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Question existentielle : et si le Magic nous faisait une « Phoenix Suns » ?

O'Quinn

Phoenix aura dépassé toutes les attentes la saison dernière. Mais cette année, l’effet de surprise ne prendra plus, d’autant plus que Bledsoe pourrait bien mettre les voiles. Cette saison, l’équipe la plus à même de surprendre pourrait bien être le Magic, dans les bas fonds de la ligue depuis le transfert de leur Superman Dwight Howard, Orlando est lancé dans une reconstruction rondement menée, alliant jeunesse et expérience, rigueur défensive et folie offensive. Et si le Magic était cette surprise de la saison 2014-2015 ? Cette équipe frisson qui fera kiffer les foules ? Rendez-vous dans quelques mois !

Le Magic poursuit tranquillement sa reconstruction post-Dwightmare. Deux années se sont écoulées depuis le transfert du bestiau, et Orlando souhaite toujours allier jeunesse et expérience, fougue et roublardise. L’effectif est attirant sur le papier et possède un bon nombre de qualités qui pourrait surprendre. Au point d’envisager une saison pleine de (bonnes) surprises comme ont pu nous offrir les Suns un an plus tôt, à l’aide d’un jeu léché, des joueurs pleins d’envie et un coach idéal pour cette franchise ? Peu probable, me direz vous, mais Phoenix avait-il plus de probabilités de réussir une telle saison 365 jours auparavant ? Pas beaucoup plus, effectivement…

Ce pronostic soudain et plutôt couillu pourra en surprendre plus d’un, mais s’il y a une équipe actuellement susceptible de surprendre les observateurs et de faire mentir les bookmakers, c’est bien Orlando. Certes abonnés au tanking depuis deux ans (et ce n’est pas fini), l’avenir pourrait être bien moins dégueulasse qu’annoncé pour cette jeune escouade qui a tout pour surprendre. Explications.

Des jeunes qui vont bientôt tout casser

Ce qui rend ce Magic attractif et plaisant à voir évoluer, ce sont bien sûr ces jeunes joueurs complémentaires dont le potentiel déborde déjà, et dont le niveau n’a vraisemblablement pas fini de grimper, attention à ces joueurs comme dirait ce bon CJP !

En tête d’affiche : Victor Oladipo, après une saison rookie très prometteuse, l’ancien Hoosier est débarassé d’Arron Afflalo, reparti dans les rocheuses en échange d’Evan Fournier. La place d’arrière titulaire lui est donc promise, et il pourra laisser éclater son potentiel athlétique à un poste qu’il affectionne beaucoup. Lui qui a souvent mené le jeu du Magic, mais avec beaucoup de déchet, il sera enfin délesté de ce devoir, et pourra se concentrer sur ce qu’il sait faire ! On a hâte de voir la suite.

N’oublions pas pour autant Tobias Harris, arrivé des Bucks il y a un an et demi, l’ailier au prénom d’allemand continue de faire ses stats dans le vide tel un Carmelo Anthony du pauvre (bon d’accord, du Sans Domicile Fixe) mais sa palette offensive est vraiment encourageante, et il pourrait bien être le leader offensif du Magic la saison prochaine. Il sera suppléé par Maurice Harkless, le fameux homme de l’ombre, compris dans le trade post-Dwightmare, qui défend dur et qui peut également scorer quand le besoin se fait sentir, il devrait sortir du banc, mais fera tout pour gagner des minutes, et ainsi faire profiter Orlando de sa défense.

Les deux derniers venus, Aaron Gordon et Elfrid Payton (avec un nom comme ça, il est né pour gagner le môme), respectivement draftés à la quatrième et douzième place cette année, donnent également un nouveau coup de jeune à cette franchise qui ne demande que ça. Gordon est un intérieur ultra physique pouvant scorer sous le panier et défendre très dur, un Blake Griffin du pauvre en somme (bon d’accord, du Sans Domicile Fixe). Payton, quant à lui, fait honneur à Papa en étant un meneur à l’ancienne, dur sur l’homme mais sans shoot très fiable, il gardera le meneur adverse et devra le cadenasser pour offrir plus de munitions à ses canardeurs.

On en oublierait presque Nikola Vucevic, également arrivé lors du transfert de Dwight, toujours prêt à faire le sale boulot malgré son absence de dégaine, et l’incroyable Kyle O’Quinn, véritable esthète des paniers, au jeu intérieur toujours aussi fluide et à la défense sans accrocs. Et le dernier venu Peyton Siva qui devra faire tourner les serviettes avant de pouvoir justifier son titre NCAA avec Louisville. Sans oublier notre Evan Fournier national, qui arrive des rocheuses dans cet effectif propice à son développement, et qui devra profiter des minutes mises à sa disposition pour scorer et nous autoriser quelques « Cocoricos » bien sentis.

