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Davion Mitchell, ce pitbull qui a les crocs : après une année en mode portes ouvertes, enfin le retour de la défense à Sacramento ?

Co-MVP de la Summer League, Davion n’a pas le temps.

Source image : YouTube

En sélectionnant Davion Mitchell avec leur neuvième choix à la dernière Draft NBA, les Kings ont surpris leur monde mais le manager général Monte McNair tenait à miser sur le prospect formé à Baylor. Et pour cause, le champion NCAA 2021 et Défenseur de l’Année à l’université apporte deux choses que Sacramento a cruellement besoin : défense et mentalité de gagnant.  

116,5 points encaissés pour 100 possessions, 117,4 points encaissés par match en moyenne. Les chiffres piquent les yeux. La saison dernière, les Kings étaient plus que jamais en mode portes ouvertes, alors Monte McNair a décidé de frapper un grand coup, sans se poser trop de questions par rapport au fit potentiel dans l’équipe. Quand Adam Silver a prononcé le nom de Davion Mitchell au moment du neuvième choix des Kings, nombreux ont haussé les sourcils, se demandant pourquoi les Kings prenaient un arrière supplémentaire alors qu’ils possèdent déjà De’Aaron Fox, Tyrese Haliburton, Buddy Hield ou encore Terence Davis dans le roster. Une réaction compréhensible malgré les qualités de Mitchell, et on s’est nous-même grattés la tête par rapport à ce choix, non seulement à cause de l’embouteillage à l’arrière mais aussi parce que les Kings possédaient d’autres besoins dans leur effectif, notamment à l’aile. Mais McNair voulait absolument apporter une réponse aux grandes failles défensives de son équipe, et Davion Mitchell représente selon lui le type de joueur capable d’aider Sacramento à aller dans la bonne direction.

« Quand vous défendez le meilleur joueur adverse et vous lui rendez la vie dure, vous restez sur le terrain. Et je voulais toujours rester sur le terrain. Je voulais toujours jouer avec les gars plus âgés. J’avais l’impression de progresser. Même si je n’étais pas le meilleur sur le terrain à ce moment-là, j’ai progressé en défendant les meilleurs joueurs. C’est ce que j’adore faire. J’ai l’esprit de compétition. »

– Davion Mitchell, via The Undefeated

Ces mots de Davion, en référence à ses jeunes années du côté du Shuman Recreation Center à Hinesville (sa ville natale en Géorgie), montrent bien une chose : la défense, c’est quelque chose qu’il a dans le sang, depuis qu’il est gamin. Et c’est comme ça qu’il s’est fait un nom jusqu’à atteindre la Grande Ligue. Initialement enrôlé à l’université d’Auburn lors de son année freshman, où il possédait un rôle assez limité, Mitchell a ensuite rejoint les Bears de Baylor dans le Texas pour continuer son cursus universitaire. Il passera trois saisons à Baylor, mais seulement deux sur les parquets. Pourquoi deux ? À cause du règlement NCAA concernant les transferts. Le changement d’université a effectivement obligé Davion à rester sur la touche pendant toute une année en 2018-19. Pas grave, il en a profité pour bosser individuellement afin de pouvoir revenir en bombe. Il a ensuite retrouvé le terrain avec les Bears, le couteau entre les dents. Et pendant ces deux ans, Davion Mitchell est devenu une pièce vraiment importante du système de Scott Drew, progressant en attaque mais surtout à travers son intensité défensive de tous les instants. C’est simple, on parle d’un véritable pitbull. Vous voyez Marcus Smart ? Eh bah Davion, c’est dans la même veine. En 2021, Mitchell rafle toutes les récompenses en matière de défense : Naismith College Defensive Player of the Year ? Check. NABC Defensive Player of the Year ? Check. Lefty Driesell Award ? Check. Ses très grosses qualités défensives sont particulièrement mises en lumière lors de la March Madness, où Davion Mitchell mène la vie dure à ses adversaires et aide Baylor à grimper jusqu’au sommet du basket universitaire, les Bears tapant les Gonzaga Bulldogs de Jalen Suggs en finale.

