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Les Warriors sont de retour en Finales NBA, trois ans après : focus sur ces 6 étapes qui ont permis aux Dubs de relancer leur dynastie

Pour la sixième fois en huit ans, les Warriors sont champions de l’Ouest. Comment ont-ils réussi à revenir au sommet ?

Source image : NBA League Pass

En assurant la qualification cette nuit contre les Mavs au terme d’un Game 5 maîtrisé, les Warriors ont validé leur ticket pour retourner en Finales NBA, trois ans après leur dernière apparition quand ils évoluaient encore à l’Oracle Arena d’Oakland. Un retour au premier plan qui s’est construit à travers six étapes majeures. Six étapes pour un sixième titre de champion de l’Ouest. 

Le retour du trio Curry – Green – Thompson

C’est une évidence, alors on le met direct. Le retour en forme du noyau dur de la dynastie Warriors est au cœur du retour de Golden State sur la grande scène des Finales NBA. Petit rappel, Klay Thompson a passé deux saisons complètes sur la touche entre 2019 et 2021 après avoir enchaîné rupture des ligaments croisés et déchirure du tendon d’Achille. Stephen Curry n’avait lui joué que cinq matchs lors de la campagne 2019-20 à cause d’une fracture à la main. Quant à Draymond Green, il a également connu pas mal de petits bobos (43 matchs joués seulement en 2019-20) après l’enchaînement exceptionnel de cinq Finales NBA consécutives (pour trois titres de champion). Vous l’avez compris, les blessures ont été la première raison de la chute brutale de la franchise de Golden State après son règne sur le Wild Wild West, maintenant qu’ils sont en bonne santé c’est toute la Baie de San Francisco qui est à nouveau en fête.

Certes, cela ne s’est pas fait de façon aussi linéaire qu’on le présente ici. Curry et Green ont eu quelques pépins au cours de la saison actuelle (18 matchs ratés pour Steph, 36 pour Draymond), Thompson connaît forcément des hauts et des bas suite à ses deux saisons blanches, et d’autres éléments qu’on verra par la suite ont contribué à ce retour au top de Golden State. Mais quand ces trois-là sont ensemble sur le parquet et pratiquent le Warriors basketball prôné par Steve Kerr, le reste de la Conférence Ouest n’a pas d’autre choix que de s’incliner. La relation Curry – Green n’a peut-être jamais été aussi bonne, tandis que Thompson prouve qu’il reste un véritable killer dans les matchs à élimination (30 points dans le Game 6 contre Memphis, 32 points dans le Game 5 cette nuit contre Dallas). Avec leur talent, leur expérience et leur ADN de champion, ils connaissent la route des Finales NBA par cœur.

L’explosion de Jordan Poole

Jordan Poole venait tout juste d’avoir 16 ans au moment du premier titre des Warriors de l’ère Stephen Curry en juin 2015. Aujourd’hui, il est un élément crucial du retour de Golden State au sommet de l’Ouest. Sélectionné en fin de premier tour à la Draft 2019 par les Dubs, Poole a connu des débuts en NBA assez compliqués, surtout qu’il est arrivé dans la Baie pile lors de la saison où les Warriors ont visité les bas-fonds de leur conférence (15 victoires – 50 défaites en 2019-20, pire bilan NBA). Cela lui a certes permis d’avoir du temps de jeu, mais ça a surtout montré tout le travail qu’il devait réaliser pour espérer devenir un jour un bon joueur NBA.

Et le travail, Jordan Poole l’a fait car il a progressé à vitesse grand V ces deux dernières saisons aux côtés de Stephen Curry, Draymond Green et Cie. L’arrière faisait partie des favoris pour le titre de MIP cette année après avoir fini sa campagne sophomore en trombe, on peut dire qu’il a assumé ce statut (il a terminé quatrième de la course) cette année : 18,5 points et 4 passes décisives de moyenne à 45% au tir et plus de 36% du parking, c’est du solide et il a en plus lâché quelques grosses performances lors de ces Playoffs 2022, à tel point qu’on a commencé à parler de lui comme d’un troisième Splash Brothers. Il sait scorer, il sait créer, il sait shooter, il sait faire jouer les autres, bref on parle d’un véritable dynamiteur pour l’attaque des Warriors, qui a en plus réussi à s’adapter à différents rôles au cours de la saison en fonction de l’absence et du retour de Klay Thompson. Souvent titulaire cette année, sixième homme aujourd’hui, Jordan Poole apporte une dimension supplémentaire aux Dubs tout en veillant à respecter le système offensif de Steve Kerr, basé sur le mouvement du ballon et des joueurs ainsi que de nombreux cuts et écrans. Pour info, il est le seul joueur en dehors de Kevin Durant à offrir une telle production offensive derrière Stephen Curry et Klay Thompson depuis le début de la dynastie Warriors en 2015.

