Dossiers NBA

Oscar Robertson : joueur compte triple

Dans l’histoire de la NBA, il y a les joueurs complets, les joueurs ultra complets, ces basketteurs capables de faire de tout et en grande quantité sur un parquet. Et puis, au-dessus de la mêlée, il y a Monsieur Oscar Robertson. « The Big O », le joueur le plus complet de sa génération, peut-être même de tous les temps. Il fête aujourd’hui ses 75 ans.

Evidemment, étant donné que la carrière d’Oscar Robertson s’étend de 1960 à 1974 et qu’il est toujours épineux de comparer les époques, il devient difficile de classer pertinemment ce joueur hors normes qui a connu la ligue dominée par les grands Celtics et les Wilt Chamberlain ou autre Walt Bellamy. Un joueur qui a vu Kareem Abdul-Jabbar faire ses premiers pas professionnels sur un parquet et avec lequel il a d’ailleurs formé un duo injouable qui emmena les Milwaukee Bucks jusqu’au titre de champion en 1971. Ce sera la seule bague remportée par Big O (Celtics et Lakers obligent…) mais il n’est pas là l’héritage laissé par ce bon Oscar.

Non, car le patrimoine laissé par Robertson au Basketball se chiffre tout simplement en points, en rebonds, en passes décisives et en… Triple Double. Oui Oscar Robertson est le roi, que dis-je, l’Empereur du Triple Double. Il en a réalisé 181 en carrière ! Un record qui n’a même pas été ne serait-ce qu’approché depuis. Magic Johnson et Jason Kidd ont pourtant bien essayé mais ils se sont arrêtés respectivement à 138 et 107. Très loin donc des 181 de Big O. A l’heure où on s’extasie devant certaines feuilles de matchs monstrueuses rendues par Lebron James qui est le joueur le plus complet du moment, que dire des stats de Robertson ? Que dire de ces lignes statistiques venues d’ailleurs ?

Visez plutôt : Sur ces 5 premières saisons soit presque 400 matchs, avec les Cincinnati Royals, Oscar Robertson c’est 30,3 points, 10,6 passes et 10,4 rebonds. Ce joueur d’1m95 pour 100kg – qui était naturellement un meneur de jeu mais qui pouvait évoluer au poste 2 voire au poste 3 – est d’ailleurs le seul de l’histoire à avoir réussi une saison complète en triple double de moyenne.

Et oui ! Lors de la saison 1961/62, il a tourné à 30,8 points, 12,5 rebonds et 11,4 passes décisives ! Inutile de vous frotter les yeux, vous avez bien lu… Voilà une ligne statistique à faire passer les Magic, Bird, Jordan ou autre James pour des joueurs « corrects » ! Une saison entière en triple double, rien que le fait de le dire ou de l’écrire, on a l’impression de faire de la science-fiction. Le plus fort c’est que, vous l’aurez compris en découvrant les stats de ses 5 premières saisons, Robertson est passé à un cheveu de réaliser cet exploit plusieurs fois.

Pour sa saison de rookie par exemple, il ne manque à Big O que 0,3 passes décisives par match pour conclure l’exercice sur un triple double de moyenne par rencontre (30,5 points, 10,1 rebonds et 9,7 passes) ! Inutile de préciser que ça lui a valu d’être sélectionné directement au All Star Game et d’être élu rookie de l’année en fin de saison, ça tombe sous le sens… En 1963/64, il ne lui manque que 0,1 rebond (9,9 sur la saison) pour accompagner ses 31,4 points et ses 11 passes décisives par match vers un autre exercice en triple double ! Robertson c’est un meneur qui, à 77 reprises, a marqué 40 points ou plus et qui, à 21 reprises, a délivré 19 passes décisives ou plus. Un monstre des parquets, un joueur qui, chaque soir, rendait dingue le gars responsable de remplir les boxscores…

En plus, The Big O ne se contentait pas de noircir violemment la feuille de stats, il savait également assurer le show et parfois de manière peu orthodoxe mais toujours avec une efficacité fabuleuse. Avec son sens inné de la passe, sa belle mécanique de shoot, son fadeaway au poste, ses pénétrations tout en puissance et ses rebonds arrachés ou attrapés de manière spectaculaire, Oscar Robertson a régalé le public de Cincinnati, de Milwaukee et de toute la NBA pendant 14 saisons. Réputé très exigeant avec lui-même et avec ses coéquipiers, Oscar Robertson a bâti son immense épopée dans la ligue à force de travail acharné. Un forcené de l’entraînement qui ne s’est jamais reposé sur son talent ou sur ses aptitudes physiques très au-dessus de la moyenne. Un talent pur au service du collectif, un joueur qui n’avait qu’une idée en tête lorsqu’il entrait sur un terrain : gagner; Et si pour ça, il fallait s’occuper du scoring, des rebonds et de « caviardiser » les copains, ce n’était pas un problème.

« Je pense que les joueurs de Basketball doivent faire en sorte que le boulot soit fait, peu importe de quoi ça a l’air sur les écrans. »

Au final, et même si ses stats ont naturellement baissé au fil des ans, c’est une carrière énorme qu’Oscar Robertson a laissé derrière lui (25,7 points, 9,5 passes et 7,5 rebonds par match). Une carrière mise en valeur également par une bague de champion en 1971 donc mais aussi par un titre de MVP en 1964, 12 sélections au All Star Game dont 3 fois où il en fut le MVP et un maillot retiré par trois franchises : les Cincinnati BearCats (#12), les Milwaukee Bucks (#1) et les Sacramento Kings (#14). Un grand monsieur du basket qui, j’en prend le pari, va souffler une triple bougie aujourd’hui pour son 75ème anniversaire…

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