Sixers

Ben Simmons en pleine tempête : après ce qui vient de se passer, est-ce qu’on le reverra un jour sous le maillot des Sixers ?

Pas sûr qu’il puisse remettre les pieds à Philly…

Source image : NBA League Pass

L’été sera long pour les Sixers, et particulièrement pour Ben Simmons. Au cœur des critiques aujourd’hui après sa série claquée face à Atlanta, l’Australien n’est clairement plus en odeur de sainteté à Philadelphie et on se demande sérieusement s’il portera encore le maillot de Philly l’année prochaine.

« Je pense que le tournant du match, c’est quand on avait un shoot ouvert mais qu’on est repartis avec seulement un lancer et derrière ils ont scoré. » Joel Embiid n’a même pas essayé de faire semblant. En conférence de presse d’après-match dimanche, le pivot star des Sixers n’a pas hésité à pointer du doigt l’action WTF de Ben Simmons, et donc Ben Simmons lui-même, pour expliquer le scénario de la défaite de Philadelphie lors du Game 7. Quant au coach Doc Rivers, il a indirectement exprimé ses doutes concernant la capacité de Simmons à être le meneur de jeu d’une équipe voulant jouer le titre. « Je ne peux pas répondre à cette question aujourd’hui. Je n’ai pas la réponse. » Des doutes qui existent depuis un certain temps à Philly mais voir Doc prendre cette position alors qu’il était l’avocat numéro un de Ben depuis son arrivée chez les Sixers l’an passé montre à quel point la place de Simmons vient de se fragiliser au sein de la franchise de Philadelphie. Ces dernières années, on s’était habitués aux rumeurs dans ce coin-là des States. Ben Simmons et Joel Embiid peuvent-ils gagner ensemble ? Sont-ils vraiment compatibles avec leur style de jeu respectif ? Ne faut-il pas briser ce duo pour obtenir un collectif plus équilibré ? Des rumeurs, voire même des tensions, mais le tandem qui symbolise le Process a continué à évoluer ensemble, résistant même au dossier James Harden en janvier dernier. Sauf qu’aujourd’hui, 21 juin 2021, on a comme l’impression que quelque chose vient de se briser. Cette défaite contre les Hawks 4-3 en demi-finale de Conférence Est après avoir terminé premier en saison régulière, elle risque de laisser des traces, beaucoup de traces chez les Sixers.

Après une nouvelle élimination prématurée en Playoffs, l’heure est peut-être venue de se séparer de Ben Simmons. Problème, niveau timing, c’est loin d’être idéal pour le boss des Sixers Daryl Morey. Vu la série pourrie que Bennie vient de nous sortir contre les Hawks (9,9 points de moyenne sur la série, 32,7% aux… lancers-francs), sa cote est logiquement en train de dégringoler. On connaissait tous les limites offensives du bonhomme, que ce soit son absence de shoot, son manque d’agressivité, et comment tout ça pouvait impacter négativement l’attaque de son équipe, notamment dans le money time. Là en Playoffs, tout a été démultiplié devant les yeux de l’ensemble des dirigeants de la Grande Ligue. Autant dire que les cartes ont été rebattues mais en défaveur de Philly. Traduction, en janvier, Ben Simmons pouvait être considéré comme la pièce centrale d’un transfert permettant de récupérer potentiellement un joueur du calibre de James Harden. Cet été ? Daryl Morey devra clairement revoir ses prétentions à la baisse s’il souhaite transférer Simmons, qui on le rappelle est dans la première année d’un contrat de cinq ans pour 177 millions de dollars. Alors on ne dit pas que Ben possède aujourd’hui la valeur d’un role player, car il ne faut pas oublier qu’on parle d’un des meilleurs défenseurs de la NBA, qu’il va avoir seulement 25 piges le mois prochain, et qu’il possède un mix qualités athlétiques – playmaking qui a tendance à rappeler LeBron James. Donc clairement, il y aura des candidats pour récupérer Ben Simmons si ce dernier arrive sur le marché, c’est juste que la potentielle contrepartie sera plus faible qu’il y a à peine quelques mois.

