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[Finals Game 6] Dernière minute : Ou comment offrir le match à l’adversaire

On aura eu droit à de très belles Finales, et notamment à des matchs 6 et 7 de folies. On reviendra dans des articles à venir, sur ces quelques actions de folies qui auront marqué cette série. Au final c’est le Miami Heat qui s’est imposé, sans pourtant montrer une réelle domination sur les San Antonio Spurs. Ces derniers peuvent s’en vouloir… après avoir laissé filer ce match 6 à leurs adversaires. Retour sur cette dernière minute avant la prolongation, mélangeant cafouillages, clutch attitudes, et maladresses. C’était un peu quelle équipe offrirait le match à son adversaire…

Replaçons les choses dans leur contexte : Une première mi-temps où les deux équipes restent au coude à coude, sans jamais prendre un écart supérieur à 7 points. Les Spurs sont devant 50-44. Comme à son habitude, le Heat manque sa fin de troisième quart-temps et laisse San Antonio seul en tête (10 points d’avance) à 12 minutes du terme de la rencontre. Mais Miami n’abdique pas et sous l’impulsion de LeBron James, ils recollent parfaitement dans le quatrième quart-temps, repassant même devant. La fin de match promet d’être intense et exceptionnelle… La rencontre est à égalité 89-89.

Après la bombe à trois points de Tony Parker sur la tête du MVP 2013 pour égaliser à 89 partout, Mario Chalmers perd la balle côté Heat, et c’est donc une nouvelle possession pour les Spurs. Tony Parker (encore lui) ne perd pas de temps, transperce la défense du Heat et enchaîne avec son spin move assassin. Il fait filoche. Les Texans reprennent 2 poins d’avance, avec 58 secondes à jouer. Temps mort demandé par Miami. San Antonio est tout près d’un nouveau titre.

La catastrophe pour le Heat…

Remise en jeu de Dwyane Wade qui passe logiquement la balle au King MVP. Il file dans le corner gauche ballon en main. Kawhi Leonard, son adversaire direct le suit, et Mario Chalmers vient lui poser un écran.  Tony Parker prend la place de son coéquipier et se place fermement devant l’ailier du Heat. Il patiente garde la balle et se décide à attaquer le panier à 10 secondes de la fin de possession. Il se positionne dos au panier, se retourne et là… c’est le drame. Il échappe la gonfle et ne réagit pas. Restant quelques secondes sans bouger il revient vers son panier en marchant. Pendant ce temps là TP en profite et donne à Ginobili. Ray Allen n’a pas d’autre choix que de faire faute et d’envoyer son adversaire sur la ligne des lancers. Le Spur ne tremble pas et converti ses deux shoots. 93-89 pour les Spurs à 37 secondes du terme. Mais le drame ne s’arrête pas là pour les floridiens.

Pas de temps mort. LeBron James laisse rouler le ballon jusqu’au milieu de terrain. Il le ramasse et essaie d’aller au panier, mais la très bonne défense de Kawhi Leonard l’empêche d’aller plus loin que la ligne des lancers francs. Il s’arrête, saute ballon en main et le jette très haut vers Chris Bosh près du panier. Le numéro 1 regarde le ballon hors d’accès et Ginobili passe devant Ray Allen pour le récupérer. Drame bis pour le Heat, mais surtout pour LeBron. L’argentin tente de filer vers le panier mais c’est encore Allen qui est obligé de faire faute. Il n’en rentre qu’un sur les deux mais propulse les Spurs à 94-89 avec 28 secondes à jouer. Le titre est presque conquit.

…avant celle pour les Spurs.

Temps mort Miami. Les visages sont fermés et on sent la frustration montée. Spoelstra gribouille sa tablette avec son stylo. Le Heat tente le tout pour le tout et fait rentrer Mike Miller. Il s’occupe de la remise en jeu. Allen pose un écran sur Ginobili et attire Green avec lui. LeBron se retrouve seul et dégaine rapidemment à trois points sans succès. Wade touche le ballon et l’envoi très haut. Pas moins de 6 joueurs (Diaw/Leonard/Ginobili/Wade/Allen/Miller) sautent pour arracher le ballon et c’est finalement Miller qui hérite du ballon. James est alors encore seul à trois points, le numéro 13 lui donne. Il shoot immédiatement et fait ficelle ! La salle reste néanmoins calme, comme si la défaite était inévitable. Miami revient à 2 points, 94-92 à 20 secondes du terme.

Gregg Popovich appelle son dernier temps mort tout en sachant que le Heat fera faute dès la remise en jeu. Et c’est bien ce que Miller fait, envoyant Leonard sur la ligne des lancers francs. Comme Ginobili précédemment, il manque le premier et réussit le deuxième. San Antonio mène 95-92, et l’American Airlines Arena garde espoir. Chalmers remonte rapidemment la balle et se positionne près de son banc de touche. Il arrête son dribble et attend que le système appelé par Spoelstra s’exécute. Wade fait écran pour Allen qui file vers le corner droit. Chris Bosh fait écran sur Parker. James s’écarte d’abord, puis revient à toute vitesse vers son meneur. Il hérite du ballon et balance son shoot. Chris Bosh et Ray Allen filent sous le panier pendant ce temps. Shoot manqué, mais le pivot du Heat s’arrache pour attraper le rebond offensif. Le meilleur shooteur à trois points de l’histoire s’écarte et reçoit la balle dans les 7,23 mètres. Il recule d’un pas et shoot le plus vite possible. Parker et Leonard ne contestent pas le shoot et « Jesus » réussit le plus beau tir de sa carrière. Popovich est furieux. Les arbitres arrêtent le jeu pour revoir l’action. C’est bien un trois points et le match est désormais à égalité 95-95. La salle est en feu. Pas de temps mort. Les Spurs possèdent 5 secondes pour rentrer la gonfle dans l’arceau. TP se place au milieu de terrain et court chercher le ballon. Il se précipite -peut être un peu trop- et se retrouve en très mauvaise position, sur le côté du panier avec un angle très fermé. Son shoot heurte la tranche de la planche. Prolongations.

Miami au forceps.

C’est sans doute sur les 28 dernières secondes que les Spurs perdent leur titre. Après avoir offert 5 points d’avance au Spurs, Miami s’était tiré une balle dans le pied, au point de leur donner le Game. Mais San Antonio ne semblait pas décidé à gagner. Ils offrent à leur tour le match à l’adversaire sur deux lancers francs manqués…

Les deux dernières minutes en vidéo :

 

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