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Mike Conley versus Ja Morant : un duel de générations avec quelque chose de Tennessee

Qui de l’ancien ou du jeunot aura le dernier mot ?

Source image : NBA League Pass

Meneur des Grizzlies pendant plus d’une décennie et pilier de Memphis pendant les années Grit & Grind, Mike Conley a laissé de grands souvenirs dans le Tennessee. Des souvenirs qui remontent aujourd’hui à la surface avec cette série opposant l’ancienne équipe de Mike et le Jazz, où il évolue depuis son transfert à l’été 2019. Une belle histoire, pimentée par la présence de la pépite Ja Morant, successeur de Conley et visage des Grizzlies nouvelle génération.

Il y a exactement dix ans, le meneur Mike Conley vivait ses tout premiers Playoffs après avoir aidé les Grizzlies à terminer au huitième spot de la Conférence Ouest, et ce pour la première fois depuis 2006. En face ? Une superbe machine collective nommée Spurs, meilleure équipe du Wild Wild West en saison régulière. Tiens, ça ne vous rappelle personne ça ? Nous sommes le 31 mai 2021 et Ja Morant marche aujourd’hui dans les traces de l’ancien point guard de Memphis. Désormais, c’est lui qui veut réussir l’exploit de sortir le leader pour sa première campagne de postseason, comme Mike a pu le faire avec ses copains Zach Randolph, Marc Gasol et Tony Allen en 2011. On s’en rappelle encore, les Grizzlies avaient profité de la blessure de Manu Ginobili pour dégager San Antonio 4-2, et cela avait officiellement marqué le début de l’ère Grit & Grind, marquée par sept qualifications en Playoffs consécutives et une finale de Conférence Ouest en 2013. Les Oursons version 2021 peuvent-ils écrire leur propre histoire et devenir la sixième équipe de l’histoire à remporter un match-up 1 vs. 8 au premier tour ? L’avenir répondra à cette question mais la connexion Mike Conley – Ja Morant est difficile à ignorer. Le premier a été transféré en juillet 2019 à Utah, un transfert qui a définitivement fermé le chapitre Grit & Grind après l’échange de Marc Gasol à Toronto quelques mois plus tôt. Le second a débarqué dans la ville d’Elvis le même été à travers le deuxième choix de la Draft. Difficile de faire plus rapide comme transition. Et si le style de jeu du dynamiteur Ja Morant n’est pas vraiment dans la continuité du très posé Mike Conley, l’étiquette de successeur a très vite été collée sur le front du Rookie de l’Année 2020.

« C’est incroyable de jouer contre un gars comme Ja. Voir un gars aussi talentueux, une jeune superstar dans cette ligue, porter le maillot que je portais. Voir les encouragements du public à son égard, que j’avais l’habitude d’entendre. C’est surréaliste. La boucle est bouclée. Je ne pensais jamais que ça allait se passer comme ça. »

– Mike Conley, via ESPN

Les fans de Grizzlies n’oublieront jamais Mike Conley. Lors de son premier match à Memphis sous le maillot du Jazz, en novembre 2019, l’hommage fut grandiose à tel point que les larmes ont coulé sur les joues de Mike. Mais comme un symbole, ce soir-là, Ja Morant a volé la vedette à l’ancien : 25 points avec le panier décisif en fin de match et la victoire au bout, en voilà un sacré statement. « Je suis là maintenant, on peut passer à autre chose. » Ja aimerait évidemment un scénario similaire dans ce premier tour de Playoffs et il fait tout ce qu’il peut pour porter ses Grizzlies vers l’exploit. Très solide dans la victoire du Game 1, monumental dans la défaite du Game 2, et encore auteur de 25 points dans le Game 3 à la maison, Morant n’est clairement pas effrayé par l’événement. Et les hommes de Taylor Jenkins non plus, eux qui n’hésitent pas à regarder le Jazz droit dans les yeux ou… à donner des coups de tête discrétos à Mike Conley (coucou Dillon Brooks). Quelque part, ces Grizzlies-là ont du Grit & Grind en eux. On ne les attendait pas à ce niveau si vite et ils ont les crocs. Mais dans le même temps, Conley est là aussi pour les faire redescendre sur terre quand ils se sentent un peu trop chauds. Les stats de Mike sur cette série contre son ancienne franchise ? 23 points, 5,3 rebonds et 11,3 passes de moyenne, avec notamment un gros 50% du parking. Il a clairement step-up dans le Game 2 pour aider Utah à égaliser dans la série, avant d’ajouter 27 points dans la troisième manche samedi tout en faisant sa part du boulot pour ralentir Morant. Et aujourd’hui, c’est le Jazz qui a la main avant le Game 4 de ce soir.

« Mike a toujours de l’amour envers Memphis. Mais il adore aussi jouer contre les Grizzlies. Et c’est impressionnant car c’est facile d’être distrait. […] Dans son duel avec Ja Morant, vous avez l’ancien et vous avez le petit jeune. C’est une belle histoire. Mais pour lui, c’est de la compétition. Il fait son truc des deux côtés du terrain. Ces deux-là sont prêts à relever le défi. C’est pour cela que j’adore Mike. »

– Donovan Mitchell, coéquipier de Mike Conley

Du respect, mais surtout de la compétition. En galère lors de sa première saison chez les Mormons, Mike Conley joue peut-être son meilleur basket depuis son arrivée à Salt Lake City. À 33 balais, il est devenu All-Star pour la première fois de sa carrière en 2021, et aujourd’hui il évolue clairement comme un All-Star. On peut dire sans trembler que Ja Morant rentrera beaucoup plus rapidement que Mike dans la catégorie des étoiles de la NBA mais ce qu’il veut avant tout, c’est marquer les esprits en envoyant le Jazz de Conley en vacances. Mission compliquée, surtout si l’ancien continue ses perfs de daron aux côtés d’un Donovan Mitchell qui monte en puissance. Mais pas impossible pour autant quand on connaît la folie, l’insouciance et la confiance qui accompagnent Morant, capable de sortir un dunk à 360° en plein match de Playoffs alors que son équipe est menée de dix points. Le Game 4 de la série, prévu la nuit prochaine dans l’ambiance bien chaude du FedExForum, est un must-win pour Ja et ses copains, et l’occasion pour la bande à Conley de confirmer la supériorité collective démontrée lors des deux dernières sorties. Voilà qui risque de provoquer quelques étincelles supplémentaires.

Mike Conley d’un côté, Ja Morant de l’autre, et un affrontement qui a sa place parmi les belles histoires des Playoffs. Rien à dire, parfois, l’univers NBA fait quand même bien les choses. Reste à voir qui du jeunot ou de l’ancien repartira avec le dernier mot. 

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