Coach Rankings

Coach de l’Année 2020-21 : Monty Williams et Tom Thibodeau pimentent le sprint final, Quin Snyder en sueur

Tom Thibodeau

On n’aimerait pas être à la place des votants.

Source image : YouTube

Comme chaque année, la concurrence est féroce sur les parquets mais la guerre que se livrent les techniciens depuis leur banc respectif n’est pas non plus à sous-estimer. Derrière chaque équipe qui tourne bien se cache un cerveau brillant pour tenter de tirer le meilleur de son groupe. Chaque mois durant la saison, nous dresserons donc un ranking des coachs les plus en forme avant que les votes ne départagent pour désigner celui qui porte le mieux le stard-co dans la Ligue pour les NBA Awards de fin d’année. Un trio cristallise l’attention lors de ce dernier checkpoint de la saison.

Pour établir ce classement de manière totalement sérieuse et subjective, de nombreux critères seront tout de même pris en compte tels que le bilan collectif, le fond de jeu proposé, l’efficacité en sortie de temps-mort, les qualités de meneur d’homme et la relation avec le ou les leaders du groupe ou encore l’ancienneté du coach et la valeur de son effectif. Et comme le jury a tendance a avoir la mémoire courte, une série très récente peut même venir chambouler l’ordre établi. Allez, envoyez la fournée !

Statistiques arrêtées au 1er mai 2021

10- Mike Budenholzer (-1)

Bilan : 39 victoires, 24 défaites soit 61,9%. 3è à l’Est.

Dynamique : 6 victoires sur les 10 derniers matchs.

Mention « Gestion ». C’était le mot d’ordre dès l’ouverture de la saison, ne pas reproduire les erreurs du passé en se grillant trop tôt. Les Bucks ont appliqué les consignes à la lettre, prenant soin de ne pas surutiliser quiconque avant le début des véritables choses sérieuses, en Playoffs. Résultat ? Pas un joueur au-dessus de 33,7 minutes de temps de jeu moyen et personne n’ayant pris part à l’intégralité des matchs de la saison. Parmi les autres enseignements sur cette équipe de Milwaukee version 2020-21, Coach Bud aime toujours autant le jeu rapide et les trois points en première intention. La meilleure attaque de la Ligue est également deuxième à l’adresse de loin, et ce malgré un franchise player toujours perfectible dans l’exercice. Certes, le bilan global est moins impressionnant que l’année dernière, mais il faudra toujours autant se méfier des Daims en postseason.

9- James Borrego (-3)

Bilan : 30 victoires, 32 défaites soit 48,4%. 8è à l’Est.

Dynamique : 3 victoires sur les 10 derniers matchs.

Mention « BAFA ». Malgré une sale série au milieu du mois d’avril, les Hornets restent l’une des équipes les plus plaisantes à voir jouer en NBA. Leur progression par rapport à 2019-20 est plus que notable et donne raison à la stratégie de James Borrego de faire confiance aux jeunes. Malgré sa blessure, LaMelo Ball pourrait bien être désigné Rookie of the Year et il avait su mériter sa place dans le cinq majeur. Devonte’ Graham et P.J. Washington notamment ont également apporté leur pierre à l’édifice et Terry Rozier a franchi un palier cette saison sous les ordres du quadra. Il faudra confirmer tout ça avec une qualification en Playoffs avant d’espérer encore plus avec ce groupe encore inexpérimenté. En tout cas, ça promet pour la suite !

8- Mike Malone (entrée)

Bilan : 42 victoires, 21 défaites soit 66,7%. 4è à l’Ouest.

Dynamique : 8 victoires sur les 10 derniers matchs.

