Cleveland, l’énorme pari James Harden
Le 04 févr. 2026 à 04:23 par Nicolas Vrignaud

Édito. En récupérant James Harden cette nuit dans un très gros transfert avec les Clippers, les Cavaliers jouent leur va-tout sur le plan sportif. Récupérer le titre au plus vite, au risque de perdre non seulement leur nouvelle recrue, mais aussi Donovan Mitchell. Un pari très (trop) risqué..?
Les Cavaliers ont sans doute brisé nombre de leurs fans cette nuit sur le plan sentimental. Transférer Darius Garland laissera des traces. S’il n’est pas le meilleur meneur de la ligue, ni même de la Conférence Est, ni même de la division Central, il est celui qui incarnait jusqu’à ce mercredi 4 février l’âme de la franchise.
Un joueur arrivé juste après la fin de l’ère LeBron James dans l’Ohio, qui a noué un lien fort avec les fans en étant nommé All-Star à deux reprises… un joueur souvent blessé récemment, mais un joueur coup de coeur, un joueur totem. Ce soir, c’est fini, cette relation sacrifiée sur l’autel des espoirs un peu fous de titre NBA.
Et pour aller chercher ce tant désiré titre NBA, les Cavaliers ont jeté leur dévolu sur James Harden. Un joueur expérimenté, qui réalise une très belle saison jusqu’ici sur le plan individuel, et qui, associé à Donovan Mitchell, pourrait selon le front office de la franchise emmener Cleveland vers les sommets. Deux attaquants hors-pair, capables de faire basculer les matchs de leur seul talent offensif.
Un passeur de génie pour Evan Mobley et Jarrett Allen. Un joueur qui peut bonifier les deux intérieurs des Cavaliers, fortement augmenter leurs rendements offensifs, alors qu’ils sont déjà de vraies armes sur le plan défensif. Un cinq majeur assez impressionnant sur le papier.
Oui, mais. Cleveland a peut-être ce soir joué l’un des plus gros coups de poker de son histoire.
On gagne un énorme attaquant, on prend aussi le piètre défenseur qui va avec. James Harden n’est pas le genre de garçon qu’on va missionner pour garder un élément majeur adverse. Il est au contraire celui que l’on va cibler pour marquer des points sans grand effort. Et dans une série de Playoffs, c’est loin d’être le plan idéal.
Avec Donovan Mitchell, il faudra partager le ballon, respecter une hiérarchie. Déjà, on pense à l’adaptation au jeu de Kenny Atkinson, à la mise en place d’un relationnel sain avec les coéquipiers et le front office. Ce qu’Harden n’a pas tout le temps su faire par le passé.
Puis vient le plan contractuel.
Et c’est là que les Cavaliers jouent très gros. James Harden sera agent libre dans quelques mois, à l’été 2026. Il veut absolument un dernier gros contrat, toucher le maximum possible. Cleveland, en lâchant Darius Garland, n’a plus d’autre choix que de donner à Harden les sous qu’il demande. Et ce même si une aventure en Playoffs cette saison venait à tourner au vinaigre.
Maintenant, en faisant entrer Donovan Mitchell dans l’équation, on ajoute de la difficulté au dossier. La star actuelle des Cavs pourrait très bien, comme quelques rumeurs l’ont déjà rapporté cette saison et l’été passé, choisir de partir en cas de résultats décevants au printemps. Pire : rester une saison supplémentaire et partir libre à l’été 2027, date de la fin de son contrat garanti. Ce qui laisserait les Cavaliers avec un James Harden de 37 ans payé au maximum et possiblement intransférable sans y ajouter de capital Draft, et les yeux pour pleurer.
Les Cavaliers ont donc tout au plus 18 mois pour le titre NBA. Passé cette fenêtre, on entre dans l’obscur, dans le fortement hypothétique. Sachant que les Pistons sont au top, que les Celtics carburent fort sans leur meilleur joueur, que les Knicks tiennent toujours un gros effectif taillé pour les Playoffs.
Pari énorme, mais plus grand est le risque, plus belle est la récompense, comme dirait l’autre.
