Heat

Retour sur le Game 1 : version Heat, un dernier quart catastrophique

Retour en deux parties sur le Game 1 des Finales remporté par les Spurs 92 à 88 ce Jeudi. On commence avec le pôle de Floride, consterné et hué par un manque flagrant d’exécution et de discipline dans les dernières minutes d’un match qui semblait de toute évidence entre leurs mains.

Comment ne pas péter un câble encore aujourd’hui quand on est fan du Heat ? Comment revoir ce match, dominé 70% de la partie avant de s’écrouler dans le dernier quart-temps, réveillant au passage le fantôme cauchemardesque de 2011 ? Miami, que l’on soit clair et net, s’est fait dessus. Ce qui devait être une brillante victoire à domicile faisant taire au passage l’aspect physique de sept manches difficiles face aux Pacers s’est rapidement transformé en une douche froide sur la région la plus hot des States. Un véritable effondrement sur antenne nationale qui a définitivement ramené davantage de questions que de réponses autour de LeBron James et ses partenaires.

Un début de match exemplaire

Pourtant, tout roulait comme prévu pour la Rolls Royce de Pat Riley. Le repli défensif des Spurs aux allures de celui des Lakers, l’agressivité retrouvée de Dwyane Wade et une défense étouffante donnait au Heat un avantage conséquent sur les texans tant statistiquement que psychologiquement. Mieux encore, l’équipe qui s’était reposée depuis 2 mois semblait jouer à domicile, alors que San Antonio tentait de rester dans la partie le plus longtemps possible, une technique qui paiera sur la fin de match. Tim Duncan, resplendissant face aux Grizzlies en Finale de Conférence, avait de nouveau l’air d’avoir 37 ans, voir 47 quand ses typiques hooks mains droites ne rentraient même plus au poste. Un signe pas forcément des plus enthousiasmants pour les fans de Dream Tim.

L’exécution du champion en titre était de son côté de toute bôté sur les 24 premières minutes de jeu. Stops défensifs à montrer dans les écoles, remontée de balle rapide, et ouverture sur des shooteurs en pleine forme, à l’image de Mike Miller et Ray Allen qui nous rappelaient la qualité de leur fouetté : le Texas se cachait sous la pluie de bombes balancées à distance par la Floride, au point de mener de près de 10 points avant un temps-mort judicieux de Gregg Popovich. La fin de la première partie se finira coup-ci coup-ça pour Erik Spoelstra, qui laissera les visiteurs recoller à 3 petits points à cause d’un Tim Duncan retrouvé. Un véritable miracle quand on voyait la domination physique, statistique et psychologique des hôtes.

Une seconde mi-temps schizophrénique

Puis s’est produit l’impensable, de façon lente et prévisible, comme une vieille torture connue de tous mais impossible à arrêter. Les Spurs, fiers et conscients de la chance de ne pas être à déjà 20 points de retard, défendront dur comme fer pour empêcher le Heat de dérouler devant son public. 50 points en première mi-temps ? 38 en seconde, nettement plus en adéquation avec les principes installés par Pop en Septembre dernier. Mais tout ça, nous le verrons dans la version Spurs de ce retour sur le Game 1. Le Heat, pendant ce temps-là, jouera au jeu du schizophrène, cette fâcheuse tendance à ne plus respecter ses forces pour tomber dans l’individualisme forcé : le genre de came dont raffolent les potes de Tony Parker, qui martyrisent chaque équipe souhaitant s’en sortir en un-contre-un. De Stephen Curry à Dwight Howard en passant par Zach Randolph, tous ont été emmenés vers leur pire cauchemar de leur saison : seuls les Warriors collectifs ont réussi à faire trembler le temple texan, avant de retourner dans le un-contre-un.

La faute à qui ? Erik Spoelstra, maître absent de son équipe quand elle semblait donner à Chris Bosh des allures d’Andrea Bargnani ? LeBron James, capitaine silencieux quand le navire commença à couler ? La Rolls Royce dont nous parlions en début de match se transforma vite en deudeuch d’occasion, un tacot qui n’aurait même pas sa place sur Le Bon Coin tant la pauvreté du jeu du Heat faisait mal aux yeux. Trois points avec la tranche de Mario Chalmers, passes molles de LeBron, feintes à répétition de Dwyane Wade et chamboule-tout pour Chris Moche (le temps d’un soir) : le champion en titre se mettait soudainement à jouer comme…Oklahoma City l’an dernier. Un coup de karma violent qui donnera lieu à un come-back irréel des Spurs, mené par un Tony Parker trois étoiles avec en bonus 500 grammes de moules.

Plus inquiétant encore que les tirs de 12 mètres de ce sacré Chris Bosh, c’est surtout cette action, avec une minute à jouer, qui sera restée dans ma mémoire. Quatre points de retard, remise en jeu Heat, et LeBron se ramène balle en main derrière un écran de Ray Allen qui bloque complètement Kawhi Leonard. Le MVP de la Ligue, force inarrêtable en pénétration, probablement le joueur le plus doué physiquement de notre génération, et excellent finisseur des deux mains, se retrouve devant un boulevard en direction du panier avec un Tim Duncan définitivement en retard. Et une nouvelle fois, le débat fait rage : oui, niveau basket, la passe de LeBron pour Bosh est bonne. Son copain est seul, les pieds dans le plancher, sans le moindre Spur devant lui. Mais il s’agit de la NBA ici, pas du playground en bas de chez moi où le but est de ‘faire la bonne passe’. La NBA est une ligue de superstar, de légendes rendues éternelles de par leurs exploits, notamment dans les derniers instants d’un match. Et après avoir crucifié Indiana d’un lay-up victorieux il y a quelques semaines, LeBron a ressortit la boîte à claque en lâchant une belle passe mais qui n’a rien à faire dans un tel contexte.

Cette image ci-dessous, dans les yeux de tous les fans de basketball qui connaissent un minimum le phénomène d’Akron, c’est 2+1 avec explosion du public, temps-mort, et possible effondrement des Spurs. Pourquoi la lâcher à Bosh ? Personne ne le saura. Pas même un système mis en place par Spoelstra pour son ailier-fort à huit mètres (bonjour le génie). LeBron devait et devra attaquer la prochaine fois. Trop de fois il nous a déçu, en la donnant à Udonis Haslem face à Utah, face à Boston, à Dwyane Wade également l’an passé dans le Massachusetts. Trop c’est trop : cette Ligue t’adoube LBJ, donc rend-lui honneur. Bordel.

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