Ces joueurs ayant tous été acquis par des trades ou via la Draft, la stratégie de reconstruction d’Orlando est beaucoup basée sur la jeunesse et l’avenir, mais pas seulement. Orlando souhaite prendre son temps, mais pourrait bien connaitre un succès plus rapide que prévu.

Des vieux loups de mer prêts à tout pour aider

Orlando a bien compris que la jeunesse ne suffisait pas, et qu’il fallait toujours un groupe de vétérans pour encadrer gaiement ce troupeau encore bien naïf. Focus sur ces vieux fossiles bien plus précieux qu’il n’y parait.

Le premier à arriver ici (tu m’étonnes, vu le contrat qu’on lui a filé), c’est Ben Gordon, au sortir d’une saison navrante avec les Bobcats, qui l’ont coupé juste après la date limite, histoire qu’il ne puisse pas jouer les PlayOffs. Il sera probablement revanchard et pourrait, même à 5.5 millions la saison, constituer un renfort de poids sur la traction arrière s’il retrouve ne serait-ce qu’un dixième du talent qui était le sien lors de ses années à Chicago. Il apportera son shoot extérieur et son sang-froid dans les moments importants pendant 2 années. Le genre de type à qui on peut confier la dernière gonfle pour la gagne.

Un autre type qui a pu rallier le côté bleu de la Floride (tu m’étonnes, vu le contrat qu’on lui a filé) : Channing Frye, lui qui a justement fait partie de la formidable épopée des Suns la saison dernière et qui a presque joué les PlayOffs avec eux, apportera également ses flèches derrière l’arc, son professionnalisme resté intact depuis ses débuts, et ses expériences de guerrier dans la ligue. Car rien qu’à y repenser, le mec revient de loin après son opération du cœur qui lui aura couté une saison blanche. Un exemple dont se serviront volontiers ces jeunes Magics, et en particulier Tobias Harris, qui n’est autre que le cousin de Frye, et qui devraient s’entendre à merveille sur et en dehors du parquet. Du tout bénef pour le front office d’Orlando donc, mais même au prix de 32 millions sur 4 ans, c’est une bonne affaire.

Troisième vieillard à avoir posé ses valises à Orlando : Luke Ridnour, également très pro et très old-school, il posera très probablement son empreinte sur cette équipe, et saura transmettre son savoir à la flopée d’arrières en présence au Magic. Nul doute que Ridnour saura jouer ce rôle de vieux sage sur le terrain et en dehors pour les Oladipo, Payton, Fournier et les autres., et constituera durant son contrat un renfort discount appréciable et apprécié, même s’il ne ressemble pas à grand chose, et n’est donc pas très crédible.

Ces vieux cadreront la jeune assemblée du Magic, pour peut être les amener à créer la surprise, en tout cas, c’est dans les cordes de cet effectif très bien équilibré et toujours sans trop de folies depuis le départ de Dwight.

Que des irréprochables mentalités

Ben Gordon a pouffé de rire à la lecture de ce titre, mais il pourrait bien être également concerné par celle ci, ce con là. Il n’empêche qu’à y regarder de plus près, ça tombe sous le sens.

Commençons justement par Ben Gordon tiens, dans un contexte floridien qui est plaisant pour tout le monde, un contrat susceptible de redonner l’envie de jouer au basket, conjugués au souhait de prouver à la planète NBA qu’il est loin d’être fini à 31 ans tout rond. Il pourrait bien être l’une des bonnes surprises de la saison et se muer en leader du scoring floridien avec Tobias Harris, qui voudra également franchir ce palier qui fera de lui un potentiel All-Star.

Luke Ridnour et Channing Frye sont également de grands professionnels, et se contenteront de faire ce qu’ils savent faire de mieux : tirer pour l’intérieur, et pour le meneur… bah ce sera un peu de tout, mais au final, c’est tant mieux pour toute cette belle escouade qui profitera à fond de cette polyvalence.

La réputation de compétiteur de Victor Oladipo, quant à elle, n’est déjà plus à faire. On parle d’un type dont la carte universitaire s’est démagnétisée à force de se rendre au gymnase alors qu’il était encore à la fac d’Indiana. Le fameux joueur qui « arrive en premier à la salle, et en ressort le dernier », mais Victor est assurément de cette trempe, un véritable dragster au pays des dragsters qui n’a pas encore fini de nous étonner, surtout une fois repositionné à son poste de prédilection. Attention les yeux !

