One-on-One

Si LeBron ne peut pas conserver son titre de MVP, peut-il s’offrir celui de Défenseur de l’Année ?

Le débat aura duré quelques mois, quelques semaines même. Jusqu’au 4 Janvier 2014, chacun y allait de son petit coup de chaud, pour montrer que la bataille concernant le titre de MVP se jouerait jusqu’en Avril. Un ping-pong excitant, qui se sera justement arrêté ce 4 Janvier 2014…

Kevin Durant nous aura alors offert un mois exceptionnel, historique. Les superlatifs nous manquent même pour essayer de définir ce que la tige du Thunder a été capable d’accomplir en quatre semaines, et ce sans son acolyte All Star. Orpehlin de Russell Westbrook, KD s’est transformé en Wilt Chamberlain des temps modernes avec le jeu de Larry Bird, un mutant jamais vu auparavant en NBA et qui aura occupé toute la scène médiatique de cette nouvelle année. Mettra-t-il 40 points ce soir ? 50 ? Un tir au buzzer ? Pas une seule soirée fraîche du mois passé s’est déroulée sans qu’on se pose au moins une fois ces questions. Et ce festival auquel nous avons tous été convié a, par la même occasion, créé une distance énorme avec LeBron James dans la course au MVP.

Impressionné voir piqué dans son orgueil de voir un jeunot tenter de prendre sa place sur le Mont Rushmore des sportifs les plus médiatisés aux States, LBJ s’est mis en tête que le rendez-vous en amoureux du 29 Janvier allait être l’occasion parfaite pour rappeler à tout le monde qui est le boss. Et quelque part, nous aussi on voulait voir ça. Malheureusement pour lui, le double-MVP en titre tombera ce soir-là sur la meilleure partition proposée cette saison par Durant, un récital sublime, faisant presque passer le King pour un simple valet, lui qui transpirait pourtant à grosses gouttes pour tenter de contenir la bête et maintenir son équipe dans le match. Au-delà du score final et des chiffres proposés par les deux phénomènes de la balle orange, c’est dans le conscient commun, la perception publique, que le plus gros changement a été effectué. C’est bien simple : à partir de ce 30 Janvier 2014, le débat sur le titre de MVP n’a plus eu lieu. Trop de retard avant que ce match ne commence, l’envie connue de créer chez les journalistes qui votent un peu de rivalité en décidant de changer de nom sur le trophée, le tout avec l’impossibilité de réaliser une nouvelle série légendaire de 27 victoires consécutives, exploit réalisé l’an passé par le Heat et qui avait mis KD à genoux une nouvelle fois, et vous obtenez le logique futur MVP de la saison actuelle.

Couverture

Même le match énorme de LeBron à Golden State, avec ce tir venu d’ailleurs, crucifiant les fans des Warriors et nous rappelant le temps d’un soir que James ne baisserait jamais les bras n’a pas suffit. Dans les commentaires comme dans les analyses, ce coup d’éclat d’un soir n’aura eu aucun impact. Si LeBron avait été MVP du All Star Game, là on aurait pu encore maintenir le bouquin ouvert, mais même en ayant réalisé un show devant les fans de Dallas récemment, rien n’y fait. Ce débat est dors-et-déjà terminé…n’est-ce pas ?

Du coup, pourquoi ne pas se focaliser sur un autre petit bijou, et que LBJ a annoncé vouloir ramener à la maison en début de saison ? Vantant lui-même ses qualités de défenseur en s’auto-désignant Meilleur Mur de l’Année, LeBron aura fait une nouvelle gaffe dans le secteur de la communication en disant haut et fort ce qui ne doit pas être dit. Oui, les capacités du cyborg de Miami sont incroyables dans sa propre moitié de terrain. Oui, ils sont peu nombreux dans l’histoire à pouvoir se dire capables de défendre sur les cinq postes. Oui, sur un pur plan technique et une fois concentré, la course au Meilleur Défenseur de l’Année pourrait être terminée avant même qu’elle ait commencée tant LeBron en a dans le coffre. Seulement, ce n’est pas en défendant sur Darren Collison et DeAndre Jordan qu’une réputation se fait, et qu’un tel titre se remporte : aussi sympas soient-ils, il y a de fortes chances pour qu’on ne retrouve pas ces deux role-players au Hall of Fame dans 15 ans. Cependant, l’espèce de tarentule qui tisse ses toiles du côté d’Oklahoma City est un sacré client, qui lui a une place presque assurée à Springfield, et s’est déjà permis le luxe de coller l’addition de l’année à Miami justement. Devant son public, devant ses journalistes, et devant un Kevin Durant humble dans ses propos, LeBron n’a rien pu faire.

Couverture

A-t-il une chance de se rattraper ce soir ? Bien évidemment. Roy Hibbert est actuellement le grand favori pour s’adjuger le trophée de Meilleur Défenseur de l’Année, mais la plus importante partie de saison pour le Heat est au pied de sa porte. L’an passé, ces 27 victoires consécutives avaient bouleversé le paysage médiatique en NBA, et ainsi permis à LeBron de conserver son titre de MVP. Si celui de cette année semble définitivement se nommer Kevin Durant, la catégorie défense est encore à portée de bras pour le King. Ce qu’on attend donc ? Un chef d’oeuvre en terme de couverture, une démonstration dans le registre des cadenas personnels : LeBron James doit ce soir faire passer la pire nuit de la saison à Kevin Durant, s’il souhaite s’offrir un trophée qu’il a annoncé vouloir remporter cette année. Ce n’est pas en défendant sur George Hill ou Al Jefferson qu’on voudra soutenir sa candidature, c’est uniquement s’il arrive à stopper l’attaquant le plus incontrôlable de la NBA. Point, barre.

En est-il seulement capable ? Assurément. On ne vous parle pas de P.J. Tucker ici, on vous parle de LeBron James. Un joueur qui a été capable de réaliser des virages déterminants dans sa carrière, pour s’offrir une future place au Mont Rushmore de la NBA. Mais celle-ci ne sera uniquement conservée s’il maintient sa place tout seul sur le toit de la Ligue. Et quand on voit la forme actuelle de Kevin Durant ainsi que son monopole des médias, on ne peut que se frotter les mains avant le match de ce soir… Au boulot mon grand.

Source image : The Sports Quotient

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