Pistons

Focus sur le nouveau duo cocorico du Michigan : avec Killian Hayes et Sekou Doumbouya, Detroit passe à l’heure française

Killian Hayes Sekou Doumbouya

« Les aventures de Kiki et Koukou », ou la meilleure série française des quinze prochaines années.

Source : YouTube / LNB

Depuis la sélection de Killian Hayes en septième position de la Draft 2020, les regards français sont désormais tournés vers les Pistons, qui comptent dans leurs rangs les deux dernières pépites de l’Hexagone, Sekou Doumbouya et notre Kiki national. Et dans le Michigan, les deux Frenchies ont clairement la place pour s’imposer dans les années à venir. 

Vingt jours avant la reprise des matchs NBA, on entendrait presque une lointaine Marseillaise résonner en survolant le territoire américain. En s’approchant un peu plus près, on surprendrait notre hymne national se mélanger au silence des Grands Lacs et au bruit sourd des usines de l’industrie automobile. Plus aucun doute. Nous sommes le 2 décembre 2020 : bienvenue à Detroit, dans le Michigan. Pour la première fois de l’histoire de la franchise, les Pistons vont pouvoir compter cette année sur deux petits Français, pour notre plus grand plaisir. Le premier est déjà installé à Motor City depuis une saison : Sekou Doumbouya. Le deuxième arrive tout juste dans la capitale américaine de l’auto : bienvenue Killian Hayes. 

À 20 ans, on est invincible – salut Lorie. Mais à 20 ans on a encore beaucoup à prouver. C’est le cas pour notre Sekou national, qui va donc démarrer sa deuxième saison NBA pratiquement le jour de ses 20 piges avec des vrais objectifs et le couteau entre les dents. Drafté en quinzième position dans la cuvée 2019, le gamin a d’abord eu beaucoup de mal à se faire une place dans la rotation de Dwane Casey et a dû passer par la case G League avant de montrer ce qu’il avait dans le ventre au mois de janvier 2020. Un premier mois de l’année civile de feu avec du gros double-double et des missions en défense sur du Kawhi et du LeBron : ça y est, Sekou est passé de la pataugeoire au grand bain, et il a ce qu’il faut pour s’imposer, même si les minutes ont fini par diminuer au fur et à mesure de la saison. Si tout le monde est désormais au courant du talent de l’ancien de Limoges, la concurrence sera cependant solide avec papi Blake Griffin toujours dans les parages et un Jerami Grant arrivé pendant l’intersaison. Bien que le style de Jerami ressemble beaucoup à celui de notre Français, on pourrait bien imaginer que le natif de Conakry se fasse une place plus importante cette saison dans le jeu des Pistons, avec son potentiel impact maousse costaud des deux côtés du terrain. Mais pour ça, Koukou doit se concentrer : attention aux tentations du début de la vingtaine et le boulot finira par payer. En attendant, Doumbouya va enfiler une autre casquette cette saison : celle de guide touristique pour son copain Killian, qui débarque en ville sans connaître les bonnes adresses.

Ce soir du 18 novembre 2020 restera dans nos mémoires comme celui de la première Draft sur Zoom mais surtout comme le soir où un Français a été sélectionné en septième position, la place la plus haute pour un Frenchie dans l’histoire de la NBA. Killian Hayes débarque donc à Detroit avec la pression d’avoir été choisi parmi les meilleurs prospects de la cuvée, et la hype autour du gosse est déjà au max. S’il est bilingue et qu’il a la double nationalité, l’ancien d’Ulm devrait quand même bien apprécier l’idée de retrouver un repère hexagonal dans le Michigan en la personne de Sekou, les deux étant déjà très proches. Mais si les premiers pas du fils de DeRon sont attendus par toute la France, ainsi que par les Ricains qui ont suivi l’évolution du jeune prospect depuis des années, Killian pourrait bien avoir la possibilité d’être sous le feu des projos dès la fin décembre. En effet, à la différence du poste 3/4 de SD, la concurrence n’est pas très fournie dans le backcourt de Detroit. Ainsi, à tout juste 19 ans, Hayes pourrait bien arriver dès le premier match avec les clés du camion des Pistons sur son porte-clés. Et tout ça avec comme mentor à l’entraînement le MVP 2011, monsieur Derrick Rose : il y a pire comme première expérience dans la Grande Ligue pour Kiki. À voir quelle confiance Dwane Casey donne à son nouveau meneur.

