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Hall of Fame 2021 : Chris Bosh, un passage sous les projecteurs qui n’est que justice, après tant d’années au service du collectif

Chris Bosh HOF

Por el Pueblo.

Source image : YouTube

Consécration ultime pour Chris Bosh, intronisé au Hall of Fame, qui reçoit ainsi le respect qu’il mérite tant. Bien qu’il ait commencé sa carrière à Toronto, Chris Bosh est principalement connu pour avoir été la troisième roue du carrosse royal de Miami. Cependant, le terme « troisième roue » se révèle être carrément faux tant l’impact du bonhomme aux côtés de Dwyane Wade et LeBron entre 2010 et 2014, fut cruellement sous-estimé par le grand public. On débriefe.

Chris Bosh et pièce majeure de l’ère Heatles dans la même phrase, pour certains, cela semble totalement illogique. On parle quand même d’une équipe qui comptait LeBron James et Dwyane Wade dans son effectif, mais relever un peu la tête de NBA2K ne fait jamais de mal à personne, histoire de comprendre le véritable impact d’un élément essentiel à la réussite des Floridiens. Lorsque le monstre à trois têtes s’est assemblé à l’été 2010, le King était double MVP en titre et Flash avait déjà enfilé une bague autour de ses doigts. Quant à Chris Bosh, le Dino n’était quant à lui « que » All-Star et galérait à atteindre les Playoffs avec Toronto. Mais Erik Spoelstra le dit lui-même, Chris Bosh One était bien plus important que n’importe quel autre joueur de l’effectif, le meurtrier de Varejao et l’ailier tout veineux inclus. En effet, un soir de novembre 2012, après une victoire face aux Suns, le coach du Big 3 à l’époque – et toujours en place à Miami aujourd’hui – s’est exprimé sur la place de Chris dans son système de jeu.

« C’est notre joueur le plus important. Il est régulier depuis deux ans et demi. Il rend les choses plus faciles et son impact sur le jeu est énorme. Ce n’est pas seulement son scoring, il nous apporte beaucoup en défense. » – Erik Spoelstra

L’une des forces principales du Heat à l’époque était en effet leur défense, clairement en avance par rapport au reste de la Ligue. À l’époque, Spo utilisait un système small-ball avec Boshasaurus en guise de pivot. Sa mobilité était alors capitale pour le succès du système défensif de l’équipe, notamment sur pick-and-roll. Malgré tout, cela signifiait aussi que Chris Prolls devait se farcir des adversaires bien plus lourds que ses propres 106 kilos, surtout dans la raquette. L’ancien Dino devait alors batailler sous les cercles pour gratter les rebonds tout en bombant le torse et en serrant le popotin en défense afin de stopper les gros au poste, une tâche ingrate mais ô combien nécessaire au succès collectif. Offensivement parlant, l’ancienne star de Toronto touchait beaucoup moins de ballons et a dû écarter son jeu pour faire de la place dans la peinture. On lui préférait LeBron et Wade, et c’est on ne peut plus logique. Le big man s’est alors mis à shooter davantage de mid-range et même quelques 3-points, abandonnant ses escapades intérieures. Un changement de style sur tous les plans donc, mais qu’il a accepté pour le bien de l’équipe.

« Il faut savoir ce que l’on est capable de sacrifier. Ma situation est différente aujourd’hui, on dessine rarement des systèmes pour moi, alors qu’avant (à Toronto, ndlr), ça m’arrivait 20 fois par match. Ce changement a été difficile à gérer mais j’ai accepté le challenge. J’essaie de m’élever au plus haut niveau quel que soit le travail demandé. » – Chris Bosh, pendant les Playoffs 2013

À part Manu Ginobili, on n’est pas franchement sûrs de pouvoir citer trois stars avec un tel sens du devoir et du sacrifice dans l’histoire de la Ligue. Le King of the Dragons (qu’est-ce que ça claque, comme surnom) a très rapidement su accepter son nouveau statut de troisième option offensive – et de bouc émissaire lorsque ça n’allait pas – histoire de maximiser le potentiel de l’équipe. L’ancien freshman de Georgia Tech savait également élever son niveau de jeu lorsque le Heat en avait besoin, notamment quand D-Wade était blessé (65 matchs ratés au total en 4 ans). Une adaptation constante et compliquée donc, durant ces quatre années, mais très attentif, le Spo avait pleinement conscience des sacrifices de Chris Bosh et de tarissait pas d’éloges à l’égard de son poulain. Très bien ça, pour le moral.

