Jazz

La saison de rêve du Jazz se termine par un cauchemar : énorme craquage en deuxième mi-temps, et une défaite qui risque de laisser des traces

Terrible.

Source image : NBA League Pass

Pendant une mi-temps, le Jazz a fait honneur à son statut de meilleure équipe de saison régulière et un Game 7 face aux Clippers se profilait à l’horizon. Et puis tout s’est écroulé. Pourtant en tête de 25 points au début du troisième quart-temps, Utah a choke dans les grandes largeurs et se retrouve désormais en vacances. Mais que s’est-il passé ?!?!

Les 24 premières minutes de ce Game 6 face aux Clippers pouvaient difficilement mieux se dérouler pour le Jazz. Dos au mur car mené 3-2 dans la série, les Mormons ont déroulé leur basket. 12/19 du parking en première mi-temps, un Donovan Mitchell en feu pour démarrer la rencontre, un Jordan Clarkson qui prend parfaitement le relais dans le deuxième quart en faisant la totale aux Angelinos, tout ça avec une base défensive bien en place et un Mike Conley de retour de blessure. Une première mi-temps qui a rappelé à tout le monde pourquoi le Jazz a terminé avec le meilleur bilan de toute la saison régulière. Et à 75-50 pour les hommes de Quin Snyder au début du troisième quart, on ne pouvait pas imaginer un autre scénario que celui d’un Game 7 à Utah dimanche, dans une Vivint Smart Home Arena bouillante. Mais il n’y aura pas de  Game 7 dimanche. Non, pas après l’énorme craquage du Jazz au retour des vestiaires, pas après l’énorme performance de Terance Mann contre une formation d’Utah soudainement dépassée par les événements. En deuxième mi-temps, la meilleure équipe de la régulière a encaissé un terrible 81-47, perdant ainsi pour la quatrième fois consécutive dans cette série et la deuxième fois sans la présence de Kawhi Leonard en face. Après la blessure de la superstar des Clippers, on pensait qu’Utah allait faire le boulot en patron, c’est tout l’inverse qui s’est passé. La saison de rêve du Jazz s’est brutalement terminée par un horrible cauchemar.

On ne sait pas vraiment par où commencer. Alors commençons par le début. Ce qui a enclenché la chute des Mormons dès les premières minutes du troisième quart, c’est cet enchaînement bien crade de turnovers qui a redonné vie aux Clippers, bien heureux d’obtenir des points faciles en transition. Plutôt propre et très adroit en attaque en première mi-temps, le Jazz a commencé à chier dans la colle. Mike Conley, de retour de blessure après cinq matchs d’absence, a particulièrement souffert (6 pertes de balle, 1/8 au tir, 1/6 de loin), et même si le Jazz a réussi dans un premier temps à repousser les assauts adverses grâce à son adresse extérieure, ça n’a pas duré. La belle machine collective s’est enrayée pendant que celle des Clippers s’est enflammée. Jordan Clarkson – en mode… Jordan avant la pause – a disparu en seconde, l’adresse a commencé à fuir les hommes de Quin Snyder, les possessions offensives ont baissé en qualité, et le courage d’un Donovan Mitchell diminué par son bobo à la cheville n’a pas suffi pour survivre face à la furia californienne. Mais au final, la vraie story de ce match, c’était l’incapacité du Jazz à résister au small ball lineup des Clippers, qui a complètement fait exploser la défense d’Utah. Avant le début de la série, on soulignait cet aspect tactique comme l’une des clés de cette confrontation. On avait hâte de voir la défense du Jazz – construite sur la capacité de Rudy Gobert à protéger la raquette – face au petit cinq des Clippers composé de Nicolas Batum, Reggie Jackson, Marcus Morris, Paul George et Kawhi Leonard / Terance Mann. Dans la deuxième mi-temps de ce Game 6, les deux coachs sont restés fidèles à leur style de jeu, et les Mormons l’ont payé très très cher.

D’après les chiffres de StatMuse, les Clippers ont planté 13 tirs à 3-points dans le corner sur ce match. 13, en 22 tentatives ! Et si l’on en croit The Salt Lake City Tribune, les Californiens ont également tenté 27 tirs près du cercle. Ces chiffres illustrent les deux éléments qui ont tué la défense du Jazz en deuxième mi-temps : le premier, c’était cette incapacité à rester devant son gars pour limiter les pénétrations. Avec un Mike Conley pas au top physiquement, un Donovan Mitchell touché à la cheville, un Jordan Clarkson qui ne sait pas défendre et un Royce O’Neale qu’on a connu plus solide en défense, les Reggie Jackson, Paul George et Cie ont pénétré dans la raquette comme dans du beurre. Et devant une telle situation, Rudy Gobert était perdu. Alors que son instinct lui disait de protéger la raquette comme le Défenseur de l’Année qui l’est, les Clippers ont simplement ressorti la balle pour enchaîner les shoots ouverts et les ficelles. Time and time again. Terance Mann, « défendu » par Gobert dans le small lineup des Clippers, a joué le match de sa vie avec 39 pions au total à 7/10 de loin. Rudy, touché à la hanche en début de match après une chute bien vilaine, a vécu un véritable calvaire, lui qui a terminé avec un +/- de -24 sur la rencontre, ainsi que zéro contre pour la deuxième fois consécutive dans cette série, le tout en 42 minutes. Clairement, cette deuxième mi-temps va apporter de l’eau au moulin à ceux qui estiment que l’impact défensif de Rudy Gobert peut être considérablement réduit selon les lineups utilisés. En début de série, on avait vu Rudy se débrouiller plutôt bien face au petit cinq de Los Angeles, malheureusement cette nuit c’était un cauchemar pour lui et l’ensemble de la défense du Jazz. Résultat, les Mormons sont désormais en vacances.

« J’ai essayé de faire ce que je suis supposé faire. Quand quelqu’un est battu dans le périmètre, je dois le soutenir. […] Mais parfois, le spacing ne le permet pas. Je dois prendre une décision, soit rester sur mon gars et accorder un lay-up, ou aider au risque d’accorder un potentiel 3-points. On a décidé de laisser des 3-points à Mann, Beverley et ces gars, à la place des lay-ups. Et on l’a payé, il faut leur donner du crédit. »

– Rudy Gobert en conférence de presse d’après-match

La fin est terrible pour la bande à Rudy Gobert. On sentait que cette année pouvait être la bonne pour le Jazz de Quin Snyder, auteur d’une saison régulière magnifique et sans doute jamais aussi complet. Sauf que pour la cinquième année consécutive, Utah ne verra pas la couleur des Finales de Conférence. Clairement, cette défaite pourrait laisser des traces. 

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