Plus globalement, on est hypé à l’idée de suivre l’évolution de Detroit parce qu’on a bien l’impression que notre duo français peut vraiment devenir dans quelques mois le moteur de la ville du Moteur. Enflammade ? Chauvinisme ? Excès de confiance ? Ou simple réalisme ? Avec 39 ans à eux deux, Kiki et Koukou possèdent, sur le papier du moins, le potentiel pour devenir le premier duo français avec les vraies clés d’une franchise. Dans une équipe où tout est à reconstruire ou presque, une franchise qui devrait viser la Draft 2021, il y a le temps de développer les talents. Et aucune contestation possible, les talents des Pistons cette année, ils parlent la langue de Molière. Le futur de Motor City pourrait bien être bleu, blanc, rouge, et on salive d’avance à l’idée de les avoir en Équipe de France pour les JO 2024 de Paris.

Le tandem Killian – Sekou aux Pistons est donc le dernier parmi les duos de Français qui ont évolué en NBA, et il y en a quelques-uns. Certains ont soulevé le trophée ensemble, d’autres se sont juste croisés à la cantine : parmi les 36 Frenchies qui ont foulé les parquets de la NBA, des jolis binômes ont marqué nos esprits et la connexion française est plus belle quand elle se fait à deux :

  • Tariq Abdul-Wahad et Antoine Rigaudeau : il est obligatoire de faire un clin d’œil au premier duo français à avoir évolué dans la même équipe NBA, en 2002-03 à Dallas. Enfin, « évolué » est un bien grand mot, puisque TAW était blessé pendant les onze seuls matchs de Tonio avec les Mavs, les deux Frenchies n’ayant ainsi jamais partagé le même parquet dans la Grande Ligue.
  • Tony Parker et Boris Diaw : même si les clés de la maison Spurs n’étaient pas totalement dans les mains du duo français et que Boris était en fin de carrière, TP et Babac restent dans l’histoire comme le duo tricolore le plus violent de NBA jusqu’a présent, dans la mesure où ils ont remporté le titre ensemble en 2014 avec un rôle majeur. Et puis, tout le monde le sait, le vrai MVP des Finales 2014, c’est Babac.
  • Rodrigue Beaubois et Ian Mahinmi : beaucoup de gens l’oublient, mais les Frenchies Beaubois et Mahinmi font aussi partie des duos français bagués ensemble dans l’histoire de la NBA, sous le maillot des Mavericks en 2011. Évidemment, pas le même rôle que le duo des Spurs et Beaubois était blessé en Playoffs, mais l’armoire à trophée est pleine. Petite pensée à Alexis Ajinca qui aurait bien pu transformer ce duo en trio mais qui a été transféré de Dallas à Toronto en janvier 2011.
  • Joakim Noah et Frank Ntilikina : deux Français en tête d’affiche du Madison Square Garden en 2017, ça aurait pu être une belle histoire. Malheureusement, les mots « hype » et « Knicks » n’ont plus une grande signification ensemble depuis de longues années. Avec un Joakim jouant seulement sept matchs pour diverses raisons que l’on ne rappellera pas et un Frank qui peine à se faire de la place, le duo a dû échanger plus de textos dans l’année que de ballons sur le parquet du MSG.
  • Nicolas Batum et Tony Parker, aux Hornets, non oublions.
  • N’Golo Kanté et Paul Pogba : un duo de folie et si complémentaire au milieu de terrain, deux Français qui ont fait vibrer tout un pays pendant l’été 2018, autant à la télé que dans nos radios grâce au copain Vegedream, et une coupe du Monde en prime. Le problème, c’est que ce n’est pas du basket.
  • Gérard Depardieu et Pierre Richard : bon allez, ce papier n’a plus aucun sens, alors autant en profiter pour envoyer les plus jeunes d’entre vous (re)découvrir l’un des duos iconiques du cinéma français. « La Chèvre », c’est cul-ti-ssime.

Sekou Doumbouya et Killian Hayes sur le point de débuter une nouvelle aventure main dans la main du côté de Detroit, ça met nos petits cœurs chauvins dans tous leurs états. Alors, pilote et co-pilote du camion des Pistons pour les prochaines années ou simples passagers ? Nous en tout cas, on y croit. 

3 Commentaires

3 Comments

  1. dam dou

    3 décembre 2020 à 12 h 46 min at 12 h 46 min

    Voilà ce qui arrive quand on écrit un article après une nuit blanche sous amphets: ça part total en live!
    Merci pour la prose, ça m’a bien fait rire

  2. Peckounet

    3 décembre 2020 à 16 h 50 min at 16 h 50 min

    Heu… Et le Gobert/Babac du Jazz, on n’en parle pas ?

  3. OliD

    4 décembre 2020 à 14 h 43 min at 14 h 43 min

    et avec de Colo, ça n’a pas fait un trio aux Spurs ?

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