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Les Warriors ont totalisé 474 millions de dollars de revenus liés au basketball en 2021 : qui a dit que Golden State galérait à payer ses taxes ?

Chase center 17 novembre

Cette salle devrait être renommée « Grosse Kichta Arena »

Source image : YouTube

Renforcée par l’inauguration du tout nouveau Chase Center, d’un spectacle sportif retrouvé et d’une marque Warriors toujours plus influente, Golden State est devenu la franchise au plus important revenu de toute la NBA avec 474 millions de dollars empochés sur l’année civile 2021 selon le magazine Forbes. Les 29 autres équipes sont dans le rétro, ballon et argent font bon ménage à San Francisco.

C’est un montant record, et qui nous dépasse tous. Jamais, dans toute l’histoire de la Grande Ligue, une franchise n’avait amassé autant d’argent directement lié au basketball en un an. Le précédent record des Knicks – 472 millions – est battu de peu, mais battu quand même. Cela dit, ce n’est un secret pour personne : Golden State en avait besoin. Au total, les Warriors auront cette saison dépensé près de 184 millions de dollars dans les salaires et le paiement de la Luxury Tax, encore une fois loin devant les autres équipes. Autant vous dire que le chéquier de Joe Lacob a dû pas mal servir dans ce bazar financier. Si vous vous demandiez donc comment le champion en titre pouvait se permettre de claquer autant de biff, la réponse est plutôt claire : ils avaient très largement les moyens. Mais encore faut-il comprendre d’où proviennent toutes ces rentrées d’argent… Car les sources de revenus sont diverses, et ne feront sans doute qu’augmenter au fil des années.

Soyons tout de suite honnêtes, il n’est pour l’instant pas possible de savoir précisément le montant exact perçu par les Warriors dans chacun de ses domaines d’activité. On aimerait bien être dans le bureau de la compta de Golden State, mais on préfère garder nos aspirines pour les Jazz – Spurs de l’hiver prochain. L’objectif n’étant pas de savoir « combien ? », mais plutôt « ça vient d’où ? ». Tout d’abord, il est important de rappeler que les 474 millions de dollars de revenus de la franchise ne correspondent qu’à ce que Golden State a perçu en lien avec les basketball. Ici, nous parlons donc en premier lieu des bénéfices réalisés par la billetterie. Et quelle billetterie… Dans ce tout nouveau Chase Center où les fans ont vibré durant les derniers Playoffs, le prix d’une place devient très vite… exorbitant. Pour rappel, le journaliste de The Athletic Tim Kawakami avait affirmé que les Guerriers espéraient près de 15 millions de dollars de revenus à chaque match des Finales NBA 2022. Selon CBS, il fallait donc débourser près de 1 759 dollars en moyenne pour y assister. Un délire. Toujours est-il que nous devons de notre côté également comptabiliser les ventes de maillots, où Stephen Curry arrive d’ailleurs premier en France, ainsi que les droits TV ou encore les sponsors (20 millions de dollars annuels avec Rakuten jusqu’en 2023), des sources de revenus assurées d’être versées une fois l’accord conclu.

Toutefois, selon CNBC, les vrais revenus de la franchise sont sous-estimés en raison du décompte partiel effectué par Forbes, négligeant l’impact réel de deux sources de revenus en particulier. La première concerne les événements hors NBA se déroulant au Chase Center. Car bien qu’une majeure partie soit intégrée à ces 474 millions de dollars, 25% n’y est pas comptabilisée. Et dans le cas de Golden State, cela est loin d’être anecdotique. En effet, la franchise est elle-même propriétaire de sa salle (qui lui a coûté 1,4 milliard de dollars), récupérant ainsi tous les profits générés par des concerts, spectacles etc… qui peuvent accueillir jusqu’à 19 500 personnes. En gros : une fois sur quatre, les revenus générés par de tels évènements arrivent dans les poches des Warriors sans forcément être comptés comme des revenus liés au basketball. Il ne faut pas non plus oublier que la franchise monétise l’immobilier environnant où elle accueille un locataire également partenaire : Uber. La transition est toute faite puisque la seconde source de revenus sous-estimée concerne les partenariats naissants réalisés par la franchise.