Pour les autres franchises de la NBA, cela peut ainsi représenter une belle opportunité à saisir cet été. Mais concrètement, que peuvent récupérer les Sixers en échange de Ben Simmons pour se rapprocher du titre NBA ? Car même si sa valeur vient de chuter brutalement, il ne faudra pas non plus faire n’importe quoi juste pour envoyer Simmons ailleurs et croiser les doigts pour que le collectif marche mieux avec un joueur d’un profil différent à sa place. Zach Lowe d’ESPN s’est amusé à balancer quelques fake trades sur son podcast il y a quelques jours avec Spike Eskin, grand spécialiste des Sixers. On l’annonce tout de suite, ce ne sont pas des rumeurs fondées, juste des possibilités. Parmi elles, l’idée d’un transfert Ben Simmons – C.J. McCollum. C.J. pourrait apporter du shot-making à l’arrière en échange de la présence défensive très imposante de Simmons. En soi, cela a du sens vu les besoins offensifs de Philly mais aussi ceux de Portland, plus que jamais en mode portes ouvertes cette saison. Mais est-ce que les Sixers seraient-ils vraiment mieux armés pour prendre le contrôle de la Conférence Est avec McCollum au lieu de Simmons ? Pas sûr. Parmi les autres noms balancés par Zach Lowe, du Gordon Hayward, du Malcolm Brogdon voire du Zach LaVine, même si ce dernier semble désormais dans la classe au-dessus. Allez, on vous laisse vous amuser avec la trade machine d’ESPN mais attendez-vous à voir un grand nombre de rumeurs dans les semaines à venir concernant le dossier Ben Simmons.

Daryl Morey va-t-il briser le duo Joel Embiid – Ben Simmons cet été ? Va-t-il attendre un peu pour que la cote de Ben puisse remonter ? Va-t-il continuer à croire en ce projet ? Beaucoup de questions qui n’ont évidemment pas encore de réponses mais aujourd’hui, l’avenir de Simmons à Philadelphie est plus flou que jamais. 

6 Commentaires

6 Comments

  1. Vlad_0

    21 juin 2021 à 12 h 43 min at 12 h 43 min

    Ca serait peut-être le coup idéal à tenter pour les Wolves: ils ont des gâchettes de loin, mais sont vraiment mous en défense. Amener Simmons contre un D-Lo semble censé. Les Wolves auraient de quoi faire pour aller en PO avec l’éclosion d’Edwards et un playmaker/défenseur.

  2. Dr J

    21 juin 2021 à 15 h 11 min at 15 h 11 min

    Avant que la saison démarre, et même si je n’apprécie pas Simmons au fond, un trade articulé autour de McCollum-Simmons était un rêve dont je n’osais parler, comme une partie non négligeable de la fanbase des Blazers. Après la série loupée de CJ contre les Nuggets, ça semblait s’éloigner encore plus. Et finalement, au fur et à mesure que 76ers-Hawks avançait, on voyait la cote de Simmons dégringoler, à tel point qu' »on » se demande maintenant qui serait le gagnant de ce trade.

    Mettez lui un tacticien qui sait maximiser ses forces et limiter l’impact de ses faiblesses (= pas Doc Rivers). Mettez lui un leader qui va le booster plutôt que de lui cracher à la gueule (= pas Embiid), et reparlons-en dans 1 an.

    Le fit de McCollum aux 76ers serait également très bon, en tant que premier ball handler. Sans Lillard à côté, c’est un 25-7 facile. D’ailleurs, sur les 13 matchs loupés de Dame les 3 dernières années, CJ tourne en 29,8 – 5,4 – 7,6.

    • Paquitozzz

      21 juin 2021 à 15 h 54 min at 15 h 54 min

      Embiid ne lui crache pas dessus, certes il tient des propos qu’il ne doit pas tenir pour un leader envers un coéquipier, mais la frustration de joel est compréhensible. Donc je pense qu’il lui faut un leader, mais joel embiid remplit bien son role. (Ils finissent premier de la conférence quand meme)

    • ropib

      21 juin 2021 à 18 h 12 min at 18 h 12 min

      Si Embiid n’est pas un bon leader avec ce qu’il dit sur Simmons, j’imagine que Michael Jordan est le pire leader de l’histoire de la ligue… (d’ailleurs je pense que le leadership de Jordan est bien plus discutable que d’autres top-joueurs pourtant plus critiqués sur cette dimension).
      Je ne sais pas pourquoi un bon leader ne pourrait pas dire ce qu’a dit Embiid, ça me semble relativement équilibré. Ce que dit Doc Rivers est pour moi beaucoup plus problématique parce qu’il acte un désamour et laisse la porte ouverte à un divorce ; Embiid inclue Simmons dans le collectif tout en ne cachant pas la responsabilité individuelle. Si derrière Embiid est un gros naze, ok, mais derrière cette déclaration il peut absolument tenir Simmons responsable tout en le soutenant.

