Dossiers NBA

Lakers / Clippers : La passation de pouvoir ?

Bien que seize titres de rang les séparent de leurs voisins de palier, les Los Angeles Clippers semblent à présent fort déterminés à sortir du ridicule moqueur qu’on leur prêtait depuis 1970, date de leur création. Soumis au silence lors des glorieuses épopées successives des Lakers, ils ne cessent de ravir et de séduire aujourd’hui un nombre croissant de fans de NBA aux quatre coins du globe au moyen d’un jeu spectaculaire et osé des deux côtés du terrain, si bien, qu’à l’aube de la nouvelle saison approchant à grands pas, ceux-ci s’apprêtent activement à conquérir le trône de la Cité des Anges…

A la croisée des chemins

En comparant les résultats obtenus par les deux rivaux lors de l’exercice 2012/2013 écoulé, aucune différence significative n’a l’air de vouloir sortir à la surface: deux entraîneurs, Vinny Del Negro pour les Clips et Mike D’Antoni à l’autre bout du ring, plus que décriés et critiqués à leur tête, un bilan négatif et décevant durant les Playoffs, sèchement sweepés par les San Antonio Spurs au premier tour pour les uns et évincés brutalement pour les autres après avoir menés 2-0 dans leur série face aux Grizzlies de Memphis. Cependant, à l’inverse des Lakers qui ont subi les conséquences d’un pari raté, surcoté avec l’affaire Dwight Howard, le laissant faire ses valises pour le Texas et les Houston Rockets cet été, les Clippers, quant à eux, ont changé radicalement de mode opératoire en s’attachant les services et l’expertise de Glen « Doc » Rivers, célèbre stratège des Boston Celtics.

Avec cette arrivée pareille à un triomphe à la romaine, l’ensemble de cette organisation en devenir y voit comme le moyen privilégié de faire fructifier ses acquis tout en renforçant ses faiblesses; le créateur et franchise player, Chris Paul, est confirmé pour cinq ans de plus et 107 millions de dollars, Blake Griffin prend conscience de son importance dans la réussite future de son escouade, tandis que de nouveaux mercenaires, Darren Collison, Jared Dudley et « Jean-Jérôme » Redick rallient également le navire flambant neuf des Clippers. Ainsi, les nuits estivales californiennes leur ayant porté conseils, une ambition féroce s’est construite au sein du groupe, relayée activement par la sphère médiatique, qui ne saurait présager autre chose qu’une envie commune et insistante dans le but de dépasser cette condition péjorative au-devant de l’histoire magnanime écrite par les Lakers. Même si une humilité formelle, instaurée d’emblée dans les esprits par Rivers, s’impose quant à tout excès de puissance prématuré, le contraste actuel avec les Lakers en devient désormais plus que saisissant. Devant l’échec cuisant des plans exorbitants de Mitch Kupchak, la blessure au tendon d’Achille de l’emblème de la nation « pourpre et dorée », Kobe Bryant, n’a pas fini d’inquiéter Jack Nicholson et les fans des « Angelinos » quant aux échéances à venir. En bonus, le départ du patron défensif, le controversé Metta World Peace pour New York, marque la fin des choix propices à l’obtention d’un sacre, choix accolés à l’ère victorieuse du « Zen Master », Phil Jackson.

En somme, un parfum de légende qui s’évapore, en proie à un doute persistant qui s’accentue de jour en jour lors de l’évocation espérée d’un retour aux sommets, mais qui cherche à habiter de nos jours les partisans de la « Red Nation » de Californie.

Le « Showtime » revisité

D’un point de vue esthétique, là encore, le ravissement provoqué est tel que la singularité sous-jacente des Clippers en matière de jeu et de création en devient unanime, jusqu’à en persuader l’icône de cette science de l’ « entertainement » façon NBA, baptisée le « Showtime ».

« Je pensais que je ne reverrais jamais le « Showtime » à nouveau. Et j’ai été l’architecte du « Showtime ». Les Clippers ? Ça c’est le « Showtime ». Ils sont le meilleur spectacle qui soit sur Terre », confie Magic Johnson lui-même lors de l’une de ses interventions sur ESPN.

Avec une telle reconnaissance, un passage de témoin se matérialise progressivement, aussi bien dans les interventions que dans les analyses avancées des acteurs de la Grande Ligue. Le tandem offensif Paul-Griffin, agrémenté par les exploits aériens de DeAndre Jordan et les dribbles chaloupés de Jamal Crawford, croît en maturité et en altruisme d’année en année, à tel point qu’il est devenu une marque de fabrique, une arme de pointe destinée à mettre à mal la cohésion défensive de l’équipe adverse pour le plus grand plaisir des spectateurs. Plus qu’une copie conforme ou qu’une réécriture moderne de la magie envoutante de Johnson et de ses passes aveugles en plein cœur de la fougue disco des années 80, ces Clippers nouvelle génération n’ont pas fini de s’accaparer et de personnifier à leur image ce style de jeu impressionnant, signature indélébile des Lakers d’antan. Par ailleurs, en y ajoutant un zeste de rigueur défensive, en référence à l’apport espéré de Dudley, supervisé par un scientifique assidu de la technique et du travail, et une profondeur de banc accrue, en témoigne la présence consistante de Darren Collison comme suppléant de CP3 au poste de meneur et du sniper Redick, fin prêt à défier la chronique, le message prêt à être envoyé à leurs opposants met en évidence une clarté frappante à se défaire des ténèbres malicieuses tissées par des Lakers amoindris, vivants dès lors dans la crainte insoutenable de ne plus revoir leur héros, leur « Black Mamba », revenir au meilleur niveau et les hisser vers un nouveau titre NBA.


Petit aperçu en images du « Showtime » à la sauce « Lob City »…

Bien que tout reste à faire pour les Clips en vue d’un éventuel premier titre, en répondant aux interrogations portées notamment sur l’efficacité de leur jeu intérieur et l’alchimie des nouveaux éléments, le duel fratricide pour le contrôle de la ville de Los Angeles semble, de nos jours, nettement tourner à leur avantage à tout point de vue, qu’il soit passionnel ou factuel. La 12ème place à l’Ouest décernée aux Lakers en vue de la saison à venir souligne les estimations portées à la baisse de la part des observateurs de la ligue, ainsi que le manque de crédibilité dont ils font déjà l’objet, au profit justement de leurs « meilleurs ennemis », revigorés et déterminés à en découdre, pour lesquels tous les feux sont au vert.

Comme un symbole, les deux franchises californiennes auront le privilège de débuter leur course effrénée pour la qualification en Playoffs en s’affrontant dès le premier match de la saison régulière au Staples Center. Voilà une opportunité rêvée pour les Clippers d’asseoir définitivement leur prise de pouvoir sur des Lakers profondément dubitatifs et maladroits dans l’exécution défensive de leurs systèmes, vertu pourtant à l’origine de leur gloire dynastique à travers le temps.

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