S’il y a bien un objectif extra-sportif que Golden State fait tout pour atteindre, c’est celui d’étendre son influence à tous les domaines d’activité possibles. Interrogé en avril dernier à ce sujet sur CNBC, le président de l’équipe Brandon Schneider affirmait que le but des Warriors était de devenir des « leaders mondiaux en termes de projets et de divertissement« . Pour ce faire, ce dernier a expliqué vouloir innover autour de la technologie en raison de leur présence dans la Bay Area, qu’il considère comme « l’épicentre mondial de la technologie« . C’est pourquoi la franchise tente d’élargir ses partenariats avec les plateformes d’échange de billet telles que Stub Hub ou Ticketmaster, en lançant par exemple SuiteXchange il y a quelques mois, sa propre plateforme d’échange de bifton consacrée aux suites de luxe du Chase Center et exploitant la technologie blockchain. Et puis quitte à partir dans tous les sens, autant y aller franco. C’est pourquoi Golden State a conclu un nouvel accord de parrainage de 10 millions de dollars avec FTX, plateforme de cryptographie qui vend notamment des NFT ayant déjà rapporté 2 millions de dollars aux Warriors. Golden State Entertainment (GSE) – une filiale des Warriors – devrait également produire des documentaires, éditer des albums et se pencher sur des festivals de musique avec l’aide de la société Mandalay Entertainment détenue par… Peter Guber, second proprio de la franchise. Une activité qui lui permettra de bénéficier des revenus d’Apple ou Netflix, qui pourra accueillir (et a déjà commencé cette année), le contenu produit. Un sacré montage que Schneider justifiait à l’occasion de cette même intervention pour CNBC :

« Disney a commencé comme un parc d’attractions, les Warriors ont commencé comme une équipe de basket. Regardez ce que Disney est devenu, et regardez ce que les Warriors deviennent. […] Quand nous construisions le Chase Center, nous parlions de nous transformer en une société de sport ET de divertissement avec une bonne équipe de basket comme pierre angulaire. […] Nous avons un plan, nous maintenir à un haut niveau et investir, et nous avons de la chance d’avoir des propriétaires prêts à investir sur et en dehors du terrain. C’est crucial et nous donne un avantage concurrentiel. »

– Brandon Schneider

Bien évidemment, et ce qui n’est pas précisé dans la publication de ces chiffres bruts… c’est qu’il existe des taxes en vigueur, applicables aux revenus touchés par la franchise, soit le proprio Joe Lacob (et Peter Guber). Car si un État comme le Texas ne prélève quasiment pas les montants perçus, ce n’est pas le cas de la Californie qui récupère jusqu’à 13,3% des revenus en tous genres. Mais cette Income tax partant en direction de l’Etat est loin d’être la seule en vigueur. En effet, une autre partie est récupérée par Adam Silver (notamment la billetterie ou les droits TV) tandis qu’une dernière se dirige vers l’Etat fédéral, en raison notamment de la taxe de divertissement qui s’applique dans le cadre de la NBA. En 2021 et malgré l’énorme montant qu’ils devaient à la Ligue, les Warriors cumulaient donc près de 200 millions de dollars de bénéfice d’exploitation. Largement de quoi s’acquitter des taxes qui leur étaient imposées.

Si ces 474 millions de dollars représentent un montant encore jamais vu dans la Grande Ligue, il se pourrait néanmoins que ce dernier soit rapidement battu. Selon des sources internes à Golden State, la franchise espère atteindre près de 700 millions de dollars de revenus (!) cette année, tout en continuant de se greffer à toutes sortes de projets ou partenariats. La prochaine fois que vous vous demanderez si les finances des Warriors tiendront le coup, vous pourrez donc être rassurés.

Sources texte : Forbes / CNBC / CBS / Bleacher Report

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