« Il a été assez mature pour accepter un rôle totalement différent et avec lequel il n’était pas à l’aise. On l’a mis dans des situations qui lui étaient inconnues jusque-là, mais il a accepté et s’est adapté, nous rendant alors plus polyvalents. [..] Il est prêt à tout pour gagner. C’est un luxe d’avoir une star avec cette mentalité. » – Erik Spoelstra

En changeant de franchise, Christopher Wesson Bosh a troqué le numéro 4 pour le numéro 1 mais a surtout sacrifié ses stats et son statut de superstar pour des bagues. Il a d’ailleurs sacrément bien fait, même si le 4e pick de la Draft 2003 est passé de 24 à 18 points de moyenne en quittant l’Ontario pour la Floride. Lors de la saison 2013-2014, la dernière du trio, le bonhomme de 2m10 était même descendu à 16,2 unités par match. Bref, comme Shane Battier l’a si bien dit, « son intelligence joue contre lui ». Malgré tout, les quatre Finales en autant de saisons pour le Big 3 avaient largement de quoi satisfaire Bosh (le joueur hein, pas le rappeur). En effet, avant d’arriver en Floride, le Dino dominait la saison régulière avec le maillot de Toronto – et des dreadlocks –  mais n’avait alors connu que deux séries de Playoffs perdues au premier tour, en sept saisons passées dans le Canada. Une situation qui exaspérait l’ancien franchise player des Raptors, désireux de victoires.

« J’ai déjà posé des grosses stats […] mais il ne se passait rien. Tout le monde dit que vous êtes l’un des meilleurs joueurs de la Ligue mais vous vous sentez vide car vous n’affrontez pas les meilleurs lors du meilleur moment de la saison (les Playoffs, ndlr). » – Chris Bosh

Finalement, quand on pense à Chris Bosh sous le maillot floridien, on visualise tout de suite son rebond et sa passe pour Ray Allen lors du Game 6 des Finales 2013 (déso les fans des Spurs). La séquence est certes historique, mais a seulement permis d’accrocher l’overtime. Et cette prolongation, c’est l’ancienne gloire de Toronto qui l’a gagné presque à elle seule. Le pivot fut le premier Floridien à scorer de la prolongation avec un énorme 2+1 qui enflamma totalement la salle du Heat. Dans sa moitié de terrain, il continue à diriger la défense de Miami et enchaîne les stops sur Kawhi, Tony Parker et même Tim Duncan. Le Chris termine sa masterclass défensive du soir en claquant un gros contre sur TP à 30 secondes du terme, mais surtout un BLOCK majuscule au buzzer sur la tête de Danny Green, afin d’empêcher une potentielle égalisation. Oui, les moments oubliés du natif de Dallas se comptent par dizaines. Personne ne parle par exemple de sa dizaine de points ultra-clutch au Game 7 des finales de Conf’ 2012 – alors qu’il sortait du banc ce soir là – ou de tous ses game winners et autres actions importantes en fin de match. Alors oui, les moments décisifs de Chris Bosh sont probablement moins nombreux que ceux de ses deux potes, mais ils étaient tout de même bien présents et essentiels au succès de l’équipe de Wade et LeBron. Sous-coté et oublié jusqu’au bout, on vous dit.

On se la remet, pour le plaisir

Peut-on affirmer avec quasi certitude que sans Chris Bosh, les Heatles n’auraient pas remporté « not one, not two, not three, not four… » mais bien zéro titre ? Champion olympique avec la Redeem Team 2008 – dont il était le meilleur rebondeur – double champion NBA, onze sélections au All-Star Game (5 à Toronto et 6 à Miami) avec en prime l’un des rebonds et l’un des contres les plus clutchs de l’histoire, le T-rex ne doit rien à personne.

Source texte : Bleacher Report

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