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Interview TrashTalk avec Luc Mbah a Moute : entre basket et cancoillotte !

Secret bien gardé jusqu’à ces derniers jours, Luc Richard Mbah a Moute était aujourd’hui à Besançon dans le cadre de son investissement dans le club du BesAC RC (N2). Il rentre donc dans la confrérie des joueurs pros donnant la main à des clubs européens.

Un investissement qui cependant dépasse le seul cadre de l’opération financière et c’est d’abord avec la volonté de développer sa fondation que le joueur est venu traîner ses baskets dans le Doubs. TrashTalk était évidemment sur le coup et a pu s’entretenir quelques minutes avec le joueur des Sixers.

TrashTalk : Bonjour Luc ! Après être déjà venu à Besançon il y a quelques années en tant que parrain de l’équipe du Burkina Faso, tu t’investis maintenant dans le club bisontin. En étant également le 2ème joueur le plus âgé des Sixers. Est-ce que ce rôle de “grand frère” est quelque chose de naturel ou seulement le fruit d’opportunités voire du hasard qui viennent avec l’expérience ?

Luc Mbah a Moute : Naturel. J’ai toujours été considéré comme un grand frère. Aux Sixers ou chez les jeunes joueurs de mon camp ou même parfois des joueurs que je ne connais même pas, j’ai toujours eu cet esprit d’encadrer les jeunes. J’assume ce rôle de grand frère.

TT : En particulier avec Joël Embiid ?

LM : Oui, notamment. Depuis qu’il est venu à mon camp à 15 ans, on s’est occupé de lui en le faisant jouer dans le lycée où j’étais puis jusqu’à Kansas.

TT : Est-ce qu’il y a un joueur qui a tenu ce rôle avec toi dès ton arrivée en NBA ?

LM : Pas vraiment. Je n’ai pas vraiment eu de mentor quand je suis arrivé. J’ai dû me débrouiller tout seul, c’est peut-être la raison pourquoi j’ai pris ce rôle de grand frère maintenant, pour pouvoir assurer l’encadrement des jeunes.

TT : C’est quoi le mieux : jouer un Final Four avec UCLA ou faire les Playoffs avec Milwaukee ?

LM : Bonne question, je dirais les Playoffs. Le Final Four c’est super bien, j’ai eu la chance de le jouer 3 fois, mais les Playoffs c’est autre chose. C’est difficile à choisir car les deux sont des expériences énormes et beaucoup de joueurs universitaires n’ont pas la chance de jouer un Final Four ou même d’arriver en NBA. Chaque événement a sa saveur et je les ai particulièrement appréciés (ndlr : il a participé au Final Four 3 fois d’affilée : c’est le premier joueur de UCLA a avoir joué 3 Final Four de suite depuis 35 ans et Bill Walton, Jamaal Wilkes et Greg Lee. Plus généralement ça n’était plus arrivé depuis Andre Hudson et Charlie Bell à Michigan State entre 1999 et 2001).

TT : Il y a de grosses chances que l’été prochain débouche sur un lock-out, ça veut dire qu’on va te voir débarquer jouer à Besançon ?

LM :  (Rires) Pourquoi pas, je peux aider pour la montée en N1. Et si le club et mon agent sont d’accord, on sait jamais ! (Son agent rajoute qu’il faudra que le club lui paye sa licence)

TT : Maintenant que les Playoffs sont lancés, tu as un pronostic sur le champion ?

LM : C’est difficile de se prononcer, les équipes se valent beaucoup. Que ce soit entre les 4 premiers à l’Est ou à l’Ouest. Les équipes se valent et les matchups sont serrées. Pour moi, les Spurs seront favoris pour le titre. S’ils passent les Clippers, ils seront sur une bonne lancée.

TT : Pour les parieurs, il vaut mieux miser sur les Spurs champions cette année ou sur les Sixers en Playoffs l’année prochaine ?

LM : (Petite hésitation) Spurs champions.

TT : Ton partenariat avec Besançon va aussi permettre d’apporter un tremplin à des joueurs africains. On le voit ces derniers temps avec 5 joueurs africains qui peuvent potentiellement être draftés cet été, le statut des joueurs venant d’Afrique commence à prendre de l’ampleur. Après avoir participé au repérage de Joël Embiid, tu vas essayer de faire venir JP Tokoto (joueur camerounais de North Carolina qui se présentera à la Draft en juin prochain) à Philadelphie ?