Mention « Nez fin ». Malgré la terrible blessure de Jamal Murray, les Nuggets sont toujours là et personne n’a envie de les croiser en Playoffs. Aaron Gordon est déjà comme un poisson dans l’eau dans sa nouvelle équipe et n’a fait que crédibiliser Denver dans la course au titre. Bravo au double M pour cette intégration expresse. Pendant ce temps, Nikola Jokic est bien parti pour rafler le trophée de MVP. Pourtant, c’est surtout pour toutes les trouvailles de Mike Malone et du staff des Nuggets qu’on se devait de le faire apparaître dans ce ranking. Le petit Zeke Nnaji a montré de très belles choses pour sa saison rookie, tout comme R.J. Hampton malheureusement parti à Orlando pour rendre le trade de Flying Gordon possible. Même si on n’a pas vu beaucoup de Bol Bol, le coach semble tirer le meilleur de chaque joueur dès qu’il a une opportunité de le faire. C’est aussi ce qu’on observe avec MPJ qui est en train de se sublimer pour palier l’absence de Jamal Murray et qui affiche des chiffres jamais vus pour un sophomore.

7- Nate McMillan (+1)

Bilan : 34 victoires, 30 défaites soit 53,1%. 5è à l’Est.

Dynamique : 5 victoires sur les 10 derniers matchs.

Mention « Arrivé trop tard ». Son plus gros défaut sera d’avoir été nommé head coach au tout début du mois de mars. Car à part le manque de volume de matchs pour juger de son travail sur la durée, le successeur de Lloyd Pierce a littéralement métamorphosé cette équipe d’Atlanta qui revit sous ses ordres. 14-20 pour son ancien patron, 20-10 pour le nouveau boss depuis sa prise de pouvoir en milieu de saison, soit le quatrième meilleur pourcentage de victoires de la Ligue parmi les coachs cette saison. Avec lui, Clint Capela a franchi un cap et cause dans la discussion des meilleurs pivots de la Ligue alors que Bogdan Bogdanovic s’éclate en catch-and-shoot dans le cinq de départ. Le Serbe n’a jamais visé aussi juste du parking et il peut remercier son entraîneur. Les Hawks sont cinquièmes à l’Est sans Cam Reddish ni De’Andre Hunter, on ne peut que nous incliner.

6- Doc Rivers (-1)

Bilan : 42 victoires, 21 défaites soit 66,7%. 2è à l’Est.

Dynamique : 6 victoires sur les 10 derniers matchs.

Mention « Meneur d’hommes ». Qu’il soit à Boston, à Los Angeles ou à Philadelphie, le Doc n’a jamais eu peur des gros égos présents dans son vestiaire. En déménageant d’un océan à l’autre, l’adaptation aurait pu être difficile mais il a tout de suite su identifier les forces de sa nouvelle équipe pour la placer directement parmi les contenders de la Conférence Est. Longtemps premiers, les Sixers se sont faits chiper leur trône par les Nets à la suite d’une mauvaise série mi-avril mais cela reste la deuxième meilleure équipe de la Ligue en termes de defensive rating et sans ses absences Jojo Embiid serait le favori pour ramener le trophée de MVP à la maison. Après deux saisons un peu chaotiques sous Brett Brown, Philadelphie a repris sa marche en avant et ne vise rien d’autre que le titre. Cela tombe bien, le Doc connait le chemin et il a su redonner confiance à son groupe qui se sent désormais capable d’y arriver.

5- Tyronn Lue (+2)

Bilan : 43 victoires, 21 défaites soit 67,2%. 3è à l’Ouest.

Dynamique : 7 victoires sur les 10 derniers matchs.

Mention « Grandes gueules ». Pas facile d’obtenir le silence à l’entraînement avec des phénomènes comme Marcus Morris, Patrick Beverley, DMC ou encore Rajon Rondo dans le même groupe. Encore moins quand on manque un peu de charisme. Et pourtant, malgré sa mâchoire souvent relâchée, Ty Lue est en train de montrer qu’il n’est pas seulement la marionnette de LeBron James et qu’il a en réalité une belle carrière de coaching devant lui. Aussi bien référencés en attaque qu’en défense, les Clippers font également figure de contender à l’Ouest. La tâche la plus difficile du champion 2016 a finalement été de jongler avec les absences et de pratiquer le load management en toute discrétion pour éviter les amendes. Blague à part, 13 joueurs différents ont déjà débuté au moins une fois dans le cinq majeur, le plus souvent avec beaucoup de succès. Reggie Jackson propose une alternative beaucoup plus offensive et créatrive que Patrick Beverley à la mène alors que Ivica Zubac a parfaitement répondu aux attentes en l’absence de Serge Ibaka sous le cercle. Ce sont autant d’options pour Tyronn Lue qui va désormais pouvoir adapter son roster en fonction des match-ups durant les Playoffs, sans jamais perdre l’identité propre de son équipe. A noter aussi l’effort qui a été donner pour privilégier les drives et aller chercher des lancers-francs alors que l’équipe avait tendance à trop se reposer sur les isolations de leurs deux superstars sous Doc Rivers la saison dernière. Une progression qui pourrait être déterminante pour essayer d’aller plus loin que les demi-finales de Conférence cette année et c’était quand même pas gagné d’avance.

