser un groupe intéressant, comme avec les trades d’Iguodala puis de Jrue Holiday lors des deux dernières saisons. Sinon, ils peuvent également aller voir le prochain match du 1er mars. Les Sixers retireront le numéro 3 d’Allen Iverson. L’occasion de contempler un passé excitant en imaginant l’avenir. En attendant, courage et patience, car la galère pourrait se poursuivre.

Source image couverture: Marcio Jose Sanchez – Associated Press

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