Futures stars

Le mois de septembre de Victor Wembanyama : liberté offensive, nouveau rôle et tabloïds, le plan se déroule sans accroc

Victor Wembanyama | Septembre

J’veux qu’on parle de moi,
Que les filles soient nues,
Qu’elles se jettent sur moi…

Source image : @_AD.VISUAL_ ON INSTAGRAM

Quand les conquistadors s’en allaient découvrir le Nouveau Monde, leurs femmes se rendaient au port pour les y gratifier d’une dernière embrassade. Cette saison, Victor Wembanyama entame sa dernière danse dans le corps d’un joueur de basket-ball français, avant de bondir outre-Atlantique en très probable qualité de first pick. Ce suivi mensuel est notre manière à nous de l’embrasser.

En deux semaines de compétition, Victor a réussi à chasser la controverse autour de son départ de l’ASVEL. Plus personne ne prend le temps de questionner ses motivations, ni l’utilité qu’aurait eu l’Euroligue dans son développement personnel. À Paris, point cardinal du monde, les journalistes du New York Times, de CNN, les GM des différentes franchises NBA, nos grands-parents, Sylvain Tesson et les Rois mages refusent la continence et font le déplacement à Marcel-Cerdan pour y regarder jouer l’enfant prodige. Sur la forme, Victor a encore de quoi step-up en gommant certaines imperfections. Sur le fond, le ciel est bleu, dégagé, et l’hirondelle chante de tranquilité : le plan se déroule sans accroc.

La dalle angevine

Le tournoi Pro Stars à Angers, excellent point de départ d’une saison que l’on espère aussi… productive.

Le vent chaud de l’été s’échouait encore sur notre cou quand – les 16 et 18 septembre derniers – Victor Wembanyama est sorti de nulle et a pondu 68 points sur deux matchs de pré-saison. La folie furieuse. Pas de caméras professionnelles dans le Maine-et-Loire pour donner écho à ses prouesses contre le club turc du Darüşşafaka (34 points), seulement les relais d’étudiants qui ont payé leur place 2€ pour observer l’un des plus grands talents générationnels que le basket-ball ait connu. Le surlendemain, l’installation d’une caméra bien pirate contre l’Hapoel Holon a permis la vérification de ces bruits de couloir. Encore 34 points pour Vico – dont un remarquable 13/13 aux lancers – et 95 kilos de hype à une semaine de l’ouverture de la Betclic Élite. Quelle sera sa limite ? Le Darüşşafaka a terminé 6e de Super Lig la saison passée, tandis que l’Hapoel Holon est un club pro du championnat israélien engagé en BCL, la Coupe d’Europe de la FIBA. Deux gros morceaux dévorés par un plus gros morceau, et une prise de conscience générale parmi les observateurs : il peut réitérer à l’échelon supérieur.

Le piège nordiste

Au centre de Sportica, salle du BCM Gravelines, le premier entre-deux de la saison de Betclic Élite est lancé : 40 minutes de joutes plus tard, Victor Wembanyama sort d’un match en demi-teinte. Tous les ballons franciliens sont passés par les mains de notre prospect qui les a convertis en 23 points à 12/21 au tir, et 10 rebonds dont 7 offensifs. Bémol non négligeable, les Metropolitans 92 ont mangé -12. Plusieurs constats à la sortie de cette performance. Le poste 4 de 18 ans n’a pas laissé son audace sur les bords de Rhône. Qu’il dégaine sans peur est probablement la meilleure chose à faire dans une année de draft. Maintenant, il va falloir que Vincent Collet trouve un juste milieu entre faire « shiner » Victor Wembanyama et tirer 100% du reste de sa rotation. Le développement individuel de Vico ne doit pas démolir les ambitions collectives des Metropolitans 92, 3èmes de Betclic Élite la saison passée. Que beaucoup de ballons passent par lui, c’est une évidence : c’est l’une des raisons qui l’ont envoyé à Levallois. Il lui serait toutefois difficile de mener sa barque sous la fureur d’une tempête médiatique et d’opinion, de type : « En attendant il plombe son équipe votre “crack” ». Le genre de commentaire que l’on a retrouvé dès ce premier revers. Gardons cependant à l’esprit que ce type de critiques ne reflète que l’opinion d’une extrême minorité. Un arbre qui tombe fait toujours plus de bruit qu’une forêt qui pousse.

Petit à petit Vico fait son nid

Quand l’Élan béarnais se déplace à Levallois, mieux vaut mater ça avec des lunettes de sécurité. Un Michael Stockton extrêmement bien contenu par la défense francilienne, et une très (très) faible équipe paloise à… 6/29 à 3-points : les Metropolitans 92 ont empoché leur premier succès de la saison sans trembler. Pour ce qui est de Victor, trois fautes en quatre minutes de jeu et un Vitalis Chikoko bien en chair l’ont contraint à regarder la première mi-temps depuis son banc. Son deuxième acte, très correcte, lui a permis de noircir sa feuille de match avec 10 points à 3/10 au tir, 8 rebonds, 3 assists, 3 contres et 1 interception. Notre résumée de la soirée est à retrouver juste ICI.

