EuroBasket

La Slovénie tient sa première finale d’un EuroBasket : un jeu irrésistible qui fait fondre le Vieux Continent

Slovénie - Goran Dragic

Vivement dimanche !

Source image : Youtube

Pour beaucoup d’observateurs, pour ne pas dire presque tous, l’Espagne était le grandissime favori de cet EuroBasket. Un ogre qui allait avaler tous les adversaires osant se mettre en travers de son chemin. Sauf qu’hier soir l’ogre c’était la Slovénie et nos amis espagnols ont pris une énorme fessée comme cela ne leur était pas arrivé depuis très longtemps. Ces Slovènes – emmenés par un duo Dragic – Doncic impressionnant et appuyés sur un très beau collectif – ont réalisé le match parfait et pour la première fois de leur histoire basketballistique, ils sont à un match du toit de l’Europe. Zoom sur un groupe magnifique et sur un parcours incroyable.

Avant 2005, les Slovènes n’avaient jamais atteint ne serait-ce que la phase finale d’un EuroBasket. Quart de finaliste cette année-là ainsi qu’en 2011 et 2013 et carrément demi-finaliste en 2009, la Slovénie était passée complètement à côté en 2015, perdant en huitième contre la Lettonie. Ironie du sort ce sont ces mêmes Lettons que Goran Dragic et ses potes ont battu mardi dernier en quart. Mais nous allons y venir un peu plus loin. Car, avant toute chose, il faut rendre à César ce qui lui appartient : cette équipe slovène est bien celle de monsieur Goran Dragic. Il est probablement le meilleur joueur du tournoi. Il tourne à 21 points de moyenne (47% de réussite au tir) auxquels il ajoute 4,1 rebonds, 5,4 passes décisives et 1,5 interception. Lourd. Et son influence va bien au-delà des stats. Car à 31 ans, il est désormais un patron sur le parquet. Respecté de tous (coéquipiers comme adversaires), il a réussi une chose cruciale pour les Slovènes pendant cet EuroBasket : imposer ce tempo rapide qui lui va si bien et qui va si bien à son équipe. Depuis le 31 août, Dragic se conduit en véritable Dragon sur la scène européenne. Dans son sillage, l’escouade joue vite, les shooteurs plantent, Doncic s’épanouit fabuleusement, les intérieurs arrivent à exister. Bref, la Slovénie domine.

Car si on a déjà pas mal parlé du prodige Luka Doncic – qui a encore été très bon hier contre l’Espagne – il ne faut pas oublier de mettre en avant le boulot de gars comme Kremen Prepelic ou Jaka Blazic. Titulaire, le premier a su parfaitement apporter une dose de tirs extérieurs et de création en soutien du duo Goran – Luka. Remplaçant, le deuxième a toujours répondu présent à chaque fois que son coach lui a demandé d’entrer en jeu. Sérieux en défense et appliqué en attaque, il a contribué de manière constante. A l’intérieur, le duo Gasper Vidmar – Anthony Randolph, qu’on annonçait comme le gros point faible de cette sélection, a impeccablement profité du rythme rapide voulu par l’équipe et entretenu par des arrières virevoltants. Les deux proposent 2m11 de viande. Vidmar dans un style dur au mal qui aime bien traîner sous les cercles. Randolph dans un style plus aérien qui peut profiter des espaces qu’on lui offre dans le périmètre. Une paire de big men qui s’est régalée grâce aux caviars des Dragic, Doncic ou Prepelic. Une paire de big men qui a joué dur, avec le cœur et qui s’est adaptée au tempo slovène. C’est ainsi qu’hier soir, dans la Sinam Erden Arena d’Istanbul, Dragic et compagnie ont empêché l’Espagne d’imposer son tempo. En imposant le leur ! Plus que ça même, ces Slovènes ont fait déjouer les champions d’Europe en titre. Les frères Gasol ont eu du mal face au duo Vidmar – Randolph. Et oui, il y a encore 24 heures, écrire cette phrase aurait semblé complètement loufoque mais c’est pourtant une des réalités de cette demi-finale. Une autre étant que Juan-Carlos Navarro est de plus en plus rattrapé par son âge. Il a désormais 37 ans et ne peut plus du tout tenir face à des fous comme Dragic ou Doncic sur les extérieurs. Sergio Scariolo ne s’y est d’ailleurs pas trompé et ne l’a fait jouer que 7 minutes.

Ricky Rubio a lui aussi été en grande difficulté des deux côtés du terrain et d’une manière générale c’est toute la défense espagnole qui fut incapable de répondre à l’intensité proposée par la Slovénie. A l’image de ce troisième quart pendant lequel l’écart s’est creusé inexorablement. Et ce, sans que Dragic ne score. Il était là mais il a dirigé la manœuvre, il a distribué quelques caviars, il a fait jouer, il a défendu, couru et la Slovénie s’est envolée. 92 points sur les museaux ibères, il faut le faire ! Mais en fait, c’est à peine au-dessus de la moyenne slovène depuis le début de la compétition (90 points par match). Mais ce qui frappe le plus chez ces hommes coachés par le Serbe Igor Kokoskov, c’est cette capacité à ne pas paniquer quand c’est chaud, à jouer leur jeu quand il le faut, quand ils en ont besoin. Ils ont cartonné la France pour s’assurer la première place du groupe A. Ils ont cartonné les Ukrainiens en huitième puis ont envoyé du lourd pour se débarrasser des Lettons en quart, lors d’un match qui est certainement le plus beau de cet Euro. Et là, ils viennent de cartonner l’Espagne. On ne sait pas qui de la Serbie ou de la Russie va sortir de l’autre demi-finale qui se joue tout à l’heure à 20h30 mais quelle que soit l’équipe qui débarquera en finale, elle aura du souci à se faire si les Slovènes jouent comme ils le font depuis bientôt deux semaines.

Sans se poser de question, avec beaucoup de première intention, de la réussite et une énorme intensité, les Slovènes sont en train de marcher, pardon de galoper sur cet EuroBasket. Bien sûr, ils ont besoin de concrétiser tout cela dimanche en remportant le tournoi mais quoi qu’il arrive, ils auront marquer les esprits et ravis un paquet de fans de balle orange…

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