LM : Oui car ça va permettre à des jeunes de venir jouer en Europe et de leur donner un cadre, c’est énorme ! Et le coaching que l’on peut leur donner ici est adéquat pour leur donner une opportunité de devenir pro et pourquoi pas de jouer en NBA. C’est un tremplin. Pourquoi pas pour JP ! Il a un bon potentiel et j’ai gardé un œil sur lui. Pour l’instant, il a encore beaucoup à prouver et il le fera par le biais de workouts mais si on m’appelle et qu’on me demande mon avis alors oui, je dirai que c’est une bonne idée de le signer. L’équipe a beaucoup de choix de Draft cette année donc pourquoi pas.

TT : Dont un dans les premiers choix, on pourrait aussi voir Emmanuel Mudiay débarquer à Philadelphie !

LM : Après c’est toujours particulier les premiers choix de Draft, parfois les équipes vont décider de les garder, parfois de les échanger…

TT : Surtout que les échanges ils aiment bien en ce moment  ! D’ailleurs, tu as connu l’expérience de te faire échanger par le passé, comment ça se vit de l’intérieur ?

LM : Ouais ouais ! En fait ça dépend de tout un chacun, il y a deux volets : le volet personnel et le volet professionnel. Certains joueurs sont mariés, ont des enfant ou sont attachés à la ville dans laquelle ils jouent. Pour moi, le plus important c’est le point de vue basket, c’est pas toujours plaisant de devoir partir pour une équipe moins bien au classement à cause de la baisse de niveau, mais d’autres peuvent être plus enthousiastes s’ils partent pour une équipe qui joue pour le titre ou s’ils font leur valise pour une ville qui leur plait un peu plus.

TT :  Tu as eu peur quand tu as appris l’arrivée de JaVale McGee ?

LM : Non pas du tout, c’est un bon joueur qui pose pas mal de blocks quand il est en forme, j’était surpris de voir les Sixers le signer, mais après je n’étais pas sûr qu’il reste car il est venu aussi pour des histoires de masse salariale et au final il est parti pas longtemps après. Mais c’est un bon joueur, il aurait pu faire quelques Shaqtin’ A Fool, il y avait moyen de rigoler.

TT : Est-ce qu’il y a un joueur contre qui tu détestes jouer ou sur lequel tu détestes défendre ?

LM : Il y en avait un. C’est Brandon Roy. Pour moi c’était le plus difficile à défendre. On m’a déjà posé cette question et en général les gens sont surpris, ils s’attendent à ce qu’on leur réponde LeBron James ou Kobe Bryant, mais pour moi le plus difficile c’était Roy. D’ailleurs Kobe Bryant aussi l’a dit, donc ça confirme.

TT : Du coup, est-ce qu’il y a un joueur qui t’impressionnes particulièrement ou un joueur que tu penses être le plus sous-estimé ?

LM : Des joueurs sous-estimés, il y en a beaucoup. Mais pour moi, il y en a un qui commence à être reconnu c’est Paul Millsap ! Il a été All-Star pour la première fois cette année, et avec le parcours des Hawks cette saison, on commence à apprécier son talent. C’est bien de voir un joueur reconnu à sa juste valeur.

Cool et accessible, Luc Mbah a Moute porte bien le surnom que lui ont donné ses coéquipiers : le “Fresh Prince” (parce que oui, il est aussi prince dans son village d’origine). Aujourd’hui, il ne devient pas seulement un simple partenaire financier. Leitmotiv de cette opération, la fondation du désormais président d’honneur du BesAC RC, qui s’implique dans le développement de jeunes joueurs camerounais et africains en général par le biais de son camp de basket au Cameroun notamment, dispose d’un club pour assurer un tremplin à ces joueurs. Exemple évident de la réussite de cette association, Joël Embiid qui joue aujourd’hui avec lui aux Sixers mais ça ne s’arrête pas là puisque d’autres joueurs qu’il a pris sous son aile sont aux Etats-Unis en ce moment.

Merci au BesAC RC, Khalid Bouibo et François Nyam et évidemment un grand merci à Luc Mbah a Moute. Pour plus d’informations sur son action, c’est par là : www.mbahamoutecamp.info/

Source image : TrashTalk

 

 

1 Comment

1 Comment

  1. pierre mpong

    13 mai 2015 à 10 h 23 min at 10 h 23 min

    BSR PRESIDENT,JUSTE TE SOUHAITER MES FELITATIONS ET MES ENCOURAGEMENT POUR TOUS CE QUE TU FAIS ET ENTRE,SURTOUT TU AS COPIER PAPA, L’HUMILITE ET L’AMOUR DU PROCHAIN BNNE CONTUNUATION. TON FRERE PIERRE MPONG PHOTOGRAPHE A YDE CAMEROUN

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