4- Steve Nash (-1)

Bilan : 43 victoires, 21 défaites soit 67,2%. 1er à l’Est.

Dynamique : 6 victoires sur les 10 derniers matchs.

Mention « Rookie ». Les rageux diront sûrement que le Canadien avait de loin le meilleur effectif sur le papier. Mais les obstacles ont été nombreux et beaucoup d’entraîneurs auraient pu galérer pour placer cette équipe en position de leader à l’Est. En termes de gestion d’égo, avoir deux anciens MVP et Kyrie Irving dans un seul vestiaire peut parfois être sportif. Le Hall of Famer a l’avantage d’avoir lui-même reçu deux trophées de MVP et d’être assez proche de ses joueurs en âge, un atout pour obtenir leur confiance dans cette course vers le titre. Il y a aussi eu beaucoup de turnovers dans l’effectif des Nets qui n’ont pas été épargnés par les blessures. Cela a tout de suite commencé avec Spencer Dinwiddie et les trois membres du big three ont également été absents sur une période plus ou moins longue. Tout juste arrivé, LaMarcus Aldridge a été contraint de prendre sa retraite pour des problèmes cardiaques et Brooklyn arrivera finalement en Playoffs avec peu de vécu commun en configuration complète. Malgré cela, leur puissance de feu en attaque est incomparable (1er rating offensif, 2ème au nombre de points marqués) et qui d’autre que Steve Nash pour jouer les chefs d’orchestre depuis le banc ? Mis sous pression pour sa première saison de coaching, le rookie a déjà fait ses preuves. Avant de magnifier cette saison avec un premier titre ? On le saura très vite.

3- Monty Williams (-1)

Bilan : 45 victoires, 18 défaites soit 71,4%. 1er à l’Ouest.

Dynamique : 7 victoires sur les 10 derniers matchs.

Mention « Qui s’y frotte s’y pique ». Quel plaisir de revoir les Suns en Playoffs pour la première fois depuis 11 ans ! Et pourtant, ils n’ont pas prévu d’y faire que de la figuration. Les Cactus ont même récupéré la première place de la Ligue en battant Utah la nuit dernière, dans la lignée de leur invincibilité au sein de la bulle d’Orlando l’été dernier. Une progression fulgurante évidemment due au travail de Monty Williams qui a su imposer sa patte à une équipe jeune et prometteuse mais qui n’avait pas de direction fixe à son arrivée. L’ancien boss des Hornets de New Orleans nous régale avec un jeu de passes tout en fluidité pour trouver l’homme démarqué qui aura le plus de chances de faire mouche. Le run-and-gun est bel et bien terminé dans l’Arizona (26è pace) mais une autre ère commence. Les Suns ne sont pas ceux qui tirent le plus de loin, ni les plus rapides, mais ils sont patients et plus efficaces et ont fait d’énormes progrès en défense. En bref, tout ce dont une équipe a besoin avant d’aborder les batailles âpres du printemps/été. Libéré d’une partie de la création grâce à l’arrivée de Chris Paul, Devin Booker semble aussi avoir gagné en maturité sous les ordres de son entraîneur. Toujours pas de rides à l’horizon, mais une sérénité qu’on ne lui connaissait pas jusque là. C’est aussi ça l’effet Monty Williams. Ce dernier pourrait profiter de la règle officieuse d’alternance des trophées pour récupérer sa statuette, alors que le Jazz (6MOY, DPOY) et New York (MIP) pourraient déjà obtenir d’autres titres individuels en fin de saison.