Maurice Harkless et Nikola Vucevic font également partie de ces joueurs prêts à mettre les mains dans le cambouis pour le bien de l’équipe, ces derniers ont compris leur rôle, sont conscients d’avoir tout l’avenir devant eux et semblent bien ancrés au projet du Magic. Aucun risque de les voir mettre les voiles donc, mais ni Moe, ni Voutchévitche n’a souvent pesté contre un rôle ingrat ou autre chose. Assurément les mentalités espérées par de nombreux coaches, et constamment recherchées par le Magic.

Deux mentalités recherchées à la Draft, puis trouvées en Aaron Gordon et Elfrid Payton, deux défenseurs acharnés pouvant tout de même contribuer en attaque. Si le choix d’Aaron Gordon a de quoi surprendre, surtout aussi tôt, c’est parce que le Magic recherchait ce genre de joueur dur au mal et sans histoire. Avec Elfrid Payton, leur profil et leur personnalité vont parfaitement correspondre à l’identité prônée par le front-office d’Orlando, et ce sont ce genre de joueurs qui font indéniablement avancer une franchise.

Il leur faudra du temps avant de vraiment s’imposer comme des cadres, mais avec Vicky, Tobias, Maurice et Niko entre autres, l’avenir lointain appartient certainement au Magic, et peut être même l’avenir proche, après tout, pourquoi pas ?

PS : Vous pensiez que l’incroyable Kyle O’Quinn a été oublié parmi ce listing exhaustif, mais ce dernier n’a pas besoin de paragraphe dédié, il est au dessus de tout et de n’importe quoi, surtout de n’importe quoi en fait.

Un coach qui apprend toujours le métier

Parmi ces joueurs, on en oublierait presque que cette joyeuse colonie de vacances est coachée par Jacque Vaughn pour la troisième saison consécutive.

Ce dernier ne brule pas les étapes, fait preuve d’une patience incroyable à la tête de ce groupe, et encaisse solidement les défaites qui s’enchainent, et ce sans broncher. Il semble savoir que son heure viendra, et que pour l’heure, il doit passer par là pour connaitre le succès par la suite.

De plus, le front-office lui fait encore confiance à l’heure actuelle, conscient qu’il fait avec les moyens du bord, et que les PlayOffs ne sont de toutes façons pas l’objectif principal à ce moment précis.

Mais était-ce l’objectif des Suns l’an dernier ? Alors qu’ils étaient annoncés dans les bas fonds de la conférence Ouest, ces Soleils se seront pourtant battus jusqu’à la dernière journée pour finalement craquer dans la dernière ligne droite, le moteur n’ayant plus assez d’essence pour assumer ce rythme effréné. C’est ce rôle de poil à gratter que pourrait bien jouer le Magic cette saison, un potentiel offensif certain et une rigueur défensive qui gênera pas mal de monde à l’automne prochain, et qui fait d’Orlando une belle équipe bien équilibrée.

Jeff Hornacek était encore moins expérimenté, mais il avait à disposition un effectif parfaitement en adéquation avec sa philosophie de jeu et celle de ses dirigeants : le Run & Gun ! Un jeu qui sied parfaitement à Phoenix depuis la nuit des temps et qui en fait une équipe kiffante à voir jouer. A Orlando maintenant de prendre un chemin différent, dans lequel personne ne les attend. Mais en souhaitant secrètement arriver au même résultat final, peut être même encore mieux !

Aux antipodes de ce qu’a donc pu dégager Phoenix lors des dernières saisons, Orlando s’affirme comme une équipe à vocation résolument défensive ! Pas de shoots en pagaille ou de scores fleuves donc, mais de la dureté sous les panneaux, une raquette verrouillée et un pressing constant pour empêcher l’adversaire de scorer plus. Une philosophie moins kiffante mais qui pourrait s’avérer plus fructueuse à l’avenir. Dans tous les cas, les opposants vont devoir se creuser pour passer ce qui pourrait être l’une des meilleures défenses de la saison prochaine et un très gros casse tête à venir. La surprise sera tout de même très compliquée à créer pour ce joli Magic, mais n’était-elle pas tout autant compliquée pour ces jolis Suns une année plus tôt ? Pas beaucoup plus, effectivement…

source image : YouTube


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