La blessure de James Wiseman

Ceci n’est absolument pas une pique envers James Wiseman, mais l’un des tournants dans le retour au premier plan des Warriors date d’avril 2021, quand le deuxième choix de la Draft 2020 s’est blessé. Il y a un peu plus d’un an, le jeune pivot se déchirait le ménisque et laissait ainsi sa place de titulaire. Une blessure qui a mis un terme à une saison rookie plutôt compliquée durant laquelle il a eu du mal à s’intégrer dans le système Warriors. Pas très étonnant pour un gamin de seulement 20 piges, y’a même des vétérans qui galèrent à capter tous les concepts du basket made in Golden State. Mais avec Wiseman à l’infirmerie, le coach Steve Kerr a redonné plus de responsabilités à Kevon Looney, véritable soldat des Warriors depuis 2015 et qui connaît beaucoup mieux le fonctionnement de la maison. Le retour de Looney dans le cinq – aux côtés de Curry, Green, Kent Bazemore et Andrew Wiggins – a été l’une des raisons de la très belle fin de saison de Golden State l’an passé, la franchise californienne remportant 14 de ses 19 derniers matchs sous cette formule. Et si les Warriors ont fini par échouer aux portes des Playoffs en s’inclinant deux fois de suite au play-in tournament, cela a redonné le goût de la postseason aux Dubs et remis les bases de leur succès passé au goût du jour.

« La dernière vingtaine de matchs l’an dernier, quand on a fini avec un bilan de 15-5, et qu’on a accroché la huitième place pour ensuite perdre au play-in, c’était une bonne chose pour nous afin de comprendre à quel point chaque possession est importante en postseason et l’intensité qu’il faut avoir. […] Et cela a eu son effet cette saison, et lors de ces Playoffs. »

– Stephen Curry

Aujourd’hui, peut-être plus que jamais, on voit à quel point Kevon Looney est crucial dans le succès de Golden State. Le pivot de 26 ans sort d’une série face aux Mavericks (10,6 points, 10,6 rebonds) où il a eu un énorme impact, que ce soit au rebond pour donner notamment de nouvelles opportunités à ses copains ou à travers sa belle polyvalence défensive. Il sait finir les actions, il est précieux dans sa moitié de terrain et c’est un joueur intelligent, typiquement le genre de qualités que kiffent Steve Kerr. Et les Warriors ne seraient sans doute pas en Finales NBA aujourd’hui sans les grosses perfs du bonhomme sur cette campagne de Playoffs.

Le choix du présent sur le futur

Quand vous êtes habitués au succès mais que vous passez brutalement des sommets de la NBA à deux saisons consécutives sans Playoffs, forcément des questions commencent à se poser. Est-ce qu’on fait tout pour relancer la dynastie ? Est-ce qu’au contraire on commence à penser à l’avenir en développant plus les jeunots à gros potentiel qui arrivent via la Draft, comme James Wiseman par exemple ? Bien évidemment, pour le trio de trentenaires Steph – Klay – Draymond, c’est la première option qu’il fallait choisir. Mais pour certains dirigeants de la franchise californienne, ce n’était pas aussi évident, surtout que revenir au top a également un coût financier. La situation des Warriors était tellement unique qu’il n’y avait pas forcément de consensus au sein de l’organisation, ni de modèle sur lequel se baser.

Mais au final, Golden State a fait le choix du présent sur le futur. En octobre dernier, Steve Kerr a annoncé la couleur en déclarant que les Warriors allaient « chasser les victoires » cette année, une formule utilisée en référence à une autre décla sortie quelques mois auparavant quand il avait annoncé que son équipe ne cramerait pas Steph Curry lors de la saison 2020-21 juste pour « chasser les victoires ». Une petite blagounette à la Stevie, mais une blague qui ne fait plus rire personne dans la Conférence Ouest. En plus de lâcher certains éléments qui ne correspondaient finalement pas vraiment à la culture du jeu de Golden State (Kelly Oubre Jr. par exemple, qui était absent lors de la grosse fin de saison de GS en 2020-21), les Warriors ont recruté des vétérans adaptés à leur système durant la dernière intersaison, eux qui ont fait revenir l’un des membres clés de la dynastie Andre Iguodala tout en signant Otto Porter Jr. et Nemanja Bjelica. OPJ s’est montré précieux à plusieurs reprises durant ces Playoffs 2022 tandis que Bjelica, comme un symbole, a aidé les Dubs à retrouver les Finales cette nuit en remplaçant avec succès un Porter Jr. blessé. Cependant, privilégier le court terme ne signifie pas pour autant sacrifier le développement des jeunots. Car si les lottery picks de la Draft 2021 Jonathan Kuminga et Moses Moody ont parfois (voire souvent dans le cas du second) squatté le banc cette année, Steve Kerr n’a pas eu peur de faire appel à eux dans certains moments importants, notamment sur ces Playoffs 2022. Les Warriors ont donc su trouver le bon équilibre à une situation qui n’était pas facile à gérer, et qui pouvait potentiellement créer de vraies tensions au sein de la franchise.

