Dossiers NBA

Un gentleman parmi les Bad Boys.

L’ancien combo guard des Pistons, intronisé au Hall of Fame en 2006 après avoir arrêté sa carrière de joueur en 1999, fête aujourd’hui ses 50 printemps. Joe Dumars a marqué l’histoire de Detroit sur les parquets et il a continué en tant que dirigeant. Retour sur la carrière de ce Gentleman qui évoluait parmi les Bad Boys et qui consacre sa vie aux Pistons depuis 1985.

Drafté en 18ème position par Detroit, utilisé comme arrière shooteur, puis meneur à la retraite d’Isiah Thomas, Joe Dumars a passé ses 14 saisons NBA sous le maillot de bleu et rouge des Pistons. Il est l’un des 8 joueurs NBA à avoir joué plus de 1000 matchs, 1018 exactement, sous les couleurs de sa première franchise. Joueur fidèle, bon shooteur à 3-points, capable également d’attaquer le cercle et excellent défenseur sur l’homme, il a formé avec «Zeke» l’une des meilleures paires d’arrières que la NBA ait connu. Joe D. s’occupait toujours du meilleur arrière adverse et comme tous les grands joueurs, c’est en playoffs qu’il a rendu ses plus belles copies.
En 1988, les «bad boys» de Detroit, avec le quatuor Bill Laimbeer, Dennis Rodman, Isiah Thomas et donc Joe Dumars, sortent les Bulls de Michael Jordan et du rookie Pippen en Demi finale de Conférence (4-1). Dumars se chargea de Sa Majesté lors de ces séries, pas une mince affaire face à un Jordan tout fraîchement élu MVP et meilleur défenseur de l’année mais il réussit tout de même à contenir MJ à «seulement» 27 points par match… Et oui, en carrière, Jordan a marqué 33,4 points par match en playoffs. Cette année-là, les Bulls eurent du mal à se défaire des Cavaliers au premier tour (3-2) mais MJ était sur une autre planète : 45,2 points par rencontre, le tout à 56% !! Tenir ce monstre offensif sous les 30 points, qui plus est avec une réussite moins bonne qu’à l’habitude («seulement» 49%), cela s’appelle une grosse performance, une performance digne des plus grands défenseurs.

« Joe Dumars fut le gars qui m’a obligé à étendre mon répertoire offensif… Il m’a imposé un plus gros challenge que n’importe qui d’autre. »   Michael Jordan, à la fin de sa carrière.

Bien sûr, Dumars n’était pas tout seul en défense et Jordan faisait l’objet d’une «protection» très rapprochée de la part de tous les Pistons. Cependant, Joe D., en bon pot de colle qu’il était, fit un travail énorme sur Jordan, le gênant à chaque prise de balle, chaque démarrage ou chaque shoot et les Pistons ne firent qu’un bouchée des Bulls (4-1).
Ensuite, Detroit élimina les Celtics des Larry Bird, Robert Parish, Kevin McHale et Dennis Johnson (4-2). Joe Dumars était sur Johnson le meneur de Boston qui n’a pas pu bouger un cil de toute la série. Finalement, Detroit échouera face au Showtime des Lakers de Magic, Worthy, Abdul-Jabbar et AC Green. Une série perdue 4-2 au cours de laquelle Dumars tournera a 14 points à 51% et 5 passes décisives tout en défendant régulièrement sur Magic.
Pendant ces playoffs, le jeu dur des Pistons défraye encore la chronique. Il est vrai qu’à l’époque, s’aventurer dans la raquette des Pistons relevait clairement de l’inconscience tant le style défensif, proposé par les Laimbeer, Rodman, Mahorn ou Aguirre, s’apparentait plus à du freefight qu’à tout autre sport en vigueur sur cette planète…
Joe Dumars est quasiment le seul Piston qui n’est pas concerné par ces critiques. Bien au contraire… Au sein de cette équipe de Detroit connue à travers tous les Etats-Unis pour sa défense de boucher, ses mauvais coups voire son goût pour les échauffourées musclées, Joe Dumars dénote par son calme et son fair play. Le numéro 4 des Pistons défendait dur, de manière virile et très collante mais toujours avec le respect de l’adversaire. C’est d’ailleurs ce respect, cette absolue loyauté envers les règles du jeu qui lui valu de remporter le premier «NBA sportmanship award» en d’autres termes le prix du fairplay. Un trophée qui est depuis appelé le «Joe Dumars Trophy». Tout simplement…

Sa plus belle partition de playoffs, Joe nous la jouera en 1989… Les bad boys arrivent en playoffs remontés à bloc. Ils infligent deux «sweep» très violents au premier et deuxième tours face à Boston d’abord (écart moyen de +11 sur la série) puis Milwaukee ensuite (écart moyen de +12 sur la série) pour retrouver les Bulls en Finale de Conférence et les battre à nouveau (4-2).
De retour en Finales NBA, encore face aux Lakers, les Pistons emmenés par un grand Joe Dumars n’ont pas laissé passer leur chance et ont balayé le showtime (4-0). Du haut de ses 191 cm, Dumars est immense ! Toujours bien en place sur ses appuis, les mains très actives, il gêna considérablement Magic et ses 2m06 lors de cette série. Précis et agressif en attaque, il fit vivre un cauchemar à l’arrière garde des Angelinos pour qui les dribbles déroutants du gentleman étaient impossibles à défendre. Tourner à 27,3 points à 58%, 6 passes tout en s’occupant de Magic Johnson, ça c’est de la performance de haut niveau ! D’ailleurs les observateurs ne s’y sont pas trompé et l’ont élu MVP de ces Finales.

