Dossiers NBA

Lettre ouverte à David Stern : on a un peu honte, mais en fait merci pour tout…

David Stern

C’est fini. Il n’est plus là. David Stern a enfin quitté ses bureaux après 30 ans de bons et loyaux services. Et aussi bête que cela puisse paraître, cela mérite quelques remerciements.

Salut David, c’est nous. On s’est jamais trop parlé pendant toutes ces années, mais bon c’est surtout l’actualité qui nous pousse à t’écrire cette lettre alors… fais-en ce que tu veux, au moins on aura fait notre part du boulot.

Tu la voyais pas venir celle-là hein : TrashTalk qui t’écrit, alors ça c’est la meilleure. Pourquoi pas demander à Anthony Bennett de jouer au basket pendant qu’on y est ? T’aurais vu ta gueule quand t’as prononcé son nom en Juin dernier devant tout le monde : même Dennis quand il te parle de Corée sur Skype il transpire moins. Bon, on est pas là pour parler Cavs ou dépression, on a quelques aveux à te faire. En fait… Comment dire. C’est vrai que… ça sonne faux dans notre bouche, mais merci. Merci pour… bah pour tout je suppose ?

Eh, t’emballe pas. Calmos : on est TrashTalk je te rappelle, okay ? Et vu comment t’as ruiné notre fond de commerce, la logique voudrait qu’on fasse une ronde dès demain pour pisser sur une photo de toi en chantant Hit the Road Jack. Quelque part c’est aussi ce qu’on va faire, mais pas avant de t’avoir dit tout ce qu’on pensait. On va la jouer light, parce que t’as dû en recevoir des vertes et des pas mûres pour fêter ton départ. Déjà, la situation du corps arbitral aujourd’hui, et pas seulement l’affaire Donaghy : le simple fait que Crawford ou Bavetta aient encore du boulot à l’heure actuelle, merci c’est vraiment le top. On adore regarder les fins de matchs à Miami, on se sent vraiment en sécurité. C’est la même pour la Draft, cimer. Nous faire croire qu’il y a un système de balles de ping-pong équitable, dans une salle secrète, qu’on a même pas le droit de voir, et permettant même à des villes fantômes comme Milwaukee ou Phoenix d’avoir le 1er choix, c’est du très haut niveau en terme d’escroquerie : même Copperfield il la tenterait pas celle-là. Autant nommer celui qui a le plus besoin d’Andrew Wiggins, comme ça les Lakers et Celtics seront tranquilles et arrêteront le massacre hein ? Bon après on va pas taper sur l’ambulance en évoquant les lock-outs, ton dress code à la con, cet égo surdimensionné allié au control-freak que tu es et qui nous rappelle davantage la dictature Thibodeau que la démocratie D’Antoni : on conclura simplement en te remerciant pour Seattle. Papa n’a toujours pas son maillot retiré, et rien que pour ça tu peux te ranger ce long majeur où tu le souhaites. Merci hein.

Mais en même temps… On en serait où sans ton boulot ? Certains détracteurs disent que t’as simplement profité du boulot de Magic, Larry et Jojo en installant deux trois notions économiques autour d’eux : haters gonna hate Dave, c’est trop facile de dire ça. Quand t’as récupéré la Ligue, c’était Las Vegas Parano : même Beasley passerait pour un ange à côté des camés qui rodaient dans le coin. On allait mettre les clés sous le paillasson et se mettre au baseball, et toi t’as osé retrousser les manches. Toi, t’as osé défier les grands en imposant la balle orange dans le quotidien des gosses des 90’s grâce à cette soif de dictature économique. Avec ton sens de l’anticipation, l’utilisation massive des médias, et des coups de poker qui marqueront la NBA pour toujours, tu nous as permis de kiffer le basket comme peu d’autres sports. La Dream Team, les doudounes des Hornets, ton soutien à Magic quand il a déclaré sa séropositivité, lancer la WNBA, le Slam Dunk Contest : t’avais certes une équipe de génies à tes côtés pour tenter ce genre de projets, mais tu as droit au même traitement que tes joueurs aujourd’hui. Quand ça foire, c’est toi qui prend, et quand ça marche, c’est toi qui gagne. Si la NBA est suivie partout dans le monde, que le basket est devenu un sport aussi apprécié, qu’on est devenus champions d’Europe en Septembre dernier et qu’on est en train de t’écrire à cette heure-ci, c’est en grande partie grâce à toi. Parce que t’as fait de Jordan un Dieu vivant, parce que l’individualisation du basket a créé un boom économique et médiatique exceptionnel, même si James Naismith doit avoir un peu la haine de voir son bébé oublier autant de principes collectifs. Parce que rassembler des milliardaires pour suivre un seul et même chemin c’est pas facile, et les rendre encore plus riches l’est encore moins. Parce que faire du basket le possible second sport le plus pratiqué et suivi dans le monde entier, c’est une performance d’une taille que même Durant ne peut envisager dans toute sa carrière. La NBA est devenue un produit plus qu’une Ligue certes, mais bon sang qu’il vend du rêve ton matos.

Bref, on s’est un peu lâché mais on voulait simplement te dire : merci. Si on avait pas croisé la route de Papa ou de Maman pendant notre adolescence, on élèverait sûrement Tony Vairelles ou Christophe Dominici au rang de divinités (bon en même temps ils le sont). C’est pas que ça nous déplait, mais la NBA est tellement kiffante, belle et mondiale qu’on ne peut que remercier son baby-sitter. Merci pour ces trente années de tyrannie, des fois insupportables, mais rarement contre-productives. C’est borderline, désagréable et flippant d’imaginer la suite sans toi. En espérant que tu t’es pas gouré en nommant l’autre tige à ta place, bonne retraite à toi et bon vent.

PS : n’oublie pas de repasser ici ou là pour lui donner quelques conseils. C’est pas qu’on déteste les maillots à manches avec des pubs dessus, mais si en fait.

Bisous, un rédacteur TrashTalk.

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