Les Français en NBA

Killian Hayes envoie sa meilleure perf’ en carrière : 26 points, 7 rebonds, 8 assists et 5 interceptions, le dragster ne s’arrête plus

Killian Hayes

Le Brésil jouait en bleu ce soir.

Source image : NBA League Pass

À l’heure où le rideau de la Mie Câline place Travot est baissé, l’un de ses anciens clients bosse à plein régime. Une accroche de dingue dont nous ne sommes pas peu fiers. En parlant de fierté, Cholet se noie dedans : Killian Hayes, l’enfant du pays, surfe sa première vague NBA. On débrief.

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Quelle chanson jouera-t-il ? La classique, celle du jeune trop en retrait pour confirmer ? La prise de recul est le poison d’une bonne dynamique. On le sait, car certains oisillons tricolores ne se sont jamais envolés. Les Pistons ne jouent plus rien. Killian Hayes doit faire cavalier seul, prendre les tirs qu’il a envie de prendre, rater ceux qu’il doit rater, mais éviter de se fondre dans la masse statistique en repartant sur des matchs à 6 points et 2 assists. Ne pas réfléchir, lâcher les chevaux.

Titularisé aux côtés de Cade Cunningham, trois minutes suffisent à Killian Hayes pour effacer notre quiétude : d’un floater main gauche sur Théo Maledon, l’arrière des Pistons annonce la couleur. Plutôt déloyalement d’ailleurs. Profiter des lacunes défensives d’un compatriote pour briller ? Elle est belle la France. Mais à cet instant, Gustave Eiffel et Johnny Halliday ne comptent plus dans l’esprit de Killian. Il joue comme un lynx bodybuildé, déclenche des passes brillantes au dernier moment, monte à 323 km/h en transition et spamme le combo « je dégage mon défenseur à l’épaule puis termine main gauche ». Toute la lumière est pour lui. Il y a juste ce dénommé Lindy Waters III qui nous intrigue côté Thunder. Sur absolument tous les fronts, ce petit ailier tatoué fait ses stats. Le genre de gars qui porte des débardeurs et ne prend pas les mêmes vaccins que tout le monde. M’enfin, que les joueurs de fond de banc fassent leur spectacle, Killian Hayes est en train de signer son acte de naissance en NBA. On apprécie également le tomar rageur d’Olivier Sarr, passé dire bonjour. Et puis dans l’ombre de tout ce barouf, Jaylen Hoard traine sous les cercles : l’ancien de Wake Forest terminera d’ailleurs la partie avec 11 points et 20 rebonds. Un double-double de carreleur que l’on n’avait absolument pas vu venir. Dernière image avant l’entracte, Dwane Casey glisse un petit sermon à Killian. On dirait Gregg Popovich et Tony Parker (non). Le Français en est déjà à 16 points, 3 rebonds, 3 assists et 3 interceptions, à 54% au tir dont 2/5 du parking. Allez bonhomme, double-nous tout ça. Frappe un grand coup sur une équipe créée pour les encaisser.


Retour aux affaires ambitieux pour les Pistons : Cade Cunningham, Saddiq Bey et Isaiah Stewart sont ficelés au banc. Tous les joueurs présents sur le parquet deviennent les acteurs d’un tanking évident. Mais à 20 ans et « seulement » 87 matchs NBA dans les pattes, Killian est en train de réciter sa meilleure partition. Il ne lèvera pas le pied. Trois jours après avoir dérobé l’âme de James Johnson, le Français remet ça en enfermant le bon sens d’Aaron Wiggins dans un tube à essai. Son jeu d’appuis n’efface pas son vis-à-vis mais l’aplati pendant le dernier geste. Le défenseur ne peut plus sauter, pris dans un tourbillon de contrepieds. Vint ensuite une période creuse entre le milieu du 3è quart-temps et celui du 4è, lors de laquelle Killian retombe dans ses travers et pêche à 3-points. Mais Dwane Casey le laisse faire. Les Pistons sont devant et ne seraient pas contre un largage de lest. Discret mais efficace, Théo Maledon tente d’amorcer un retour de son Thunder, en vain : Detroit remporte le match qu’il ne fallait pas remporter.

On parle peu de lui mais il enchaîne les bonnes perfs, Théo Maledon termine la partie à 28 points, 6 assists et 6 rebonds à 46% au tir dont 3/8 de loin. Une performance XXL validée en sous-marin. On ne le criera cependant pas sur tous les toits. Le meneur du Thunder connait déjà ces soirées, contrairement à Killian qui les découvre : 26 points (career high), 7 rebonds, 8 assists, 5 interceptions et 2 blocks, à 48% au tir dont 2/9 à 3-points. Pour la stat un peu originale, avec les ajouts de Jaylen Hoard et Olivier Sarr, la France a envoyé 76 points, 38 rebonds, 19 assists, 8 blocks et 6 interceptions. On dirait les stats d’une bonne équipe de LNB. Allez, pour conclure ce papier sur une petite note plus calme, ce n’était que le Thunder en face, et les cadres de Detroit n’ont pas vu le jour en seconde période. Mais on ne finira pas là-dessus. Il faut électriser votre samedi. Le saviez-vous ? Killian est le premier joueur des Pistons depuis Grant Hill en 98, à lâcher un match en 25-5-5-5. Dantesque.

Le mot de Saint-Nicolas qui félicite ses padawans. Si Killian Hayes continue son tapage de pied avec sa meilleure performance en carrière, Théo Maledon, Olivier Sarr et Jaylen Hoard l’ont convenablement accompagné. « Magnifique, esseptionnel, du haut niveau ! ».

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