      McCollum contre Simmons, pourquoi pas, mais il faut surtout un meneur si Simmons part, et c’est pas sur Maxey qu’il va falloir compter, désolé. Je pense que Brogdon ce serait bien.
      Il y a de grosses réflexions à avoir. Personnellement je pense que le story-telling est plus important pour une franchise qu’une recherche de résultat sacrifiant tout sur son passage. Ce qui s’est passé l’année dernière aux Lakers par exemple, sert l’héritage de Lebron, mais vide les Lakers de toute substance. Cette année aurait pu être une catastrophe pour les Nets, même en gagnant tout… au contraire ils ont posé les bases d’une belle histoire. Ça veut dire qu’il faut faire très attention (le trade de Mikal Bridges n’est pas exemple pas une erreur uniquement en terme de basket, c’est une erreur d’exploitation d’un capital, ça me semble relativement grave). Simmons, même si ce n’est pas Embiid, représente quelque chose, mais réussir à exploiter son potentiel passe en effet par une réflexion sur le jeu, là où des joueurs plus classiques permettent de faire le jo « as usual ». Qu’aurait fait Doc Rivers aux Warriors par exemple ? on peut se douter qu’il n’aurait pas révolutionné la ligue et qu’il aurait préféré construire une équipe autrement que sur du tir et du mouvement. -> ok pour remettre en cause Rivers, pour convenir que ce n’est pas le top coach qui peut trouver le catalyseur du Process… mais y en a combien des coachs aujourd’hui qui 1) en seraient capables 2) réussiraient ? Je pense que Rivers a reposé de bonnes bases à l’équipe cette saison, par contre il ne fera pas mieux, et je n’aime pas du tout son attitude de loser à la fin de cette campagne. Il devrait être en colère, oui, mais contre l’exécution du jeu de son équipe, éventuellement contre des erreurs individuelles, mais pas envers ce que sont les joueurs.

  3. Dr J

    22 juin 2021 à 0 h 12 min at 0 h 12 min

    Je n’ai rien sur le fait qu’il le pense, ou même qu’il lui dise, ou même qu’il le dise face à tout le roster dans les vestiaires. Mais le faire comme ça, tête baissée en conf de presse, c’est symptomatique d’un mauvais leadership. Une différence principale et essentielle entre le leadership d’Embiid et de MJ, c’est que j’ai quand même l’impression que MJ « took it personal » quand il perdait. Il cherchait à revenir plus fort et à gagner à lui seul plutôt que de dire « moi je n’ai rien à me reprocher, c’est la faute de Scottie ». Evidemment je caricature hein, prenez le pas au pied de la lettre.

    Ce genre de déclarations, ça ne peut que tirer Simmons, et le groupe, vers le bas. Et tirer le groupe vers le bas, ben c’est la définition d’un mauvais leadership.

    Et je suis d’accord, je trouve la réaction de Rivers encore pire, mais ça ne doit pas occulter totalement la mauvaise intervention de Joel. D’ailleurs, je rejoins le commentaire sur l’exploitation de Simmons. Je veux bien croire que Brett Brown ou Doc Rivers soient à des années lumières de ce que je peux penser en termes de coaching, mais je ne comprends pas que Simmons n’ait toujours pas été exploité à l’intérieur. Ceci dit, il serait un meilleur fit auprès d’un pivot qui space. Embiid peut le faire bien sûr, mais c’est du gâchis. Ou alors, il faut que Ben joue pivot… Et dans ce cas trouver un partenaire d’échange. J’aime le story telling, mais ça ne doit pas empêcher la franchise d’avancer si jamais le front office pense que le groupe a atteint son max et que ce n’est pas suffisant.

    Je pense vraiment que McCollum peut être un bon meneur, surtout aux 76ers. C’est sûr qu’il faut pas lui mettre Seth avec lui mais comme je l’ai dit, sur le petit échantillon de matchs sans Lillard, il a montré qu’il devrait être capable de mener une attaque. Il faudra juste Thybulle pour le cacher en défense.

  4. Dam Dou

    22 juin 2021 à 16 h 57 min at 16 h 57 min

    Désolé mais si on doit en juger par les sept matchs et non seulement le match 7, le principal fauteur sur la série, c’est bien Doc Rivers lui-même. Sérieusement les choix tactiques qu’il a fait au match 4 et – surtout – au match 5 sont impardonnables alors que les Sixers menaient largement au score.
    Y’a qu’à voir la chappe de plomb qui s’est envolée chez les Clippers depuis son départ…

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