2- Tom Thibodeau (+2)

Bilan : 35 victoires, 28 défaites soit 55,6%. 4è à l’Est.

Dynamique : 9 victoires sur les 10 derniers matchs.

Mention « La surprise du chef ». Les Knicks sont solidement attachés à leur quatrième place à l’Est sans que personne ne puisse dire qu’elle ait été volée. Le Pingouin a transfiguré cette équipe et cela commence par l’épanouissement de Julius Randle qui a les deux mains sur le trophée de MIP et qui aurait même pu se glisser dans la course au MVP si la saison avait été un peu plus longue. Quand un joueur a une telle progression, il faut nécessairement se tourner vers le coach qui a permis cette métamorphose. Mais Thibs a fait bien plus de choses que cela, ramenant la défense au premier plan à New York (1er avec 104,7 points encaissés de moyenne par match). Il a honoré sa réputation en transformant les Knicks en une véritable citadelle imprenable avec un état d’esprit combatif et collectif exemplaire. Nerlens Noel n’a jamais semblé si dominant en défense depuis son arrivée dans la Ligue avec 2,2 contres en 23 minutes de moyenne et Derrick Rose revit sous les ordres de son ancien coach à Chicago et Minneapolis. New York a vécu un mois d’avril absolument parfait avec une série de neuf victoires consécutives pour passer le bilan nettement dans le positif. Le step-up des résultats et surtout de l’attitude en un an est à peine croyable et c’est ce qui en fait l’un des favoris pour la récompense de meilleur coach de l’année selon beaucoup.

1- Quin Snyder (-)

Bilan : 45 victoires, 18 défaites soit 71,4%. 2è à l’Ouest.

Dynamique : 5 victoires sur les 10 derniers matchs.

Mention « Monsieur Régularité ». On a tendance à l’oublier un peu, tout là-haut, mais le Jazz a réalisé une saison pleine. En tête de la Conférence Ouest depuis de nombreux mois et avec le meilleur bilan de la Ligue (ils sont toujours à égalité de bilan avec les Suns malgré la défaite la nuit dernière), les Mormons n’ont pas de point faible (3è au défensive rating, 3è à l’offensive rating). Au-delà du jeu pratiqué et de la force du collectif dans l’Utah, ce sont aussi les qualités humaines de Quin Snyder qui sont à remarquer alors qu’on annonçait son groupe au bord de l’implosion après avoir blew a 3-1 lead au premier tour des Playoffs et avec les frictions entre les deux All-Stars du roster. Au lieu de ça, le Jazz a capitalisé sur le retour d’un ancien de la maison, Derrick Favors, et une stabilité de l’effectif pour montrer à tous leur plein potentiel. A tel point que l’équipe est jalousée et attire les haters. Utah n’a ni les meilleures individualités, ni le style de jeu le plus flashy. Pourtant, il ne faudra pas être surpris si le Jazz raffle la mise. C’est l’unique objectif de la saison et avec un leader pareil, on a tendance à croire que c’est possible. On notera quand même ce handicap pour Quin Snyder qui va peut-être se faire piquer les honneur par ses joueurs. Rudy Gobert est bien parti pour obtenir le DPOY et Jordan Clarkson devrait repartir avec le 6MOY, or on sait que le jury n’aime pas décerner tous ses trophées à une même franchise…

C’est tout pour ce dernier Coach Rankings de la saison. D’accord, pas d’accord ? La section commentaires vous appartient pour faire entendre votre voix avant que le jury ne viennent glisser son vote dans les urnes.

2 Commentaires

2 Comments

  1. jeremy zirillo

    1 mai 2021 à 19 h 48 min at 19 h 48 min

    monty qui prend un -1 alors qu’il vient de prendre la tête de la ligue, en 2 ans il l’a fait passé de derniere à premiere team je veux bien que l’effectif n’a rien à voir mais il est en majorité pour quelque chose

    peut etre mon chauvisme qui me fait dire ça 😉

    • Saint Glock

      2 mai 2021 à 20 h 02 min at 20 h 02 min

      Je suis d’accord, et dans l’histoire y’a que 3 équipes qui pris 20% de victoires en plus chaque année pendant 2 ans et les suns de Monty sont la 3e.

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