One-on-One

Kevin Love s’ouvre à nouveau sur la dépression et offre un message d’espoir : regardez autour de vous, « vous n’êtes pas seuls »

Kevin Love

Must-read du jour, surtout dans une année 2020 aussi sombre.

Source image : YouTube/NBA

Avec cette fin de saison dans l’univers isolé de Disney World, le sujet de la santé mentale des joueurs et de l’ensemble des acteurs NBA a fait son apparition sur le devant de la scène, avec notamment les déclarations de Jaylen Brown et Paul George. Des déclarations qui s’ajoutent à d’autres témoignages réalisés par le passé, notamment ceux de DeMar DeRozan et Kevin Love il y a quelques années. Ce dernier, victime d’une attaque de panique en plein match en novembre 2017, s’est exprimé à plusieurs reprises sur ses démons intérieurs, et son dernier article sur The Players’ Tribune est particulièrement poignant.

Nous sommes en mars 2018. Quelques mois après son attaque de panique lors d’une rencontre entre les Cavaliers et les Hawks, Kevin Love publie sur The Players’ Tribune un témoignage marquant sur ses problèmes de santé mentale, pour se libérer mais aussi pour aider les personnes qui souffrent comme lui d’anxiété voire même de dépression, et ainsi briser ce tabou qui a tendance à entourer les soucis psychologiques. Après DeMar DeRozan, qui avait lâché un tweet sur son état dépressif quelques jours auparavant, Love est ainsi devenu une autre grande figure concernant la mise en lumière des difficultés intérieures que peuvent rencontrer les joueurs NBA, parfois perçus d’une manière extrême, super-héros pour certains, punchlines pour d’autres. Aujourd’hui, en septembre 2020, le contexte très spécial dans lequel nous vivons peut provoquer ou aggraver ces troubles mentaux. L’année est difficile, la pandémie du COVID-19 a retourné la planète en bouleversant de très nombreuses vies, et on ne parle même pas des autres événements qui ont également marqué ces derniers mois. C’est notamment à cause de ce contexte compliqué que Kevin Love a voulu s’exprimer une nouvelle fois à travers un long papier sur la même plateforme qu’en 2018, The Players’ Tribune.

« Combattre la dépression, l’anxiété, ou n’importe quel trouble mental, c’est juste incroyablement fatiguant.

J’ai beaucoup pensé à ça dernièrement, vu les millions de personnes qui ont perdu leur job, des proches, ou qui doivent faire face à un nombre sans précédent d’angoisses qui accompagnent le fait d’être un humain en 2020. Je connais tellement de gens qui souffrent. Je ne suis pas différent. Je suis toujours en train de traverser cela. Même après tout le travail que j’ai fait sur moi depuis deux ans et demi, certains jours sont juste terribles.

Disons-le franchement. Certains jours, c’est vraiment la merde, n’est-ce pas ? »

Des jours difficiles, Kevin Love en connaît toujours. Et il n’hésite pas à se montrer vulnérable, encore une fois, comme pour montrer au lecteur – qui traverse peut-être une période difficile – qu’il n’est pas tout seul. Cette volonté de partager, et d’aider les gens à s’identifier à son cas personnel, c’est l’un des grands aspects du message porté par l’intérieur des Cavs. Kevin met notamment en avant la tendance qu’il avait à lier son estime de soi à ses performances sur les parquets.

« Chaque personne qui connaît des problèmes de santé mentale a sa propre histoire, mais pour moi (et je pense que c’est vrai pour beaucoup de personnes), mon identité tout entière était liée à une seule chose et d’une manière vraiment malsaine. Bien avant d’être en NBA ou même à l’université, mon estime personnelle dépendait de mes performances. J’étais ce que je faisais, et je pense que beaucoup de personnes comprennent cela, peu importe la profession, cuistot, avocat, infirmier. Pour moi c’était le basket.

Quand je n’étais pas au niveau, j’avais l’impression de ne pas réussir en tant que personne. »

L’attaque de panique subie fin 2017 a été un moment effrayant pour Kevin Love, mais a aussi généré une prise de conscience chez ce dernier. Car c’est à partir de ce moment-là qu’il a commencé un gros travail sur lui-même. Sauf que pendant des années, il souffrait en silence. L’un des pires moments de sa vie, c’était cette saison 2012-13, tronquée par les blessures. Malgré un statut de double All-Star, de joueur calibre All-NBA et une médaille d’or olympique autour du cou, Love était sur le point de sombrer.

