Dossiers NBA

Frenchie et Rookie : le bilan d’Evan

Il y a un peu plus d’un an, Evan Fournier était drafté en 20ème position par les Denver Nuggets. Masai Ujiri, alors GM dans le Colorado, ne tarissait pas d’éloges sur le talent du jeune joueur tout juste élu meilleur espoir de Pro A. Depuis, ce mois de juin 2012, le Français a marqué des points, petit à petit, dans l’effectif très dense des Nuggets et a intégré cet été le groupe France.

Une belle année donc pour le plus jeune des Frenchies de NBA. Même si, le 11 août dernier, à l’issue du stage et du tournoi de Strasbourg dans le cadre de la préparation des Bleus pour l’Euro Slovène, Vincent Collet a annoncé les noms des trois joueurs qui n’étaient pas retenus dans les 12. Le jeune Evan Fournier (20 ans) faisait partie des 3 joueurs écartés (avec Léo Westermann et Kim Tillie).
Ce n’est pas malheureusement pas une surprise. Le Nugget avait confié ses difficultés à trouver son rôle au sein des Bleus et donc une adaptation compliquée à l’équipe de France sans pour autant avoir démérité lors du (trop) peu de minutes que Vincent Collet lui a accordé pendant les matchs de préparation. Le coach des Bleus lui a préféré Antoine Diot pour la rotation sur le poste d’arrière. L’ex de Paris-Levallois et nouvelle recrue de Strasbourg (le club de Vincent Collet) ne sort pourtant pas d’une grande saison. Il n’est clairement pas un meilleur joueur que Fournier. Certaines mauvaises langues vont même jusqu’à dire, qu’au-delà du « mal aise » d’Evan Fournier, les dés étaient jetés avant même le 11 août puisque Collet aurait de toutes façons choisi un joueur qu’il va côtoyer durant toute la prochaine saison…

Pourtant, l’ex meilleur espoir de Pro A ne manque pas de talent. Il shoote bien et il est assez grand pour son poste (1m98) tout en restant un joueur très mobile ce qui est plutôt un avantage dans les lignes arrières au basket. Il est capable de scorer dans le périmètre ou en attaquant le cercle et de créer du jeu pour les autres, Evan Fournier est un arrière moderne qui a tout ce qu’il faut pour s’imposer en  NBA dans les années à venir. D’ailleurs, sur les 9 derniers matchs de la saison – profitant de la blessure de Danilo Gallinari qui a obligé George Karl à modifier  ses rotations –  il en a démarré 3 et a joué plus de 22 minutes par match. Résultat : 12,3 points à 52% dont 34,8% à 3 pts, 2,2 rebonds, 2,7 passes et 1,4 interception de moyenne avec une pointe à 24 points face aux Blazers à 8/12 au tir dont 3/5 derrière l’arc le tout accompagné de 4 rebonds, 4 passes décisives et 3 interceptions s’il vous plait ! Une performance qui avait d’ailleurs fait dire ceci à son coach de l’époque, George Karl :

“Je suis tellement content pour lui et, en plus, nous avions besoin de ce qu’il a fait. J’avais peur pour ce match mais, le voir se mettre en valeur comme ça, comme s’il l’avait déjà fait des centaines de fois, c’était vraiment très impressionnant. D’autant plus qu’il faut bien avoir à l’esprit que ce gamin est un bon défenseur. Nous voulions le faire jouer plus mais Andre Miller et surtout Corey Brewer ont joué à un très haut niveau toute la saison.”

Le public du Pepsi Center l’a même adopté et un journaliste de Denver a carrément baptisé notre Frenchie : “More Champagne” en référence au titre “Players Club” du rappeur 4-Tay. Un surnom, c’est une première étape peut-être avant de se faire un nom dans le Colorado…
Mais depuis, George Karl a obtenu le titre de Coach de l’année puis s’est fait (très logiquement…) licencier par les Nuggets qui l’ont remplacé par Brian Shaw. L’ancien assistant de Phil Jackson aux Lakers et de Franck Vogel aux Pacers entame sa première expérience en tant que Head Coach. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle pour notre Frenchie ? Difficile à dire car nous ne savons pas encore quel rôle Brian Shaw prévoit de donner à son jeune arrière.

Ce que nous savons en revanche, c’est que les Nuggets ont perdu Iguodala (parti aux Warriors) qui était le titulaire au poste 2 la saison dernière. Les pépites de Denver ont beaucoup de meneurs dans leur roster avec Ty Lawson, Randy Foye, Andre Miller et Kryponate. Il sera donc difficile à Fournier de glaner quelques minutes sur ce poste mais sur le poste de deuxième arrière, les possibilités existent car le départ d’Iggy laisse Evan en seul vrai spécialiste du poste 2. Bien sûr Randy Foye, qui est plus un combo-guard, et Jordan Hamilton, qui est plus un ailier, peuvent jouer à ce poste d’arrière, Andre Miller l’a fait aussi la saison dernière mais c’est tout de même une concurrence beaucoup moins rude que celle d’un All Star comme Andre Iguodala.

A priori, l’effectif de Denver est complet et ne devrait pas subir de gros bouleversements d’ici le début de la prochaine saison. Quelle sera la place de notre Frenchie au sein de ce roster riche ? Quel rôle Brian Shaw voudra donner à Evan Fournier ? Le mettre dans la rotation sur le poste 2 derrière Foye ou Hamilton ? Le titulariser de temps en temps en fonction des besoins, des blessures ou de la forme du moment ? Beaucoup d’incertitudes mais en même temps beaucoup d’espoirs pour le Français dont le talent ne demande qu’à éclater en NBA et peut-être plus tard sur la scène internationale…

Les 24 points d’Evan Fournier face aux Blazers. Le “Vive la france” du commentateur à 2’36 est tout simplement priceless ! 
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