Le transfert et la métamorphose d’Andrew Wiggins

Impossible de parler du retour des Warriors en Finales NBA sans parler d’Andrew Wiggins. On a déjà lâché un gros dossier sur le bonhomme il y a quelques jours donc on ne va pas s’éterniser, mais Wiggs représente clairement un difference-maker pour cette version-là de Golden State. Récupéré en février 2020 dans le cadre du transfert de D’Angelo Russell (qui fut récupéré lors du départ de Kevin Durant à Brooklyn via un sign-and-trade à l’été 2019) aux Timberwolves, Wiggins est un autre homme aujourd’hui dans la Baie, lui qui est devenu All-Star avec les Warriors et qui a joué un rôle crucial dans le parcours de GS sur ces Playoffs 2022. Sa grosse défense (notamment sur Luka Doncic) associée à sa belle agressivité offensive ont fait basculer plusieurs rencontres en faveur des Californiens. Bref, une plus-value indiscutable pour la bande à Steve Kerr. Et comme si ça ne suffisait pas, on rappelle que son transfert a permis aux Dubs de récupérer en plus un choix de premier tour de draft appartenant à Minnesota, qui s’est transformé en… Jonathan Kuminga (septième choix).

Une Conférence Ouest moins compétitive que les années précédentes

Les Warriors ont fait tout ce qu’il fallait pour espérer reprendre le trône de l’Ouest, mais ils ont également bénéficié d’un petit alignement de planètes dans leur retour au sommet. Durant leur campagne de Playoffs 2022, Stephen Curry et ses copains ont d’abord rencontré des Nuggets privés de Michael Porter Jr. et Jamal Murray. Ensuite, ils ont joué une équipe de Memphis très accrocheuse mais qui a dû faire sans sa superstar Ja Morant pendant la deuxième moitié de la série. Et en Finales de Conférence Ouest, les Dubs ont battu une équipe de Dallas encore un peu trop Luka Doncic dépendante, et forcément cramée après avoir sorti la meilleure équipe de saison régulière en sept matchs au tour précédent (victoire 4-3 face aux Suns).

Sans vouloir remettre en question le succès actuel des Warriors, la Conférence Ouest n’est plus aussi terrifiante aujourd’hui en comparaison avec la dernière décennie. Il y a des bonnes équipes, il y a des équipes qui montent, mais ça ne ressemble pas au Wild Wild West d’il y a quelques années, la faute notamment à certains absents de marque (on a parlé des Nuggets au-dessus, mais les Clippers ont aussi été privés de Kawhi Leonard toute la saison et Paul George pendant longtemps) et le déclin d’autres franchises (Lakers évidemment, mais aussi le Jazz qui n’a pas été au niveau de l’an passé). En 2015, quand Golden State a remporté son premier titre, pas moins de sept équipes avaient terminé avec minimum 50 victoires en saison régulière. En 2016, les Dubs étaient en concurrence avec les infatigables Spurs et le Thunder du duo Kevin Durant – Russell Westbrook. L’année suivante, ces Spurs étaient toujours là et les Rockets de James Harden montaient en puissance, eux qui ont ensuite poussé Golden State dans ses retranchements avec une série en sept matchs lors des Finales de Conférence Ouest 2018. Cette année, avec l’élimination prématurée des Suns (64 victoires en régulière) et les pépins physiques rencontrés par les adversaires, on a le sentiment que les Warriors n’ont pas vraiment été challengés comme ils auraient pu l’être. Tant mieux pour eux, on ne va pas leur reprocher ça et ils ont parfaitement fait le boulot, mais c’est à prendre en compte.

Les Warriors sont de retour au sommet de la Conférence Ouest, trois ans après. Trois ans durant lesquels il s’est passé beaucoup de choses dans la Baie mais la franchise de Golden State a finalement réussi à retomber sur ses pattes. À eux désormais de conclure en beauté en allant chercher un quatrième titre NBA face à Boston ou Miami, histoire de valider tout ça avec le tampon « Champion NBA ».

1 Comment

1 Comment

  1. el barbudo

    28 mai 2022 à 10 h 34 min at 10 h 34 min

    Tout à fait d’accord sur la 6e étape, la conférence Ouest cette année n’est pas vraiment « sauvage » comparée aux autres années des titres des Warriors.
    C’est pourquoi je ne les vois pas champions malgré le basket total proposé qui fait tant plaisir à voir.
    Le Heat ou les Celtics leur proposeront une adversité bien plus solide qu’ils ont connu jusque là.

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