« Victor a été un peu gourmand mais il a fait quelques belles passes. Il était aussi plus dissuasif que vendredi (défaite contre Gravelines, ndlr), plus concentré sur les aspects défensifs, dans le contrôle du rebond. C’était moins “flashy” que vendredi mais plus solide. » – Vincent Collet, après Metropolitans 92 – Élan béarnais

La réception du Portel, le dernier match avant de s’envoler outre-Atlantique pour une double confrontation contre l’Ignite Team de Scoot Henderson. Encore une victoire, mais encore un bilan collectif mitigé avec un écart de “seulement” dix unités qui ne rassure pas. En conférence d’après match, un Vincent Collet bien sec a exprimé son inquiétude : « Même si notre adversaire était diminué, nous avons eu les commandes tout au long de la rencontre mais sur la manière c’est très imparfait. On joue un basket G-League. Il va falloir qu’on avance ». Si l’on regarde la ligne statistique de Victor Wembanyama, auteur de 19 points à 8/16 au tir, 6 rebonds, 3 assists, 2 contres et 2 interceptions, on se dit « C’est pas mal du tout ça ! ». Sur la forme, il a pourtant la capacité de faire BIEN mieux. Non pas que ses performances contre Pau et Le Portel soient à jeter dans la benne, bien au contraire, mais le Victor du début de saison est comme une excellente pizza qui n’a pour seul ingrédient que de la sauce tomate. Ça fonctionne bien, et ça risque de cartonner quand il/elle va se développer.

En couverture du légendaire SLAM Magazine

En octobre 2018, Kylian Mbappé devenait le premier footballeur français à s’afficher en Une du prestigieux Time Magazine.

On vous rassure, Victor Wembanyama n’a pas encore choppé la couverture de l’hebdomadaire cainri. Par contre, le mythique SLAM Magazine – qui ne publique que neuf éditions par an – a bel et bien dédié sa Une au joyau de Levallois. Un tout petit « RIP Bill Russell » sur la gauche de la couverture, placé au second plan, et un intérieur de magazine qui en vaut la chandelle. On y apprend que Victor a privilégié Levallois à Villeurbanne pour le confort des déplacements et le rythme d’un seul match par semaine, histoire de mieux récupérer et de bosser ses fondamentaux. Plus globalement, il n’est que le deuxième joueur français à faire la Une de SLAM Magazine après Tony Parker en 2007, quand les Spurs jouaient un basket pas trop dégeu. Il y a aussi Cyril Féraud, mais pour le coup pas sûr qu’on parle de la même revue. Bref, on vous glisse une vidéo très intéressante juste en-dessous. Les équipes de SLAM Magazine ont passé un après-midi à Paris en compagnie de Victor Wembanyama, et ont par la suite posté onze minutes d’entretien avec le first pick annoncé. Il revient sur son parcours, l’impact qu’a la pression sur son jeu (ou plutôt qu’elle n’a pas), confie penser « tous les jours » à la défaite contre Team USA en finale de la dernière Coupe du monde U20, et réagit de la plus intelligente des manières à une question sur « ce qu’il veut accomplir ».

« Oui je sais à peu près ce que je veux accomplir, la plupart des choses oui… mais je ne vais pas vous en parler *rires »

LE MOIS DE SEPTEMBRE DE VICTOR WEMBANYAMA EN CHIFFRES :

  • 15 septembre vs Darüşşafaka (pré-saison) : 34 points à 71% au tir, 10 rebonds, 3 contres, 0 faute personnelle et 11 fautes provoquées pour 37 d’évaluation
  • 17 septembre vs  Hapoel Holon (pré-saison) : 34 points à 10/17 au tir dont 13/13 aux lancers, 5 rebonds, 4 contres et 1 interception
  • 23 septembre @ Gravelines (championnat) : 23 points à 11/23 au tir dont 1/6 du parking, 10 rebonds dont 7 offensifs, 1 contre, 1 passe, 3 turnovers, 2 fautes personnelles et 0 faute provoquée en 30 minutes
  • 27 septembre vs Pau-Lacq-Orthez (championnat) : 10 points à 3/10 au tir dont 1/3 du parking et 3/5 aux lancers, 8 rebonds dont 1 offensif, 3 contres, 3 passes, 1 interception, 1 turnover, 4 fautes personnelles et 3 fautes provoquées en 20  minutes
  • 30 septembre vs Le Portel (championnat) : 19 points à 8/16 au tir dont 2/3 du parking et 1/2 aux lancers, 6 rebonds, 3 passes, 2 contres, 2 interceptions, 2 turnovers, 1 faute personnelles et 6 fautes provoquées en 32 minutes

Premier demi-mois de compétition chargé, sur et en dehors des parquets. La hype s’empare du phénomène Wembanyama bien au-delà des frontières hexagonales, et les premiers flashs d’appareils commencent à éblouir le visage qui, à l’été prochain, comblera de bonheur l’une des trente fanbases NBA. Allez, on file vite se préparer pour la rencontre de cette nuit opposant Victor Wembanyama à Scoot Henderson : la preview est à consulter juste ICI.

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