« Il était le meilleur joueur disponible et Davion venait juste de remporter un titre national dans un lineup à trois arrières. C’est l’un des meilleurs gagnants, compétiteurs, et l’un des joueurs les plus durs à jouer. Bien évidemment c’est un incroyable défenseur et en attaque, il peut shooter en catch & shoot, après un dribble, attaquer le panier, et créer pour les autres. »

– Monte McNair, quand il explique son choix de sélectionner Davion Mitchell, via NBC Sports Bay Area

Tout ça, ça explique pourquoi les Kings ont décidé de le choisir lui et personne d’autre avec leur pick numéro 9. Peu importe s’il ne fait qu’1m83 avec les sneakers, peu importe s’il a déjà 23 piges, Davion Mitchell is the answer, en tout cas aux yeux de Monte McNair. Et pour l’instant, on peut dire que le gamin répond plutôt bien aux attentes. Lors de la Summer League de Las Vegas, Davion a tout de suite montré ce qu’il pouvait apporter à sa nouvelle équipe et à quel point il pouvait faire des différences. Nommé Co-MVP de la compétition (avec Cameron Johnson des Nets) et présent dans le meilleur cinq de la Summer League, Mitchell a été impressionnant défensivement, reléguant sa production offensive pourtant intéressante (10,8 points, 5,8 passes, plus de 47% de réussite à 3-points) au second plan. Demandez donc à Payton Pritchard ce que ça fait d’être défendu par Davion, le joueur des Celtics galérant pas mal face aux Kings en finale de la Summer League. En aidant Sacramento à remporter la compétition estivale de Vegas, Mitchell a prouvé une nouvelle fois qu’il était un winner dans l’âme et qu’il pouvait directement impacter le succès d’un groupe. Et c’est exactement ce genre d’impact que Monte McNair espère voir dans l’équipe de Luke Walton au sein de la Grande Ligue.

Bien évidemment, des questionnements tactiques accompagnent aujourd’hui les Kings, en particulier sur les lignes arrières. Si les qualités de Davion Mitchell sont connues, si on sait pourquoi il est là et qu’il séduit beaucoup, il faudra surveiller la manière avec laquelle Walton utilisera tout ce beau monde, entre la star Fox, la pépite Haliburton, le sniper Hield ou encore Terence Davis. Combien de minutes aura Davion ? Quelles seront les combinaisons de Walton ? Est-ce qu’il faut s’attendre à voir beaucoup de lineups avec trois arrières ? Comme mentionné par Monte McNair plus haut, Davion vient d’une fac qui alignait trois guards dans son cinq, à savoir Mitchell, MaCio Teague et Jared Butler. Ce trio, composé des trois meilleurs marqueurs de l’équipe, représentait la base du succès de l’université de Baylor. Avec Fox, Haliburton, Mitchell et Hield, les Kings sont-ils capables de connaître un succès similaire jusqu’à retrouver les Playoffs, qui leur échappent depuis 2006 ?

« Je suis vraiment intéressé et excité à l’idée de jouer avec lui. Même si beaucoup de gens n’ont pas compris le pick, je vois un fit potentiel car c’est un autre joueur avec une mentalité défensive. Plus vous amenez de gars qui se concentrent sur les choses importantes, qui veulent gagner et qui sont talentueux, plus cela nous aide. »

– Tyrese Haliburton, via NBC Sports

« Le fit ne correspond pas », « il est trop petit pour avoir un vrai impact en NBA », « en plus il a déjà 23 ans ». Monte McNair a sans doute entendu tout ça, mais il croit en Davion Mitchell et ce dernier lui donne raison pour l’instant. Son impact défensif s’est largement fait ressentir à la Summer League, on a hâte de voir ce que l’ancien de Baylor va apporter face aux grands. 

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