En 1990, les champions en titre réaliseront le doublé, le fameux Back to Back, le seul de l’histoire des Pistons. Emmenés par une paire Thomas-Dumars toujours aussi saignante et une défense toujours aussi acérée, les hommes de Chuck Daly ont tout écrasé sur leur passage. Tout sauf les Bulls qui poussèrent Joe D. et ses partenaires dans un match 7 au cours d’une série d’anthologie remportée à l’arrachée par les futurs champions. En Finale, les Blazers de Clyde Drexler ne purent rien faire de mieux que de prendre un match pour empêcher ces Pistons de réaliser un troisième sweep en 4 séries de playoffs…
En 1994, sans doute désabusé par l’hégémonie mise en place par Chicago, Isiah Thomas prit sa retraite. Dumars, tout récent champion du monde avec la Dream team II, se vit alors confier la mène et les rênes d’une nouvelle équipe. Une nouvelle équipe qui accueillait un certain Grant Hill dans ses rangs, un rookie qui avait, parait-il quelques talents… Néanmoins, avec le départ d’Isiah Thomas et ceux de Dennis Rodman (Spurs) et Bill Laimbeer (retraite), Dumars se retrouva au sein d’un effectif beaucoup moins en rapport avec son talent et ses envies de compétiteur. Pour autant, là où nombre de stars auraient quitté le navire, Joe, lui, resta fidèle à sa franchise de toujours. Prenant sous son aile le jeune Grant Hill, il porta ses Pistons en playoffs 3 fois sur les 5 dernières saisons de sa carrière de joueur entre 1994 et 1999. Âgé de 36 ans, le gentleman moustachu pouvait alors sereinement prendre sa retraite et s’éloigner de la NBA. Pas pour longtemps…

Un an après, en 2000, Joe Dumars intégrait le staff dirigeant des Pistons en tant que PBO, President of Basketball Operations. L’une de ses premières action fut d’échanger Grant Hill pour obtenir Ben Wallace et épaissir un secteur intérieur qui en avait grandement besoin. Il fit également venir Chauncey Billups et Rip Hamilton en 2002, drafta Tayshaun Prince la même année afin d’avoir une triplette extérieure complémentaire et de haute qualité. Avec ce 5 majeur parfaitement construit (Rasheed Wallace faisant le 5ème à partir de 2004) et l’arrivée aux manettes de Larry Brown en 2003, les Pistons du Président Joe enchaînèrent 6 participations d’affilée aux Finales de Conférence pour un titre gagné face aux Lakers (2004) et un finale perdue face aux Spurs (2005). Cette équipe qui a sévit dans le Michigan au milieu des années 2000 porte le sceau de Joe Dumars. Une équipe au sein de laquelle le collectif est une philosophie et la défense une base de discussion non négociable pour tout joueur qui veut l’intégrer. La seule équipe de ses 30 dernières années à être allé chercher une bague de champion NBA sans joueurs stars, sans réel franchise player, juste avec un collectif supérieur aux autres.
A partir de 2009 et cette élimination rapide au premier tour de playoffs, les Pistons sont en difficulté. Ils écument les bas fonds de la Conférence Est et doivent reconstruire. Là encore, Dumars reste fidèle à sa franchise, à sa ville et continue de travailler. Il n’a pas hésité, cette année, à échanger Tayshaun Prince qui est le dernier représentant de la grande équipe des années 2000. L’objectif : dégager de la masse salariale pour construire autour de Greg Monroe et peut-être Andre Drummond, une équipe qui portera encore très haut les couleurs rouge et bleu chères à notre gentleman. L’avenir nous dira bientôt s’il a, encore une fois, su faire le bon choix.

Depuis près de 30 ans, le Palace d’Auburn Hills est le jardin de Joe Dumars. Son maillot floqué du numéro 4 flotte en haut de l’arène de Detroit. Un numéro qu’aucun autre Pistons n’a porté avant lui ou ne portera après lui. Un maillot unique pour un homme unique. Joe Dumars représente, presqu’à lui seul cette grande franchise que sont les Pistons. Un joueur de légende. Un joueur dur mais propre, talentueux et travailleur. Un joueur devenu un dirigeant hyper investi, inspiré et fin stratège. Un Gentleman qui, à 50 ans, a déjà consacré plus de la moitié de sa vie au Basketball…

BONUS :
Top 10 de Dumars lors des Finales de 1989
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Un mix qui met en valeur toutes les qualités du Gentleman
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2 Commentaires

2 Comments

  1. @OrelMann

    24 mai 2013 à 10 h 29 min at 10 h 29 min

    #NbaExtra @PistonsFansFR @joedumars HBD Joe D. http://t.co/1zdWZsxiIN http://t.co/f1UbqupwA1

  2. @TheoMebarkia

    24 mai 2013 à 12 h 22 min at 12 h 22 min

    RT @TrashTalk_fr: Un gentleman parmi les Bad Boys. http://t.co/pIRHM8IC1c

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