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Kendall Marshall, la bonne surprise pour les Lakers

Juste avant le début de la saison 2013-14, Kendall Marshall a été mis de côté par deux équipes NBA. Tout d’abord les Suns, qui l’avaient drafté en 13ème position en 2012, en l’envoyant à Washington avec Marcin Gortat. Puis les Wizards en le coupant dès son arrivée. Ensuite, aucune franchise n’a cherché à l’acquérir. Quelques mois ont passé, et des Lakers plombés par les blessures dans leur backcourt (Nash, Farmar, Blake, Bryant…) ont décidé de le signer et même de lui faire confiance.

Ils n’ont pas eu à le regretter. Certes, ils ne gagnent toujours pas (1 victoire en 10 match depuis que Marshall joue), mais Marshall a déjà plus montré que lors de sa première saison aux Suns. D’abord remplaçant (21 points, 10 passes pour un total de 55 minutes lors de ses 4 premiers matchs), il a tout explosé pour sa première dans le 5 de départ face aux Jazz. 20 points, 15 passes et 6 rebonds pour une victoire 110-99. Et si la défense d’Utah est faible, il ne faut pas minimiser une telle prestation. Surtout que même si son scoring reste aléatoire, Marshall a depuis distribué 3 fois 10 assists ou plus au cours des 5 matchs suivants, dont 17 face aux Denver et 16 hier contre Cleveland.

Forcément, un meneur hors des radars NBA qui explose sous les ordres de Mike D’Antoni, ça rappelle Jeremy Lin et ses débuts à NY. Même Mr Pringles le concède.

« Je ne fais aucune comparaison mais Jeremy Lin a fait la même chose. » – Mike D’Antoni.

Source: Andrew D. Bernstein - Getty Images

Source: Andrew D. Bernstein – Getty Images

Le néo Laker a tout de même un pedigree basket supérieur à celui du Rocket. Issu de North Carolina, il a battu le record d’assists (sur l’ensemble de la scolarité) de la fac ainsi que celui de la conférence ACC sur une saison. C’est d’ailleurs ce que pense Richard Jefferson. L’ailier du Jazz a pu apprécier de près la performance de Marshall face à son équipe.

« Il sait jouer meneur, soyons honnête. Il a été élu dans le All American à l’Université. Il a été choisi au premier tour. Les choses n’ont pas tourné en sa faveur, mais il sait comment jouer. On n’oublie pas comment jouer au basket. » – Richard Jefferson.

Cependant, il faut reconnaitre que jouer sous les ordres de Moustache aide à gonfler les stats. Les systèmes sont tels que les meneurs cartonnent souvent. Outre Lin, même Raymond Felton a réussi ses meilleures prestations quand D’Antoni le coachait.

« Vous le mettez dans un système avec du jeu au large avec des shooteurs et c’est une bonne recette. Il y a une raison pour laquelle Phoenix l’avait drafté pour être le back up de Steve Nash et aujourd’hui il est dans un système pour Steve Nash fait par D’Antoni et il a régalé. » – Richard Jefferson.

Source: Getty Images

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Si ses prestations sont pour le moment convaincantes, cela ne signifie pas que les Suns ou les Wizards ont été des truffes de passer à côté d’un phénomène. L’an dernier, Marshall a mis en avant ses défauts plus que ses qualités lorsqu’il a eu un peu de temps de jeu. Un shooteur peu orthodoxe, un défenseur médiocre et un athlète bien en dessous des standards NBA, surtout au poste de meneur. C’est d’ailleurs ce qui ressortait des rapports de scouts avant la draft. Les avis étaient très partagés à son sujet. Son manque de vitesse et d’explosivité étaient pointés du doigt. Dans une ligue où les points guards sont toujours plus rapides et physiques, il est incapable de prendre le dessus sur eux aussi bien offensivement que défensivement. Finir au cercle au milieu des intérieurs adverses, peu probable pour lui.

Mais à l’inverse, il possède un excellent QI basket et une lecture du jeu bien supérieure à la moyenne. Sa capacité à faire le bon choix de passe et sa vision en font un joueur apprécié de ses coéquipiers car ils savent qu’ils recevront la balle dans de bonnes conditions, aussi bien en contre attaque que sur demi terrain. Il sait pénétrer dans la raquette pour mieux ressortir la balle pour ses shooteurs. Son adresse aux tirs est respectable, même si son geste est parmi les plus moches de la ligue.

Son jeu est donc assez unique. Certaines de ses faiblesses semblent vraiment rédhibitoires pour s’imposer à un poste aussi dense que celui de meneur NBA. Mais son intelligence de jeu et sa capacité de création sont des atouts non négligeables. Comme en plus il a conscience de ses points faibles, le travail peut l’aider à franchir un cap et réussir une carrière.

« Ils ont dit que je ne savais pas shooter. Ils ont dit que j’étais trop lent. ils ont dit que je ne savais pas défendre. Donc je sais que ce sont des endroits où je dois m’améliorer. » – Kendall Marshall.

Source: Compte Twitter de Kendall Marshall

Source: Compte Twitter de Kendall Marshall

Le sosie de Vlade Divac a donc passé du temps à bosser son jump shot si caractéristique. Il lui reste encore tout à prouver et de nombreux progrès à faire, mais son passage en D-League et le fait d’être snobé par les équipes NBA l’ont poussé à se bouger. Le constat est simple, il n’est plus le même joueur qui a été mis de côté par les Suns et les Wizards, aussi bien en tant que créateur qu’en tant que shooteur. Il a su profiter de sa mise à l’écart pour s’améliorer puis de l’opportunité offerte par les Lakers, ce qui lui a permis au minimum de sécuriser sa saison en NBA. Il possède également une année supplémentaire non garantie à hauteur de $915 000 environ. Il y a fort à parier que LA continuera l’expérience, car peu de joueurs peuvent apporter autant à un tel prix. Reste à savoir quel sera son rôle avec le retour des blessés dans une équipe qui reconstruit et qui misera sûrement sur la free agency pour repartir sur de meilleures bases.

Une chose est sûre, Marshall finira cette saison en NBA. Il est en train de prouver qu’il a sa place dans cette ligue, malgré des lacunes encore importantes. Il lui faut dorénavant confirmer et continuer de bosser pour s’assurer un avenir plus long, pourquoi pas aux Lakers. Avec un salaire aussi bas, il peut aider à rééquilibrer les finances et former un backcourt finalement moins onéreux que prévu pour LA aux côtés de Kobe.

Source image couverture: Andrew D. Bernstein – Getty Images

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