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Bill Russell, c’est aussi une légende NCAA : d’inconnu sur les tablettes des coachs à leader d’une équipe invincible à San Francisco

Bill Russell USF

Bill Russell jamais en NBA ? On ne signe archi-pas !

Source image : YouTube

Onze titres en treize saisons, douze sélections all-star, cinq titres de MVP, une médaille d’or olympique ou encore deux intronisations au Hall of Fame, en tant que joueur puis entraîneur. Le palmarès est à l’hauteur de l’héritage du monsieur : tout simplement immense. Si Bill Russell nous a quitté hier, sa legacy restera à jamais gravée dans l’histoire de la NBA. D’ailleurs, saviez-vous que la Grande Ligue n’est pas passée loin de ne jamais connaître ce monument ? Suivez-nous, on vous embarque dans les jeunes années de Bilou. 

William Felton Russel dit « Bill » Russell naît le 12 février 1934 dans la ville de Monroe, en Louisiane. Confrontés à la ségrégation et au racisme caractéristiques de l’époque, Bill et sa famille décident de déménager, direction Oakland et la Californie. Tout jeune déjà, le gamin est un bel athlète. Excellent en athlétisme, il ne montre toutefois aucune prédisposition particulière pour le basket. En grande difficulté avec les fondamentaux du jeu, Russell n’est même pas conservé dans l’équipe de son collège. Vous commencez à connaître le bonhomme, Bill n’est pas du genre à se laisser abattre. Quelques années plus tard et dès son arrivée au lycée de McClymonds High School, il persévère et gratte même un peu de temps de jeu lors de sa première saison. Rien d’exceptionnel, mais les progrès restent tout de même notables. Le déclic surviendra finalement lors de ses deuxième et troisième années de lycée. Alors installé dans la rotation de l’équipe, le jeune Bill progresse peu et à peu, et se révèle même performant défensivement. Malheureusement pour lui, la défense est un secteur laissé pour compte à l’époque, et la valeur d’un joueur est définie uniquement ou presque selon sa capacité à scorer des pions.

Loin des standards offensifs du moment, Russell continue pourtant de bosser sur sa défense en attendant son heure. Une heure qui ne tardera d’ailleurs pas arriver quand Hal DeJulio, alors scout pour l’Université de San Francisco (USF), assiste à un match de Bilou et ses copains. Comme à son habitude, le pivot est assez limité offensivement et n’inscrit que très peu de points. Ses fondamentaux ne sont toujours pas au point non plus, mais DeJulio reste scotché devant la défense du gamin. Longtemps chahuté pour son style défensif si particulier – Russell est très mobile et aérien, il n’hésite pas à se servir de ses qualités athlétiques pour défendre, contrairement à la coutume – notre lycéen aura finalement obtenu gain de cause. Impressionné par une science du jeu et un instinct déjà bien développés pour un si jeune garçon, Hal DeJulio convainc Phil Woolpert, alors coach d’USF à l’époque, d’offrir une bourse à ce Bill Russell dont personne ne veut. Et oui, il fut un temps où le monstre que l’on connaît aujourd’hui ne disposait qu’en tout et pour tout d’une seule et unique offre universitaire. Il faut croire que ces messieurs ont eu le nez fin. Voici d’ailleurs ce que déclarait DeJulio au sujet du tout jeune Russ’ :

« Je savais qu’une fois qu’il [NDLR : Phil Woolpert] l’aurait fait rentrer et l’aurait vu courir et sauter, il saurait qu’il tenait un homme venu de Mars, quelque chose d’encore jamais vu. Il avait un timing et une vitesse incroyables dès le début. Il était tellement intelligent. »

– Hal DeJulio

Direction San Francisco et les Dons de l’USF en 1953 donc, pour notre protagoniste qui traverse la baie des rêves pleins la valise. La légende Bill Russell se prépare à écrire les premières lignes de sa fabuleuse histoire. Après deux petites saisons d’adaptation au circuit universitaire, l’intérieur domine de la tête et des épaules. Dans tous les sens du terme d’ailleurs, tant voir un géant au double-mètre est peu commun pour l’époque. Déjà très engagé, celui qui deviendra « Bill the Hill » se fait également remarquer en dehors des parquets, notamment pour ses prises de positions affirmées sur des sujets sociétaux importants comme l’égalité ou le racisme. Pour en revenir au terrain, Russell brille de mille feux. Il domine, écrabouille et roule sur l’ensemble de ses adversaires lors de ses dernières années de fac. Bien aidé par un physique avantageux, il faut tout de même le reconnaître. Notre protagoniste conduit les Dons jusqu’au titre de NCAA à deux reprises, en 1955 et 1956. Non contents de glaner quelques trophées, Bill et son équipe enregistrent par la même occasion une impressionnante série de 55 victoires de suite.

Bilou domine tellement que de nouvelles règles sont mises en place pour tenter de le limiter. La raquette est agrandie pour empêcher le garçon de contrer tous les lancers francs adverses. La « Russell Rule » est née. Vous l’aurez sans-doute compris, collectivement comme individuellement, le succès est total. En 1955, « The Stuffer » est carrément élu MOP du tournoi NCAA (Most Outstanding Player). Finalement, c’est après quatre saisons de bons et loyaux services chez les Dons que Bill Russell achève son parcours universitaire, compilant des moyennes de 20,7 points et 20,3 rebonds par matchs.  Oui, oui, vous avez bien lu, un double-double en 20/20 à chaque sortie. Et encore, les contres n’étaient pas comptés à l’époque, sans quoi la feuille de stats aurait été encore plus lourde. Qu’il semble désormais loin le temps ou personne ne voulait de notre pauvre Russ’. La suite ? Vous la connaissez, Red Auerbach et les Celtics feront des pieds et mains pour récupérer « The Good Lord » à la Draft, donnant alors lieu à l’une des plus belles amitiés qu’ait pu connaître la NBA.

Si Bill Russell est aujourd’hui un monstre sacré, il est parfois étonnant de voir à quel point la carrière de certains joueurs se joue sur des détails. Sans Woolpert et DeJulio, ce grand monsieur aurait pu finir tout autre chose que basketteur. Quoiqu’il en soit le Stuffer s’envole désormais avec le statut de légende incontestée du jeu. Champion parmi les champions, l’homme aux onze bagues laisse derrière lui un pan important de l’histoire de la Grande Ligue et du basket NCAA.

Sources texte : ESPN, NCAA.com

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