« Cinq années avant mon attaque de panique, j’étais probablement dans la période la plus sombre de toute ma vie. J’ai joué seulement 18 matchs avec les Timberwolves cette saison-là, je me suis cassé deux fois la main, et c’est à ce moment-là que toute cette façade, ou ce personnage que j’avais construit, a commencé à s’écrouler. Mon identité était partie, mon exutoire émotionnel aussi. Il ne restait que moi et mon esprit. Je vivais seul à l’époque, et j’avais tellement d’anxiété sociale que je ne quittais même pas mon appartement. […] J’avais l’impression d’être sur une île déserte, tout seul, et il était toujours minuit.

Sombre. Sombre et seul avec mes pensées. Chaque. Jour. »

Solitude, perte d’identité, anxiété, dépression. Kevin Love a traversé des moments très très difficiles. Tellement difficiles que des pensées suicidaires lui ont visiblement traversé l’esprit. Comme un certain Ben Gordon, l’ancien joueur des Bulls qui était à deux doigts de commettre l’irréparable, le joueur de Cleveland avait perdu espoir. Et dans ces cas-là, le soutien des proches peut faire toute la différence.

« Au bout d’un moment, le futur n’a plus aucune signification. Et quand vous perdez espoir, vous ne pensez plus qu’à une seule chose, ‘Comment est-ce que je peux faire disparaître cette douleur ?’

Je ne pense pas avoir besoin de rajouter quelque chose.

Sans certains de mes amis les plus proches, je ne sais pas si je serais encore là aujourd’hui pour raconter mon histoire. […] C’est peut-être très difficile à entendre pour les gens qui me connaissent, mais j’ai besoin d’exprimer cela pour les personnes qui traversent une situation similaire actuellement.

Quand j’étais assis dans cette sombre pièce, je ne pouvais pas imaginer un meilleur avenir. Et s’il y a quelqu’un qui lit ça – même si c’est juste une personne – qui se retrouve dans cette même pièce sombre, avec ces mêmes pensées…

Tout ce que je peux dire, c’est :

Parlez à quelqu’un. »

Demander du soutien, se confier, prendre soin de soi, voici le message que veut faire passer Kevin Love à tous ceux qui galèrent aujourd’hui. Ce n’est pas être faible, c’est être courageux. Comme l’indique l’intérieur des Cavs, ce n’est ni la gloire, ni l’argent, ni les accomplissements qui l’ont aidé à aller de l’avant. « L’un des meilleurs jours de ma vie, c’est quand j’ai commencé à parler de mes problèmes avec un psy, j’ai pu être moi-même à 100%, j’étais complètement dans le moment présent. » Des mots forts de la part de K-Love.

Témoignage poignant signé Kevin Love, et gros message d’espoir pour tous ceux qui traversent des moments difficiles actuellement. La route vers la lumière n’est pas facile, il y a toujours des hauts et des bas, mais des jours meilleurs sont à venir. 

Source texte : The Players’ Tribune

1 Comment

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  1. Aliga

    20 septembre 2020 à 22 h 00 min at 22 h 00 min

    Je tiens à ajouter que, si vous avez le besoin de parler à quelqu’un, que les choses s’assombrissent ou demeurent sombres, vous pouvez rapidement vous faire aider.
    2 pistes gratuites s’ouvrent notamment à vous:
    Les numéros téléphoniques d’aide sont globalement listés sur la page suivante
    https://www.doctissimo.fr/html/dossiers/depression/niv2/depression-contacts-liens.htm

    Par ailleurs, quelque chose qui n’est pas encore assez connu est les CPM, aussi appelés Centres Médico-Psychologiques.
    Ces lieux peuvent vous permettre gratuitement et dans l’anonymat d’être suivi, par des psychologues, psychiatres ou toute personne qui sera la plus compétente pour vous aider.

    Bref, il y a des possibilités de communiquer qui vont pouvoir vous aider à aller mieux. Si vous en avez besoin, on compte sur vous 😉

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